‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 86 sur 208 · ARRÊT DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

ARRÊT DU PARLEMENT

théologiens prendraient parti pour le pape le jour où ils seraient mis en demeure de se prononcer. La plus simple habileté, ajoutait-il, exigeait qu'ils ne fussent pas poussés à bout et que cette affaire si grosse de périls fût étouffée avant que les passions et les amours-propres fussent irrémédiablement blessés*. A ce discours, la reine n'avait rien répondu; évidemment il fallait tenter de nouveaux efforts. Du moment où le Parlement entrait en lice avec ses vieilles rancunes et ses arrêts solennels, le tiers état devait paraître modéré : aussi le clergé, cherchant à diviser ses ennemis, n'hésita-t-il pas à faire des avances au tiers sans même attendre que cet ordre l'eût remercié de la visite du cardinal du Perron.

La chambre du tiers délibérait sur la conduite à tenir, lorsque, le 5 janvier 1615, dans la séance du matin, on lui annonça l'évoque de Mâcon : celui-ci venait apporter aux députés le projet d'article qui leur avait été promis, et leur demander de se joindre au clergé pour protester contre les empiétements du parlement de Paris, qui osait porter atteinte à la liberté des États Généraux en se prononçant sur une matière contestée au moment même où deux des ordres la débattaient dans le sein de l'assemblée.

A peine l'évêque fut-il sorti, que les murmures des députés laissèrent présager le sort des deux propositions. L'article rédigé par le clergé ne s'occupait que du régicide, afin de le flétrir, il est vrai, et d'appeler sur lui les peines éternelles, mais il ne contenait pas un mot sur le droit pour les papes de prononcer directement ou indirectement la déchéance des rois. Or c'était là surtout la question que le tiers voulait absolument voir résoudre. Quoique cet article ne

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