‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 16 sur 208 · IV · texte numérisé non relu

IV

Pour diminuer les chances de pertes et d'erreur; on proposait de supprimer les mouvements de fondf en assignant sur les receveurs les plus voisins le payements afférents ài chaque province (N. 242 T. 244). Le clergé soutenait encore le système d( affectations spéciales, qui créaient, h vrai dire, ai tant de budgets que de natures de dépenses. Ainsi donnait les produits du sel à la maison du roi (C. 226 la taille et le taillon à la gendarmerie (C. 227), l décimes du clergé aux rentes de l'hôtel de vil (G. 223), réservant pour les guerres extraordinair l'appel aux États Généraux immédiatement conv qués (G. 227 bis).

Le tiers n'insista pas vivement aux États de 15; en faveur de la centralisation financière : comme clergé, il admettait volontiers la création de fon spéciaux administrés en dehors du budget génén Son opinion au sujet des octrois de ville en est i exemple frappant : il demande qu'ils soient admin très par les habitants, en dehors des officiers royai (T. 250, 251, 252). Les dépenses des ponts et chau sées donnent lieu à la même remarque : le tiers vo lait que les deniers fussent appliqués aux travai sous la surveillance directe des juges ordinair (T. 259).

Quant aux pensions, qui constituaient le plus grai abus de cette époque, la noblesse et le tiers s'ente daient pour en réclamer la suppression sans aucui restriction *.

Le clergé, qui avait un si grand intérêt, ainsi qi

peut avec bonne renommée dignement exercer sa charge, amasser beaucoup de bien tout ensemble... Il est impossib qu'un office enrichisse et honore les hommes tout d'un coup. Bernard, harangue de clôture. Recueil de pièces^ 222, 223. 1. N. 243, 246, 247. T. 245 à 248.

nous l'avons vu, à rétablir Tordre dans les finances, demandait instamment qu'un projet de compte comprenant les recettes (G. 224) et les dépenses fût dressé annuellement (G. 225). De son côté , le troisième ordre voulait que les états des comptables fussent jugés par la chambre des comptes dans les six mois qui suivaient la clôture de l'exercice (T. 249).

Après la réduction des tailles, le projet le plus cher aux députés était sans contredit la création d'une chambre de justice destinée à rechercher et ài punir toutes les malversations. Sédentaire suivant les uns (T. 237), ambulatoire suivant les autres (N. 230), elle devait réunir les pouvoirs les plus étendus : examen des comptes, enquête sur la gestion des receveurs, restitution des deniers détournés *, suppression des offices inutiles (N. 236), elle aurait pu prendre tour à tour toutes ces mesures. Les rentes de l'hôtel de ville qui s'étaient accrues immensément devaient être soumises à une exacte revision par cette grande commission financière (G. 232; N. 248). Nous avons vu quelle devait être sa composition, comment elle fut modifiée, avant même d'être instituée ; mais il est bon de faire ressortir l'importance d'un projet qui avait autant pour but de remplir le trésor et de subvenir aux besoins du royaume que de faire pénétrer la probité dans l'administration financière.

Les chambres de justice avaient si souvent échoué, qu'elles inspiraient aux contemporains une médiocre confiance. Pasquier, qui se trouvait à Blois pendant les États, jugeait sévèrement les plans des députés. 11 approuvait en elle-même la requête pour le retranchement des tailles, mais cette réduction lui semblait incompatible avec la continuation de la guerre. Les

députés, dit-il, veulent « une recherche gênerai non-seulement des financiers et partisans, ains d tousceux qui sesont faits gras près du Roy,dusang'di peuple ; qui est un remède non prompt : s'amuser i faire le procez à des financiers, au milieu d'une guerre civile, c'est discourir des affaires d'Estat en escoliers... Le Roy voit ces fièvres d'esprit, qu'il est content de passer par dissimulation : il pense que la maladie procède d'un chef, sous l'authorité duquel tout cecy se fait, auquel il n'ose bonnement résister : il patiente, et mande particulièrement ceux qu'il estime avoir le plus de crédit en cette compagnie ; les prie de ne se roidir en toutes choses contre luy . . . Toutefois pour toutes ces soumissions, qui excitent au cœur des uns um compassion, et des autres une indignation et courroux, il ne peut obtenir de ces messieurs, tant ec général que particulier, qu'un rebut et mespris de ss Majesté *. »

Nous avons vu dans le récit de la session ce qu'étaient les promesses auxquelles Pasquier fail allusion. Quoiqu'il semble difficile de croire à leui sincérité, il est constant qu'elles produisirent une réelle impression : nous tenons à rapporter en terminant ce qu'en écrivait quelques années après ue conseiller du roi qui appartenait à la. chambre des comptes * : on verra ce que les hommes compétents pensaient du système des finances. « Anciennement les tailles n'estoient levées, sinon par le consentement des Estats, et pour urgentes affaires de la guerre, laquelle cessée, la levée desdits aydes

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