ASSKMHLÉE DU HAILI.IACJK
Arrivons donc à cette assemblée générale tenue au cheflieu du bailliage royal et vers laquelle tout convergeait; c'est là en effet que vont s'accomphr à proprement parler les élections. L'assemblée qui s'y réunit ne se bornera pas à choisir un électeur, mais de véritables députés, ceux-là mêmes qui iront quelques jours plus tard siéger aux États Généraux pour y représenter le bailliage. C'est là également que nous allons retrouver pour la j)remière fois Je clergé et la noblesse.
Au jour dit, les trois ordres se réunissaient dans la plus grande salle du palais de justice, ordinairement appelé le palais royal, sous la présidence du bailli, qui conservait précieusement ce droit, comme le dernier vestige de ses attributions passées. La séance s'ouvrait par la lecture des lettres du roi et une harangue du président sur l'objet même de la convocation. Aussitôt le discours achevé, les trois ordres se séparaient, le clergé se rendait au palais épiscopal, la noblesse chez le bailli et le tiers état à JMiôtel de ville.
Suivons d'abord les membres du clergé et entrons à leur suite chez l'évétjue. Lorsque le chef-lieu du bailliage ne possédait point un siège épiscopal, les ecclésiastiques choisissaient un président et se rendaient dans une église ou dans une salle de quelque couvent. Il arrivait souvent que
1. Proct'S-verbal de l'assemblce de la ville de Bourges, 1C juillet 1614 {l'.Just., o2); de la ville de Troyos, 16 septembre 1j76 (P../«.s7.,. 33).
révêque n'avait pas consenti sans peine à se rendre à rassemblée générale. A ses yeux l'assemblée tenue au palais èpiscopal était la seule qui eût une valeur légale '. La séance commençait par un appel de tous les ecclésiastiques du bailliage : les bénéficiers comparaissaient en personne; non seulement les doyens ruraux, mais tous les curés de paroisses avaient voix délibérativc -. Quant aux chapitres ■* et au clergé régulier, ils se faisaient représenter par des délégués, le plus souvent par le doyen, le supérieur, ou quelque dignitaire, qui avaient été choisis peu de jours auparavant d;ins une réunion préparatoire*. Aussitôt ajirès l'appel, on procédait à l'élection des rédacteurs du cahier. I3ès que la commission était constituée, l'évéquc priait les membres du clergé de remettre entre ses mains dans un délai assez court tous les vœux qui devaient être compris dans le cahier de doléances, puis l'assemblée choisissait à la pluralité des voix ceux qui devraient porter le cahier aux Etats Généraux *. Le clergé a])andonnait ainsi tout droit de revision sur la rédaction définitive qui était arrêtée par l'évéque assisté des commissaires ''.
Pendant que cette séance avait lieu à l'évéché, les nobles s'étaient retirés dans la maison du bailli et délibéraient sous
1. Voir à ce sujet les elîorls de l'archevêque de Tours, en 1614, pour assembler directcmenl le cler^té. (P.j'ust., i)9.)