‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 78 sur 208 · IV · texte numérisé non relu

IV

oubliant toute sorte de devoirs, sans aveu de ceux qii ^^y^ représentent, se veulent comparer à nous. J'ai horm te, Sire, de vous dire les termes qui de nouveau nous ont offensés ; ils comparent votre État à une famille co/hposée de trois frères : ils disent Tordre ecclésiastique être Taîné, le nôtre le puîné, et eux les cadets, et qu'il advient souvent que les maisons ruinées par les aînés sont relevées par les cadets. En quelle misérable condition sommes-nous tombés, si cette parole est véritable? Eh quoi! tant de services rendus, d'un temps immémorial, tant d'honneurs et de dignités transmises héréditairement à la noblesse et méritées par leurs labeurs et fidélité, Tauroient-ellcs, au lieu de l'élever, tellement rabaissée qu'elle fût avec, le vulgaire en la plus étroite sorte de société qui soit parmi les hommes, qui est la fraternité^ et non content de se dire nos frères, ils s'attribuent la restauration de l'État, à quoi, comme la France sait assez, ils n'ont aucunement participé; aussi chacun connoit qu'ils ne peuvent en aucune façon se comparer à nous, et seroit insupportal)le une entreprise si mal fondée. Rendezen, Sire, le jugement, et par une déclaration pleine de justice faites-les mettre en leur devoir, et reconnoître ce que nous sommes nés, et la différence qu'il y a; nous en supplions très liumblement Votre Majesté au nom de toute la noblesse de France, puisque c'est d'elle que nous sommes ici déi)utés, afin que, conservée en ses prééminences, elle porte comme elle a toujours fait son honneur et sa vie au service de Votre Majesté ^ » Cet étrange discours répondait si bien aux passions de la noblesse, que le lieutenant civil put entendre, en entrant au Louvre, où l'appelait

i. Procès-verbal de la noblesse, séance du mercredi 26 noy ombre.

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