‹ Histoire des États généraux (volume 3)Chapitre 93 sur 208 · Proccs-vcrbal du tiers, 10 janvier · texte numérisé non relu

Proccs-vcrbal du tiers, 10 janvier

2. Est-ce à ce motif que doit être attribué le refus d'établir un Mont-de- Piété? 11 est permis de le penser. D'après la discussion, l'insistance de la noblesse, souvent à court d'argent, éveilla les soupçons des députés du tiers, qui accumulèrent contre cette institution quelques bonnes raisons unies à de nombreux préjuj^és. Voir les séances du tiers des 8 et 24 janvier.

AFFAIRES FINAIfCIÈRES 225

âans que les états communiqués par le président Teannin eussent donné lieu à une vérification attentive. La cour, impatiente de tant de retards, envoya le maréchal de Brissac au tiers état afin d'accélérer ses délibérations et d'insister pour qu'une commission de finances fût au plus tôt instituée. Le maréchal fit habilement valoir ce que le roi accorderait de confiance à une réunion d'hommes instruits et dévoués auxquels il promettait d'avance de ne rien celer. Les plus vifs voulaient que l'assemblée continuât à se tenir sur la réserve, mais heureusement la majorité comprit ce qu'aurait d'impolitique le refus d'examiner les finances de l'État, quand la cour en offrait les moyens. La commission fut donc nommée (16janvier).

Autour du roi, on commençait à craindre qu'il ne devînt nécessaire de stimuler par quelque satisfaction l'inertie des députés. La réserve froide des commissaires inquiétait vivement les ministres. Le duc de Ventadour fut renvoyé aux États pour persuader aux députés qu'un gouvernement comme celui du roi « ne pou voit se soutenir sans grande dépense * ». Dans toutes les autres sessions, les efforts de la royauté avaient eu un double but : résister aux demandes d'économie et obtenir l'accroissement des impôts. En 1614, le gouvernement ne réclame pas de nouvelles ressources : il se borne à s'opposer aux réductions et demeure constamment sur la défensive. Le président de la chambre répondit à l'envoyé du roi que, « parlant au nom du peuple, le tiers ne pouvoit oublier ses charges », et le duc de Ventadour emporta en se retirant la conviction que sur ce point le tiers état serait inébranlable.

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