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SITUATION DU ROYAUME

houxine, quelque grand qu'il soit, ne peut jamais teaîr lieu d'institutions régulières.

Henri IV avait laissé en mourant le trésor rempli, le Commerce prospère, la France florissante : dix D^^is de régence avaient suffi pour tout changer. Q^a.tre ans plus tard, le royaume était troublé, le Peuple appauvri, l'État sans ressources et l'anarchie ï'^Uaissait avec les factions des princes. Au début de 1 ^Unée 1614, le prince de Condé S ambitieux et avide, quitta la cour, publiant un manifeste assez semblable ^ celui de la Ligue du bien public sous Louis XI. ^éuni aux ducs de Nevers, de Mayenne, de Longue- ^Ue et de Bouillon, il signalait les désordres de l'administration, le poids des impôts, la faveur excessive dont une famille d'étrangers était comblée * €t surtout l'éloignement des grands seigneurs qui était le principal motif d'une révolte à laquelle les conjurés étaient forcés comme toujours de donner pour prétexte et pour but l'intérêt général. C'est dans ce dessein que les princes terminaient cet appel à la nation en demandant à la régente la féunion des États Généraux dans un délai de trois mois.

Marie de Médicis répondit au prince de Condé que la résolution de convoquer les Etats avait été prise en conseil avant que son manifeste eût été écrit, qu'elle était heureuse de voir qu'il approuvait la tenue de l'assemblée, le meilleur remède pour pourvoir au désordre ; pour elle, elle avait toujours désiré réunir les députés au moment de la majorité du roi son fils, « pour lui représenter en aussy notable compagnie le

1. Henri de Bourbon, prince de Condé, né en 1588, mort en 1648, père du grand Condé.

2. L'Italien Concini, qui portait le titre de marquis d'Ancre , venait de recevoir le bâton de maréchal.

passé de sa régence, l'informer du présent et mieux régler toutes choses pour l'advenir * ».

Cette réponse très politique déjouait les projets des princes ; non seulement ce langage était adroit, mais il était sincère : dès le 13 février, la reine avait averti les Parlements de ses intentions. Elle avait prévenu Condé, en le gagnant de vitesse. Il fallait maintenant le réduire à l'obéissance.

La France était inerte*: les querelles des grands étaient loin de lui plaire. La masse de la nation était mécontente, mais non rebelle. En réalité, il n'y avait pas de danger sérieux. Marie de Médicis pouvait vaincre ; elle préféra traiter.

Les mois d'avril et de mai 1614 furent employés à négocier. Soissons et Sainte-Menehould virent successivement se continuer les conférences entre le prince de Condé et les ambassadeurs de la reine mère ^ La convocation des États Généraux fut maintenue, la reine ayant toujours eu, répétait-on, le projet de les assembler à la majorité du roi ', puis on discuta longuement les diverses garanties que chacun des rebelles réclamait sous la forme de pensions. Enfin, le 15 mai, fut signé un traité qui coûtait à la royauté plus d'un million, donnait à Condé le château d'Amboise et aux princes plusieurs places fortes.

Les États Généraux étaient convoqués pour le 25 août à Sens. Loin d'attendre en paix les fruits de rassemblée qu'ils avaient provoquée, les princes.

1. Réponse de la reine mère à Condé, en date du 27 février 1614. Ai'ch. des aff, étr., France, n» 769.

2. De Thou et le président Jeannin représentaient la reine mère.

3. Mémoires de Richelieu. Coll. Petitot, 1, 103. Voir lepréambule des lettres de convocation aux États.

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