Aff. Et)-., France. 783, f
■2. Nous avons insisté presque uniquement dans ce chapitre sur l'admiaislration militaire. Les Etats et les notables se sont fort peu occupé.-» du cliilTre de l'armr-e; voir à ce sujet le récit des sessions et notamment le récit de l'assemblée des notabl'j> de 1626, t. IV, p. 290.
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La plupart des grandes sessions ipie nous avons jusqu'ici rtudiées se sont ouvorlcs sous l'empire d'un sentiment trénéral qui emportait la nation. Au tenqjs du roi Jean, l'indépendance du royaume et la faiblesse corrompue du pouvoir, — sous Charles Vlli, la réaction contre le règne de Louis XI, — sous Charles IX et Henri III, les luttes religieuses et le désordre des esprits, avaient l'ait ardemment souhaitei' la convocation des l^tats Généraux. A toutes ces époques, la nation était entraînée, et quand l'assemblée s'ouvrait, les députés étaient préparés de longue date à soutenir la lutte avec l'ardeur la plus vive.
Telles n'étaient pas, sous la minorité de Louis Xlll, les dispositions de la France. L'opinion publique n'avait aucune raison de réagir contre le règne du prince qui venait de donner à la nation tout ce qu'elle pouvait souhaiter. Elle aurait du, il est vrai, s'indigner contre les désordres de la régence. Malheureusement, les quatre années qui avaient suffi à ébranler l'œuvre de Henri IV n'avaient pas donné le temps aux provinces d'apprendre les dangers d'un mauvais gouvernement. Il faut, de tout temps, une longue tlésorganisalion puni- souirvrr l'irritntion dan>
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\o fond des provinces. I/éparune du feu roi avait fourni jusqu'alors l'argent nécessaire aux dilapidations de la cour et empêché l'augmentation trop sensible des impôts : les édits bursaux commençaient à peine à reparaître. Les gens sensés, les liommes versés dans la pratique des affaires discernaient Wivn sur quelle pente fatale glissait infailliblement la France, mais ils ne formaient (ju'unr élite peu nombreuse et non pas la inajorit('' des députés envoyés en lGi4 à Paris.
La révolte des princes avait elle-même servi fort heureusement la cour. L'horreur de la guerre civile s'était réveillée en même temps que les sentiments de tidélité au fds de Henri IV. La crainte de retomber dans l'anarchie avait dominé tous les cœurs. Sous cette impression, les électeurs des bailliages avaient confondu les remontrances des esprits politiques avec la conduite factieuse du prince de Condé et des seigneurs de son parti. Aussi les élections s'étaiont-ellcs faites sans autre passion que la volonté de conserver l'ordre et de contenir à fout prix les ardeurs d'une noblesse impatiente du j<»ug.
Les dispositions personnelles des députés et l'influence qui avait régné au moment de leur nomination expliquent donc dans une certaine mesure leurs fautes.
Il y a une autre cause dont nous venons de parler et qui devait nécessairement affaiblir le ton des doléances. Les réformes de Henri IV, en supprimant les plus graves abus, avaient enlevé aux plaintes des députés cette amertume qui avait provocpié à Orlt-ans et à Blois des accents si éloquents et si fiers. Sous Cf grand règne étaient venus expirer la plupart des désordres qui avaient si souvent servi de texte aux reproches des députés. C'est ainsi (pi'on a pu dire du