CONFÉRENCE DE SURESNES
était arrivé le 6 mai, après avoir tenté toutes sortes de démarches pendant sa malencontreuse absence de [ deux mois. Les agents de Philippe II l'attendaient -^ aussi impatiemment que les États. Ils comprenaient tous le danger de la Conférence de Suresnes et ils avaient hâte de répondre par des actes aux inquiétudes qui leur venaient de ce côté.
Au début des pourparlers, l'archevêque de Bourges avait laissé entendre que la conversion se préparait. Le 13 mai, il informa les délégués des États qu'il ne « les payoit plus en espérance, mais en asseurance, que le roy étoit catholique et qu'il envoyoit quérir et assembler tous les prélats, évêques et docteurs catholiques de son party, non pour l'instruire, mais leur monstrer et témoigner sa saincte conversion ». U ne se borna pas à des promesses verbales : des propositions habilement rédigées furent remises aux députés, qui les prirent « comme en cachette », les rapportèrent à Paris et les lurent le 19 mai à l'assemblée : il offrait une trêve de deux ou trois mois pour laisser le peuple faire la moisson en paix, emploierait ce temps à se faire instruire et annonçait : sa conversion *.
Pendant que les royalistes prenaient les devants, les députés s'étaient attardés aux détails les moins dignes de les occuper. La place à assigner au légat dans la discussion qui allait s'ouvrir fut la cause d'interminables débats, puis, lorsqu'il n'y avait plus un jour à perdre, on vit s'élever tout à coup une vive controverse entre Mayenne et les députés sur la composition même de l'assemblée.
Dès le mois de janvier, Mayenne avait conçu la pensée de former deux chambres nouvelles qui, ajou-