Registre du tiers état^ ibid., p. 201 et
tées aux trois ordres, contre-balanceraient leur influence. Sur Popposition des États, il semblait avoir abandonné ce projet, quand, le 27 mai, il fit annoncer sa résolution de former une chambre composée de magistrats et d'officiers royaux. Les États nommèrent aussitôt une commission pour étudier cette question, et ne tardèrent pas à repousser formellement la proposition de Mayenne. En vain l'exemple des États de 1558 était-il invoqué, les députés répondaient que chacun devait demeurer dans son rôle : aux États appartenait la requête, au roi la décision, au parlement l'enregistrement. Tels étaient les pouvoirs qu'il fallait se garder de confondre. Mayenne tenait peu à la présence des magistrats, mais il aurait voulu voir les grands officiers prendre part à l'élection royale .' leur absence le troublait, et il sut mauvais gré aux États d'une exclusion que l'unanimité des ordres s'accordait à réclamer.
Enfin, le 28 mai, les États reçurent communication des demandes de Philippe II. Le roi d'Espagne sollicitait la couronne de France pour sa fille Isabelle. L'infante était fille de la fille aînée de Henri II : à ce titre, son père soutenait, en mettant de côté la loi salique, qu'elle était légitime héritière du trône. Si sa fille était élue, mais à ce prix seulement, le fils de Charles-Quint off'rait à la Ligue ses armées et ses trésors.
En entendant ces ouvertures. Mole, qui assistait à la lecture comme délégué du Parlement, déclara qu'il ne pourrait se trouver le lendemain à l'audience qui devait être donnée à l'ambassadeur sans prendre la parole pour protester contre les prétentions espagnoles. Le procureur général manquerait aux devoirs de sa charge s*il ne « s'opposoit pas à une proposition si notoirement répugnante et contraire aux lois