‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 3 sur 208 · Procès-verbal du tiers, 14 novembrci · texte numérisé non relu

Procès-verbal du tiers, 14 novembrci

I^es élections canoniques demandées par les trois ordres, p. 3.

Abus divers : induits, p. 4.

Fidèles aux traditions laissées par les États d'Orléans et de Blois, les trois ordres demandaient le droit d'élire les évêques et les abbés. Loin de s'affai* blir avec le temps, les souvenirs de la pragmatique sanction semblent d'année en année plus vivaccs, si l'on s'en rapporte exclusivement aux vœux des cahiers ; mais, comme nous l'avons remarqué aux premiers États de Blois, il y a évidemment ici un courant qui tient à l'opinion particulière du clergé inférieur, et qui dérive de l'esprit démocratique des députés de 1588. Toutes les ardeurs d'émancipation se retrouvent, avec leurs élans excessifs, dans les aspirations des derniers États de Blois. Il s'y est produit comme un bouillonnement d'idées nouvelles que nous aurons plus d'une fois l'occasion de signaler : c'est ainsi que les élections canoniques furent impérieusement réclamées, sans qu'il se trouvât une voix pour soutenir le concordat qui avait lié Léon X et François I" (C. 33; N. 6;T. 14).

La noblesse insista pour l'exécution scrupuleuse de l'ordonnance de Blois (art. 3), touchant l'élection des chefs d'ordre par les religieux profès; les termes Au

cahier démontrent surabondamment combien était peu respecté le privilège accordé aux grands monastères (N. 20).

La qualité de Français pour tous les possesseurs de bénéfices fut de nouveau réclamée par le tiers (T. 50). Le clergé demandait en outre que toute nomination faite contrairement à cette règle permît aux électeurs de pourvoir immédiatement au choix d'un nouveau titulaire (G. 35).

La noblesse seule s*occupa de la collation des cures, pour faire admettre à son profit le maintien du droit de présentation lorsque le bénéfice aurait été fondé par un gentilhomme (N. 12).

Comme en 1576, les réserves àoulevèrent de nouveau les protestations des trois ordres : évidemment Tordonnance de Blois avait été mal appliquée, et le faible Henri III s'était servi de cet abus pour multiplier ses faveurs aux dépens de l'organisation ecclésiastique (G. 74; N. 20; T. 39). Les induits qui conféraient à certains dignitaires, tels que le chancelier ou les membres du parlement, le droit d'accorder des bénéfices, attirèrent aussi les réclamations les plus vives du clergé et de la noblesse (G. 74 ; N. 15). Mais il était réservé à d'autres Etats de traiter plus sérieusement cette grave question.

IL — Discipline.

Sommaire. — Concile de Trente : Esprit gallican des députés, p. 5. — Résidence, p. 6. — Pluralité des bénéfices, p. 6. Confidences, p. 6. — Visites triennales des évoques, p. 7. — Réformation des couvents, p. 7. — Instruction religieuse, p. 7. — Prébendes théologales, p. 9.

La réception du concile de Trente, vainement réclamée par le clergé de France aux premiers États

DISCIPLINE EGCLÏ^:SIASTIQUE 5

(le Blois, fut (le nouveau sollicitée en 1588. Toutefois le mouvement qui entraînait les députés eut un tout autre caractère : il était à la fois plus général et plus gallican ; les trois ordres s'unissaient dans leurs vœux ; ils souhaitaient l'admission des décrets du concile, mais tous trois faisaient des réserves. Seuls les prélats étaient unanimes à demander la réception pure et simple, mais les députés inférieurs de l'ordre ecclésiastique étaient décidés à défendre leurs privilèges. Tandis que les magistrats soutenaient les droits de la couronne et que la masse du clergé plaidait la cause des chapitres, les évêques, réunis dans une opinion commune, allaient visiter le légat du Saint-Siège, Morosini, et se mettaient d'accord avec lui pour atteindre le résultat que Sixte-Quint désirait ardemment. Malgré ces efforts, les prélats se trouvèrent en minorité et les trois ordres exprimèrent des réserves *. L'esprit indépendant et frondeur de la Ligue s'inclinait devant la partie dogmatique de l'œuvre achevée à Trente, mais il protestait contre certaines décisions. Tout en voulant le concile, il se révoltait en même temps contre son autorité. Dans les trois cahiers, les libertés de l'Église gallicane furent revendiquées par les députés, qui cachèrent leur opposition sous l'apparence d'une défense des droits de la couronne et demandèrent un examen attentif des décisions prises à Trente «(C. 30; N. 5; T. 15).

La réforme de la discipline ne tenait point à cette époque le premier rang dans les préoccupations du

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