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bien ap|iellt^r ifiiolifiu^s iinaz et personnai.ffos [Ai que l'on puisse dire : « Il n"«^st pa?; faict sans cause », et iMi cela ne user point de fiction, ne entretenir une petite guerre à voulentr- et sans propos, pour avoir cause de lever argent
o ... Or, selon mon advis, entre toutes les seigneuries du monde dont j'ay congnoissance, où la chose pui>iique est mieulx traictée, où règne moins de violience sur le peuple, où il n'y a luilz ediffices abattuz ni desmolis pour guerre, c'est Angleterre; et tombe le sort et le malheur sur ceulx qui font la guerre.
« Nostre roy est le seigneur du monde qui moins a cause de useï' de ce mot : « J'ay privilège de lever « sur mes subjectz ce qui me plaist », car ne luy ne aultre ne l'a, et ne luy font nul honneur ceulx qui ainsi le dient pour le faire estimer plus grant, mais le font hayr et craindre aux voisins, ([ui pour riens ne vouldroient estre soubz sa Seigneurie, et mesme aucuns du royaulme s'en passeroient l)ien, (pii en tiennent...
« Et. pour parler de l'expérience de la buntr des François, ne fault alléguer, pour nostre temps, que les trois Estatz tenuz à Tours, après le decez de nostre bon maistre le roy Loys (à qui Dieu fasse pardon), i[iii fut l'an mil (juatre cens quatre vinglz et trois. L'on puvoit estimer lors ipie ceste assemblée estoit dangereuse, et disoiciil ipielques-ungz de petite condition cl de petite vertu, et nu dit par plusieurs fois depuis, que c'est crime de leze-majcsté (pie de parler d'assembler Estatz. et que c'est pour diminuer l'auclorité du roy : et sont ceulx qui commettent ce crime [coupables] envers Dieu et le roy, et la chose publique; mais servoient ces parolles et servent à ceulx qui sont en auctorilf et crédit, sans en riens l'avoir mérite, et qui ne sont pniiit propices d'y estre et n'ont accous-
AUTORITl': DES KTATS : COMMVNIS l.";.'.
tuiiit' (jiK» tlt^ llonrflcr on lOn-illG, ol pnrlcr de choses (If peu (lo vallii'iir, et rrai^iu'iil Ifs yrans assoinblces de paour quilz ne soient congneuz ou que leurs œuvres ne soient blasmees. Lors, que je dis, chascun estimoit le royaulme estre bien atténue, tant les grans que les moyens et petitz, pour ee qii'ilz avoieiit porte et soullert, vingt ans ou plus, de grans et horribles tailles, qui ne furent jamais si grandes à trois millions de francs près, j'entens à lever tous les ans, ear jamais le roy Charles sepliesme ne leva plus de dix huict cens mil francz par an, et le roy Loys, son filz, en levoit à l'heure de son trespas, quarante et sept cens mil, sans l'artillerie et aultres choses semblables; et seurement c'estoit compassion de veoir et scavoir la povreté du peuple...
« En ce royaulme tant foulle et oppresse en mainte sorte, après la mort de nostre roy. y eut-il division du peuple contre celluy qui règne aujourdhuy? Les princes et les subjectz se mirent-ilz en armes contre leur jeune roy? Et en voulurent-ils faire ung aultre? Luy voulurent-ilz oster son auctorite, le voulurent-ilz brider (pi'il ne peust user d'office de roy et commander. My dieux! nenny. si en y a il eu d'assez glorieux pour dire (pie ouy, se n'eussent-ils este. Hz feirent l'opposite de tout ce que je demande, car tout vint devers luy, tant les princes et les seigneurs, que ceulx i\cs bonues villes. Tous le recongnurent pour roy, et luy feirent serment et hommaige et feirent les princes et les seigneurs leurs demandes, humblement le genouil en terre en baillant par requeste ce (|u"ils deniandoient : dressèrent conseil, (»ù ilz se feirent compaignons des douze qui y furent nommez, et des lors le roy commandoit, qui n'avoit que treize ans, à la relation de ce conseil. A ladicte assemblée des Estatz dessusdictz, furent faites aucunes requestes et re-
liiG RKSUMKS «KNKIIAUX
monslranoos on In prosonoo du rny ot i\o son consoil : en grant humiUlr, [tmii- le l)ion du royaulmc, remettant tousjours tout au Ixtn plaisir du roy et de son conseil, hiy octroyèrent ce que on leur voulut demander et ce que on leur monstra par escript esli-f nécessaire pour le faict du roy...
