‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 2 sur 208 · IV · texte numérisé non relu

IV

coordination des cahiers de bailliage avaient absorbé plusieurs mois. En 1588, l'impatience générale ne permettait pas une telle œuvre. Après quelques semaines d'efforts, on commença à se décourager. Le tiers état s'assemblait chaque jour depuis plus d'un mois, lorsque, le 14 novembre, déplorant « le long temps qu'on consommoit à traiter si grande quantité de vœux, on arrêta que la multiplicité des articles des cahiers seroit ôtée » et qu'on se restreindrait au nombre d'articles absolument nécessaire; on résolut en même temps de rédiger un article visant les ordonnances pour en requérir en masse la confirmation K

Cette remarque, qui n'avait point encore été faite, justifie dans une certaine mesure les rédacteurs des cahiers d'une brièveté que tous les historiens ont relevée et sévèrement condamnée.

Le cahier du tiers état, le plus écourté des trois, contient en effet un article général ainsi conçu : « il plaira à Yotre Majesté que les ordonnances par vous et par vos prédécesseurs rois faites sur le règlement de la justice, principalement celles de l'an 1539, Orléans, Moulins, Roussillon, Amboise, Blois..., soient inviolablement gardées et observées, sans que vos cours souveraines ou autres juges y puissent contrevenir, sous peine de nullité des jugements » (T. 65.)

Tout ce que nous disons des vœux exprimés en 1588 doit donc être constamment rapproché de ces ordonnances, dont nous avons eu occasion de rapporter la plupart des articles dans le cours de ce travail. On comprendra ainsi l'esprit des cahiers de la seconde assemblée réunie à Blois, et on saisira le lien qui donne aux vœux de la nation un caractère d'unité si remarquable.

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