LA NOBLESSE ET LE TIERS
on, en se plaignant vivement que le tiers état, au .eu de donner la satisfaction promise, se fût permis le les offenser de nouveau. L'image de la fraternité les trois ordres révoltait surtout la vanité des nobles, ït ils déclaraient hautement que, sans la présence des prélats, ils auraient, séance tenante, exigé du lieutelant civil une solennelle rétractation. A peine les cvéques furent-ils sortis de la salle, que la noblesse décida tout d'une voix qu'elle se plaindrait au roi, dès le lendemain, du langage du tiers. Le clergé, voulant cousener entre les deux ordres une neutralité qui convenait à sa dignité comme à ses intérêts, refusa de se joindre à la protestation de la noblesse, mais promit de faire connaître au roi ce qui s'était passé. Ainsi finit au milieu de la plus vive effervescence une séance que la passion de tous avait prolongée jusqu'à neuf heures du soir *.
Le 25 novembre, la noblesse ne put pénétrer auprès durci; elle fut reçue le lendemain. Un grand nombre de députés s'étaient joints à la députation de vingtquatre membres. Le baron de Senecey porta la parole : *près s'être étendu sur les devoirs de la noblesse dont Ifts armes victorieuses ont donné la tranquillité à {'Etat, l'orateur en vint au tiers état, qui se borne « à jouir des commodités que la paix lui apporte.... C'est <î6t ordre, s'écria-t-il, qui tient le dernier rang en cette ^semblée, ordre composé du peuple des villes et de }â campagne ; ces derniers quasy tous liommagers et Justiciables des deux premiers ordres; ceux de villes, bourgeois, marchands, artisans et (juolciues olïiciers. ^6 sont ceux-ci qui méconnoissent leurs conditions, et
!• La séance de raprès-midi se tenait ordinairement de deux ^quatre heures. Rapine dit que dès le soir même une prel'ïière démarche fut faite auprès du roi, qui ne consentit pas à Recevoir la noblesse, p. 226.