‹ Histoire des États-Généraux (volume 4)Chapitre 42 sur 134 · CARACTERE GENERAL · texte numérisé non relu

CARACTERE GENERAL

regiie de Henri IV qu'il avait été le pinnl de départ d'une ère nouvelle. La même réflexion doit s'appliquer aux États de Itili, qui ont fait ressortir les modifications (pi'avait subies l'esprit pnlilic

Ce qui distingue entre tous les ti-ois cahiers qui furent présentés à Louis XIIL c'est une profonde expérience des questions spéciales. Sur les LiOO articles contenus dans cette vaste compilation, prés de la moitié a|)partient au tiers état, qui proposa les plus sages r.'formes. La noblesse fut plus brève; le clergé montre, sur la plupart des questions, une clairvoyance et une jM-écision remarquables. Les députés du tiers nous ort'rent une multitude d'idées neuves et peu d"uto|ties. une imagination féconde tempérée p.u' un grand fond de raison. Ils passèrent en revue tous les sujets : clergé, justice, finances, noblesse, armée, furent examinés avec un soin attentif. La législation, qui commençait à se développer avec les progrés du pouvoir central, tint dans leur travail une place qu'elle n'avait jamais occupée. Il en fut de même du commerce; ou sent naitrc peu à peu les éléments d'activité de nos sociétés modernes.

Telles sont les questions sur lesqueilcs insistèrent tour à tour les députés. S'ils songèrent beaucoup aux reformes spéciales, en revanche, ils ne s'occupèrent nullement de l'organisation du pouvoir central. La royauté de Henri IV satisfaisait pleinement le tiers état : il y voyait l'idéal qu'il avait depuis longtemps rêvé. Dans son admiration, comment pouvait-il chercher à modérer le pouvoir royal? P«mr lui, le danger était ailleurs : la noblesse avec ses privilèges, le clergé avec ses souvenirs de domination, lui semblaient bien plus à craindre. C'est là qu'il voulait voir ses seuls ennemis. .V aucune époque, les États généraux ne nous montjèreul un antagonisme plu>

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acliai'iio ciiLi'i' les ordres. (JiieiX'llL's <lr iircscaiicc, susceptibilités inesquinos soulevées par la \aiiil(- cl cntrcteuues par l'amour-proprc, voilà eu deux, umll'histoire de ces luttes stériles qui faligucraicut le lecteur, si elles u'élaieut le témoignage des haines traditionnelles dont l'explosion bien autrement terrible devait, cent soixanle-dix ans plus tard, mar(iuer la fin de l'ancienne monarchie.

Pourquoi revenir sur les incidents de la session? On se souvient du langage de Savaron, du président de Mesmes. de Rapine et des réponses de la noblesse. Charpie jour élevait entre les classes une barrière plus infranciiissable. Chaque séance faisait mieux ressortir la puissance morale du tiers état et son impuissance politique.

Vaincu dans le sein des Etats Généraux, le tiers se dégoûta de ce vieux système représentatif qui le laissait si faible en présence d'une coalition sans cesse renouée. 11 préféra les assemblées de notables et l'action lente des parlements. Richelieu en satisfaisant ses rancunes, Louis XIV en faisant briller à so yeux l'éclat de la gloire lui firent oublier la vrai'' forme du royaume '.jusqu'au jour où, le pouvoir roy;il faisant cause commune avec les privilégiés, les États Généraux reparurent une dernière fois pour consacrer les concjuctes du tiers état.

Ainsi les États de 1014 sont placés au seuil de l'ère modei'nc, comme pour montrer l'attitude des classes prêtes à se livrer aux ardeurs d'une rivalité que le temps aigrit et irrite. Depuis un siècle l'oppression des seigneurs n'avait pas augmenté, et à aucune épocjne les vœux du troisième ordre en faveur de légaliti' ne furent plus vifs. Loin de se ralentir en

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