‹ Histoire des États-Généraux (volume 4)Chapitre 28 sur 134 · Vnirplus haut, lomo IV, p. I Hl, lOS · texte numérisé non relu

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NOBLKSSE 01

radvcnir, laiL paroiix aucune forlilicalinii, oL(|ue(;eux (jui ont, à cause de leurs fiefs, droict de Motte et poiit- Icvis, sctienl tenus se contenter de la niettro en la forme ancienne, selon qu'il est port»' par leurs adveux et dénonibremens vcritiez, sans les pouvoir aucunement fortifier de fossez. tours et rampars; et si aucunes fiiitiliiations ont estr faites pendant et depuis les trouljles esdits chasteaux, elles soient razées et démolies, trois ans après la publication de vostre ordonnance, sans qu'il leur soit loisible, ni à aucuns de vos subjects. de quelque qualité qu'ils soient, de bastir lie nouveau aucuns ciiasteaux qui puissent endurer le canon, à peine de deux mille livres d'amende, dont le tiers appartienne an dénonciateur, et l'autre tiers aux [»auvres des lieux. ■> (T. Kio.)

Rien ne pouvait être plus précis et plus net que ce vœu : le conseil était résolu en principe ', mais il ne savait pas se décider. Le rasement des forteresses ne fut réalisé que onze ans plus tard. En IG-lCt, le roi était à Nantes lorsque les Etats de la province renouvelèrent le même souhait. Ce fut dans cette rinmion que Richelieu fit rendre une déclaration célèbre qui ra[ipelait les vœux des États de 1614 et ordonnait <' que de toutes les places fortes, soit villes ou chas- It-aux qui sont au milieu de notre royaume et des provinces dicelui non situées en lieu de conséquence, soit pour frontières ou autres considérations importantes, les fortifications en soient rasées et démolies; niéuie les anciennes murailles abattues sclonquil sera

1. En 1G21. les députés de Rouen vinrent en cour pour solliciter le rasement du fort de Quiliebœuf. ■. Je scais bien, répondit Louis XIll, ce que vous voulez me dire. Je vous dis que j'ai résolu de faire abattre non pas seulement les rortifications de Ouiliebœuf, mais de toutes les petites places qui se trouveront PU mon rovaume ;"i être frontières. » [Mercure frauçois, I. VII. p. 9i2.)

<)2 ÉTATS ET NOTABLES, l(>14-l()2r)

jugé nrrossairo pour \o Iticn cl ropos do nos sujets à la siirelr do ort l'étal, on soilc ipic iidsdils siijols no piiissonl drsorniais apiu-ôhondci- (pic losdilos placc-^ soient pour leur donner aucune inconunoditc ' h.

Une immense aeclamation accueillit par tout le royaume la nouvelle do l'acte le plus hardi (piun roi eiH accompli en France depuis Louis XI. Il scnddail aux yeux du peuple que le pouvoir féodal allait s'écrouler avec ces puissantes forteresses qui déliaient depuis si longtemps la royauté. Aussi Louis XIII recueillit-il les bénédictions populaires quand on vit, aussil(H après la déclaration de Nantes, démanteler les châteaux d'Ancenis et de Lamballo.

Seulement cotte œuvre demandait autant de prudence que d'énergie : elle ne pouvait être accomplie rapidement. L'assemblée des notables, qui s'ouvrit six mois après les États de Bretagne, fut chargée de dresser la liste des châteaux forts (jui devaient être sacritiés. Elle se fit remettre les mémoires transmis par les parlements de Dauphini" et de Provence et dressa un état des forteresses à démolir. Pendant que l'assemblée était occupée à ce travail, un de ses membres, premier président d'une cour souveraine, ayant opiné pour la démolitiuii. ajouta « ipie l'assemblée pouriMÙt supplier le roi de pourvoir au dédommagement >-. Cette proposition souleva l'indignation de Gaston d'Orléans, qui s'écria que les places fortes étaient au roi et qu'on ne j^ouvait lui faire payer « une récompense pour avoir jr droit de disposer de son propre bien * ».

C)n ik; donna en clfcl aucune indemnité aux sei-

1. Dtïclariitiou ilii roi. — Nantes, ,'jl jnillol Hi2(J. — Anciennes lois l'runçaisrs, t. XVI, p. 19:!.

2. l'rocès-verbal île i'assemlilée des iiotal>lt;s de l(i2(;. Kluls tk'mraux, I. XVIII. |). llfi.

NOBLESSi; 03

gnt'urs ' : les notablos, avant de se séparer, insisirrcnl pdiir le prompt ai'hèvomenl de ru'uvro do dostniutiou (|iii tilt continuée pendant tout le ministère de Richelieu.

Les députés a\aieut uu tel souci dc j^ouuieltic les grands à Tauttu-ité royale quils se mêlèrent d'une affaire très grave. Le prince de Condc avait obtenu par le traite de Sainte-Menehould le château d'Amboise qui commandait le cours de la Loire et pouvait servir dans le centre du ntyaume dc point d'appui à la guerre civile. Tous ceux qui voulaient le rétahlissement et la durée de la paix étaient alarmés de voir un esprit si remuant en possession d'une telle place. Le clergé prit l'initiative : le 18 janvier Kîlo, il lut arrêté « que le roy seroit supplié d'ordonner que les places lui fussentrendues etremises sansaucun dédommagement -. I) Dans le sein de la noblesse, il y eut plus de tiraillements; mais les cahiers de Bretagne et de Guyenne étaient formels et la majorité adopta le vœu ^. Dans le tiers la discussion fut vive : l'Ile-de- France voulait l'exécution du traité de Sainte-Menehould. Tous les autres gouvernements se prononcèrent pour la restitution des places ^.

Dès que la nouvelle du vote fut connue, la reine en ressentit une vive joie et le prince de Cond('' fut mis

1. La noblesse riait i'orl émue. Nous Irouvons dans une iellrc d'un des agenls du cardinal le passage suivant : « Pour attirer la noblesse et la débaucher, l'on fait accroire (juc sur la desmolilion des places inutiles, le roy veuJt faire desmolir toutes les maisons des gentilshommes, leur oster leur juridiction et eslablir en icelles des officiers rovaux. » — 21 décembre 1026 [Aff. Elr., France. lSl,fo 142 .

2. Procès-verbal du clergé, p. 36.'i. Cahier du clergé, 13.'i.

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