RÉCIT HISTORIQUE
^o^HAiRE. —Nécessité derétabiir l'ordre dans les finances, p. 109* "p Convocation des notables, p. 110. — Élections, p. 113. — ^ni position de rassemblée, p. 114. — Discours de Henri IV, p. 114. — Division en trois chambres, p. 116. — Affaires financières, p. 116. — Avis au roi, p. 117. — Division des dépenses : ^^Hables et fixes, p. 118.— Conseil de raison, p. 119. — Sully Conseille de tenter l'épreuve, p. 120. — Séparation des nota- ^ïes, p. 121. — Résultats de l'assemblée de Rouen, p. 122.
Au moment où Henri III venait d'expirer à Saint-
^*^Ud, Henri IV avait promis aux seigneurs qui l'en-
^^Uraient de convoquer les États Généraux. Nous
^^ons vu comment la guerre civile et les difficultés
^^ toute sorte que rencontrait la politique du nouveau
^^î lui ôtèrent la pensée deVéunir dans les premières
^^nées une assemblée de députés. Les États de la
*^igue, dont nous venons de raconter l'histoire,
^ étaient pas de nature à lui faire regretter une pru-
^^ute abstention. Mais cet ajournement devait avoir
^ïi terme : le roi sentait trop ce que le concours de
*^ nation pouvait donner de force à la royauté pout*
abandonner à tout jamais un instrument si précieux*
Aussitôt que la paix intérieure lui parut rétablie, son
Pi*emier soin fut de songer aux réformes et d'appli-
îuer son esprit au rétablissement des finances. Depuis
ce qui semble n'estre point difficile, si avecq la valeur de nostre noblesse, Tecclésiastique aide TEstat de ce qui est de sa vocation et de ses moyens, et si nous sommes assistez de nos bonnes villes et plat pays selon les moyens que chacun en aura, qui seront trop mieulx employez au payement d'une armée qui s'opposera courageusement à celle desdicts Espagnols^ que si, par ce défault, Tennemy ne trouvant point de forces à la campagne qui résistassent aux siennes, s'en faisoit le maistre, ravageoit le plat pays et saccageoit les villes comme bon luy sembleroit. Succédans à ceste Couronne, ainsi que chacun sait, nous y avons trouvé une extresme pauvreté. On ne peut dire que nous ayons jamais consenty, ny que nostre nature soit d'approuver que les revenus du Royaume soient mal mesnagez et employez en despenses volontaires et superflues. Nous désirons la réformation au faict de nos finances autant qu'ayt jamais faict prince qui ayt porté ceste Couronne. En tout ce qui escherra ou serons conseillez, nous commencerons volontiers la réformation par nous-mêmes, jugeans que l'ordre et bon mesnage dont il sera usé fera que Ton pourra satisfaire aux despenses nécessaires pour la conservation de nostre Estât, nous donnera moyen de soulager nos pauvres subjects, contribuables à la taille, d'une partie des levées qui se font dessus eulx : ce que nous désirons de tout nostre cœur, et nous ne vivrons jamais contens que cestuy nostre désir n'ayt été tesmoigné par les eff'ects *. »
Ainsi le roi se soumettait d'avance aux décisions des notables. Loin de leur laisser le rôle subalterne qu'ils avaient toujours joué dans la monarchie, il leui* accordait d'avance les mêmes droits qu'aux États Gé-*