‹ Histoire des États-Généraux (volume 4)Chapitre 33 sur 134 · Beccaria, Traites des délits et des peines · texte numérisé non relu

Beccaria, Traites des délits et des peines

'J8 KTATS ET NOTABLES, 1 f. I i- 1 (i-iC.

inorency-Boutovillc, qui avait eu drjà vingt et un duels, et que poursuivait liors dr France la justice royale, revint à Paris pour la braver, et osa se battre en pleine place Royale au milieu du jour; le comte (les Chapelles, son second, ayant tué Bussy, témoin de son adversaire, les coupables furent arrêtés, déférés au parlement, comlamnés à mort et exécutés en place de Grève. Tels furent les exemples par lesquels Richelieu répondit aux défis des gentilshommes. Ainsi \a jjoursuite des duels, la démolition des châteaux, la répression des révoltes seigneuriales, en un mot les mesures les plus graves de la politique de Richelieu, celles qui frappaient le plus visiblement la noblesse, avaient été devancées et inspirées par les vœux du tiers état. Nous pourrions pousser plus loin le rapprochement et montrer que la volonté persistante du cardinal s'accordait avec les sentiments les plus chers à la majorité de la nation. Jamais les doléances navaient été si vives, jamais le tiers ne s'était montré plus indigné qu'aux États de Paris contre les oppressions de la noblesse : dix années s'écoulent, et un homme d'État, réalisant ce qu'il y avait de sensé dans les aspirations nationales, l'éduit toute une classe de citoyens à reconnaître la prépondérance du pouvoir royal et à se courber devant la loi. Richelieu, qui est un des plus puissants organisateurs de l'unité monarchique, avait compris la volonté du tiers état; on peut maintenant juger si, à côté de celte grande et terrible mémoire, la postérité ne doit pas réserver une place aux rédacteurs des cahiers de 4614, qui ont été los échos lidèlcs des vœux les plus chers à la France.

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