lil
■2. AIT. otr., t. XXVIII des Lettres de Maz., f» 303 v", cité par
Cliériiel. IV. p. 290.
:i. \n\ Lli:. Lett.de Mazarin, I.XXVIII. f" 396. {Letlre$,l\,i91.) i. .MuzarJn à Le Tellier, Brutel, 2 mai 1651. {Lettres. IV, 160.) i). Lettres rovales du 4 avril 1651. (États Généraur, t. XVlll,
que les États eusseni, pu oliauger la loi fondamentale et porter de treize à dix-huit ans la majorité dos rois.
Aux inquiétudes pubIi([uos se Joignaient pour Mazarin les alarmes privées. I^es lillats ne manqueraient pas de discuter les mesures prises rentre lui. Comment lutter si les Etats Généraux oontlrmaient les arrêts du parlement? En admettant qu'on évitât cette menace, échapperait-on à la déclaration que les étrangers étaient incapables de tenir des charges et d'exercer des fonctions dans le royaurae?lllallait à tout prix parer le coup; si l'on échouait, Mazarin était perdu sans ressource K
Pourra-t-on « éluder les Etats »? Condé ou le duc d'Orléans s'y prêteront-ils? voilà le sujet qu'agitent Mazarin et ses correspondants pendant les mois de mai et de juin -.
A Paris, il y avait divers courants : la cour affectait de prendre au sérieux les États Généraux, afin de plaire à Condé et à la noblesse; la date du 8 septembre était à peine connue, que, le 7 avril, la Gazette publiait une feuille extraordinaire intitulée : « La joye des François pour la prochaine tenue des États Géni'-raux ^ ». L'auteur, qui tenait de près aux ministres, remerciait le clergé et la noblesse d'avoir consenti à cesser leurs assemblées et exhortait les trois ordres â choisir des députés résolus à rétablir la paix publique.
La noblesse répandait partout la « requête » qu'elle avait rédigée à la fin de février '' : bien que le clergé se fût uni à elle, sa froideur lui causait quelque alarme. Quant au tiers état, il ne dissimulait pas sa défiance. En vain lui rappelait-on qu'il était le plus intéressé à rétablir l'ordre, à assurer le payement des rentes, à réprimer le désordre des gens de guerre, on ne jjarvenait pas à vaincre ses hésitations. Plus les nobles s'agitaient, plus les bourgeois se calmaient. Le souvenir des humiliations infligées au tiers en 1614, l'enthousiasme des genlilshommcs, les