‹ Histoire des États-Généraux (volume 4)Chapitre 95 sur 134 · Remontrances... Ihid · texte numérisé non relu

Remontrances... Ihid

3. Manuel du bon citoyen. Choix de .Mazarinades, t. \, p. 443.

284 ETATS PROJETES

n'ont point encore fait pari an public de lenr dépulation * ». Quatre bailliafii-s se léuniieut en juillet, seize on août; enfin Paris sassenibla le 20 août et le 4 septembre: le coadjuteur fut (du premier député du clerf,'é; telle était l'indifTérence au sujet des Etals, que Hetz, prêt à se vanter de tout, ne parle pas de son élection dans ses Mr^nioires. La noblesse cluiisit ses di'-putés; mais le tiers tint une assemblée peu nombreuse, et les électeurs, divisés par la querelle entre le prévôt des marchands et la prévôté de Paris, procédèrent ù l'élection, qui fut cassée le lendemain par la reine à la requête des échevins de Paris. Le 11 septembre, la cour, faisant mine de penser toujours aux Liais, pressait les préparatifs - : aussi, dans le courant du mois, neuf bailliages s'asscmblèient-ils; mais, en octobre, le mouvement se ralentit, une seule élection eut lieu, ainsi qu'en novembre. Le 14 décembre, les Étals de Provence, et, le l;j, les États de Bretagne choisirent leurs députés •'.

Ce fut la dernière élection. Les esprits étaient las; de toutes parts les mêmes vœux éclataient : on aspirait au repos. La France s'éprenait de son jeune roi; elle était fatiguée et dégoûtée des frondeurs. Les yeux se tournaient vers Mazarin. ipii (juitlait à petites journées sa retraite pour se rapprocher de la frontière et la franchir avec une armée. On le voyait déjà remis à la tête de l'État. La cour n'eut besoin ni de lettres, ni de mandements, ni de jussion pour ajourner les Étals Généraux. La renaissance de l'autorité lit évanouir tout naturellement des projets dont la royauté avait voulu faire un leurre, et la noblesse une intrigue.

L'année I()."i2 vit encore des mouvements et des efforts

1. Gazette de Fraxce, S juillet, p. 693. L'élection avait eu lieu le 'A.

2. Lettres du roi aux maire et échevins de Tours, leur ordonnant de préparer des logements aux députés le 11 septembre. {Arcli. de Tours.)

3. Voir de juillet à décembre les mentions insérées dans la Gazette : nous y avons relevé trente-cinq assemblées de bailliages. Nous possédons en outre quelques procès-verbaui d'élection dont la Gazette ne parle pas.

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persistants. Le 27 lévrier, les genlilshomiiK-j de llie-dc- France, de l'Orléanais et du Blaisois s'assemblèrent à Maf;ny pour sif^ner un acte d'union. La paix et les Étals Générau.v, tel était le but de la nouvelle Jif^-ue. Des assemblées successives furent tenues en avril et en mai. Plusieurs prélats promettaient leur- concours. Des lettres de cachet intervinient et dérondirent au duc de Liancourt de tenir en juin à la Roclie-tiuyon une assemblée des députés de bailliages. .Néanmoins, une députation allait se rendre auprès du roi, quand elle reçut avis que les États GéïKM-aux seraient convoqués au i°'' novembre 1G."J2. La noblesse réunie à Dreux envoya des circulaires de toutes parts afin d'annoncer la nouvelle, mais il est évirient qu'elle crut seule à la convocation '.

En octobre, le roi rentra à Paris et exila le duc d'Orléans. Celui-ci réunit à Limours ses conseillers - et pensa profiler de l'échaunement de la noblesse pour provoquer de nouvelles réunions en vue de tenir les Etals. Chàteauneuf était l'àme de celle intrigue, qui fut la dernière et ne tarda pas à avorter.

En voyant l'entraînement des gentilshommes, le peuple prit en suspicion, comme le^jarlement et la cour, Ips assemblées d'Étals, qui demeurèrent longtemps liées dans sa mémoire aux souvenirs détestés de la Fronde.

l. Voir le récit détaillé de cet épisode peu connu, avec rindication des pièces originales, dans la lii/Aiographie des Mazarinadex, t. II, p. 87 à 01.

•2. .M. Chéruel, qui connaît la Fronde mieux que personne, a bien voulu me communiquer une dépêche de .Michel Le Tailler à .Mazarin en date du 30 octobre 1052 qui ne laisse aucun doute sur ce point.

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