« ... Et supplièrent lesdicts Estalz (pie au bout de deux ans ilz fussent rassemblez : et que si le Roy n'avoit assez argent, (pi'ii/. luy en bailleroient à son plaisir; et que s'il avoit gueri'es, ou quelcun qui le voulsist offenser, ((uilz y mettroienl leurs personnes et leurs biens, sans riens luy refuser de ce qui luy seroit besoing. Est-ce donc sur telz subjectz que le Roy doibt alléguer privilège de povoir prendre à son plaisir, qui si libcrallement luy donnent? Ne seroit-il plus juste, envers Dieu et le monde, de lever parceste forme que par voulente desordfmnee? Car nul prince ne le peult aultrement lever que par autruy, comme j'ai dict,si n'est par tyrannie, et qu'il ne soit excommunii'. » {Mrmoires de Commi/nes,é(\ii\ou publiée par la Sociéli' de l'hisloire de France, t. II, cb. xix, p. lU à lio.)
OI'IXIOX DK SILLY SI F, LH VOTE I.IlîRK DK L lAIPUT
Nous devons à la vérité de reconnaître que Sully se monti'a, en une autre partie de ses mémoires, défavorable aux Ëtats Généraux, disant que « pour espérer de b(jns et advantageux succèz de telles assemblées, il seroit besoin de ces très-bonnes et très-heureuses, mais très-rares conjonctures, esquelles les souverains et les subjects s'aiment muluellenient et sont esgalement bons, sages... » (cliap. lxx). Dans le chapitre que nous citons comme l'opinion délinitive de Sully, le minisire iiidi(|ue l'i-lal >]<'<■ llnances; quelques
AUTORITK DES ETATS : SLLLV l.iT
aimées se sont écoulées tiepuis la i'édacti(»n «le la jtre • inièrc partie de ses mémoires. Les désordres de lu régence l'ont peut-cire éclairé et il regrette sincèrement que la nation n'ait pas conservé le droit de voter librement l'impôt; c'est le seul argument que nous voulions tirer de celte cilalion.
Les guerres entre la France et l'Angleterre « eslans estimées comme civiles, ainsi que le sont ordinairement celles d'entre les souverains et leurs vassaux, les rois de France n'en ont jamais pris le prétexte pour eslablir des tailles, su!)sides et impositi(ms en levées ordinaires, ains se conlentoient, pour subvenir aux despences de leurs guerres, des revenus et domaines oixlinaires de leur royaume, et de ce (pie It.'s i)euples, par les voix des trois Estais d'iceluy. leur accordoient volontairement et tousjours suffisamment, qid estait une voije de bien convenable continuation, pour entretenir les roys et leurs sujets en bienveillance: laquelle aussi ne commença de cbanger (juc sur la lin du règne de Charles VLl, lequel, ayant entièrement chassé les Anglois hors de France, établit, j»ar la loléi'ance des peuples, une levée de tailles, en l'orme ddrdinaire et en continuation annuelle, les impositions et subsides qui ne se levoient que durant un temps limité, toutes choses estant faites avec tant de modération, que la première levée de tailles ordinaires par tout le royaume ne monloit que dix-huict cens mil livres. Mais, comme l'on est j)lus enclin à surhausser le nuil que le bien, Louis XI augmenta celte taille ordinaire jus(jues à (|uatre millions sept rens ([uaranti' niii livres; Charles Vlll, jiis(pies à cinq millions luiicl cens Irenti- mil livres ' : Louis XII, jiis-
1. Ces cliiirres sont infiniinciiL exai^érés : Cliarlos N'Ill n"a jamais peiru plus de 2 300 000 livres en 1492. Sons Louis XII, lo luaxiniiiin dus luillcs s'esl dluvé eu I'jIÎ a :J .iUO 000 livres.
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ques à sçp[ millions six cens cinquonlc mil livres; cl François h"" jusqncsà (|uinze millions sept cens trente mil livres, mais qui pis fut encore, il laissa en instruction et en pratique à ses successeurs, de ne requérir plus le consentement des peuples pour olitenir des secours et des assistances deux, aius de les ordonner de pleine puissance et authorité royale, sans alléguer autre chose ny raison, (jue celles de tel est notre bon plaisir. » (Œcono)ines roijales, cai». clvii, p. 103, collect. Michaud.)