Groulart, Mémoires^ p. 353. Coll. Petilot
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l'assemblée de Rouen, qu'il y aurait un maniement séparé » des dépenses ^
Le cardinal de Gondi, président de ce conseil, le réunissait à l'évéché de Paris, dont il était titulaire. Dès le début de leurs travaux, quand les membres du conseil eurent considéré l'énorme tâche qu'ils avaient entreprise et qu'ils voulurent mettre la réalité à la place des projets, « ils se jugèrent bien loin des imaginations qui leur estoient montées en l'esprit * ». Sully, qui connaissait merveilleusement les divers impôts, avait conseillé au roi de ne point prendre dans sa part le sol pour livre, sur lequel les notables se faisaient les plus grandes illusions. La justesse de ses prévisions fut bientôt démontrée : le conseil ne put trouver personne qui voulût entreprendre le recouvrement de la pancarte.
Pendant que ces embarras mettaient obstacle à leurs premiers efforts, les membres du nouveau conseil étudiaient avec désespoir les anciens impôts, dont les évaluations diminuaient à vue d'oeil, pendant que les revenus royaux « augmentoient journellement ». Ces difficultés aigrissaient les débats, et pendant plusieurs semaines les conseillers ne cessèrent de se reprocher mutuellement l'inexpérience qui leur avait fait accepter les moins bonnes taxes, jusqu'au jour où leur propre impuissance fut si évidente, qu'ils envoyèrent supplier Sully de « prendre la peine d'assister à leur conseil une fois la sepmaine », afin de les aider de ses bons avis. 11 fallait que leur découragement eût atteint les dernières limites, pour qu'ils ne craignissent pas de demander à Sully les moyens d'augmenter le produit de leurs impôts.
1. Lettre à M. de Rambouillet, 23 mai. Lettres missives^ t. IV, p. 766.