‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 50 sur 208 · Sully, ihid., III, p · texte numérisé non relu

Sully, ihid., III, p

UFINRI nr ET SULLY 123

L' amour-propre des conseillers reçut une nouvelle blessure : Sully refusa son assistance, et ne crda à leurs prières que sur un commandement exprès du roi. Le conseil de raison ne dut pas tirer un grand fruit des lumières de Sully, qui se souvenait des prédictions qu'il avait faites et se réjouissait, au fond du cœur, de voir les événements réaliser si complètement ses prévisions.

Après quelques mois d'efforts, les membres du conseil de raison sentirent leur impuissance, et, à en croire Sully, ils vinrent en corps trouver le roi, avouèrent que la division qu'ils avaient rêvée ne pouvait produire de bons résultats, que le roi aurait plus d'autorité qu'eux pour réformer et pour agir, et ils supplièrent Henri IV, dans l'intérêt de l'État, de les vouloir bien décharger de leur mission. Le roi fit quelque difficulté, alléguant l'unanime volonté des notables, mais ce n'était que « pour faire valoir sa ^marchandise » : en réalité, il accueillait avec joie l'abdication d'un conseil qui avait voulu partager ^^ec lui l'administration de son royaume.

Ainsi vint échouer l'organisation financière sortie ^^ l'imagination chimérique des notables : ils mon- ^'^èrent une grande inexpérience, mais, hâtons-nous J*® le dire, ils cherchaient de bonne foi la solution. *^ étaient tous également dévoués au bien public et *^ roi, qui était alors l'espérance de tous les hon- ^^tes gens. Ils ne voulaient pas réduire sa puissance, ^^s le défendre contre les abus que le xvi" siècle ^^* ait le droit de croire inséparables de la royauté. La ^^ite du règne leur apprit ce qu'était Henri IV : en ^Oyant son admirable économie, ils durent comt^fendre leur méprise. Les conseillers du roi et le roi *Ui-même gardèrent de cette faute un assez long ressentiment.

Les députés avaient demandé en se séparant « q trois ans de là il fût tenu une autre assemblée notables, par devant laquelle on rendroit compte des résultats de la première réunion. On était a" dans les premiers moments d'illusion : Tengf ment fut pris « sur l'heure » au nom du roi. ^ le temps s'écoula. Sully, débarrassé du conseil raison, prit la direction des finances; la faveur Henri IV fit du ministre le collaborateur assidu ses réformes ; tout un plan fut adopté ; on ne pou en interrompre l'exécution pour courir au-de\ des innovations qu'une assemblée aurait la pei de substituer aux projets de Sully. Le plus g était d'ajourner la convocation des députés : attendit si longtemps, que la fin de ce règne se pî sans que les États Généraux pussent admirer, vivant de Henri IV, l'œuvre qu'il avait accomj

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