‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 103 sur 124 · Choix de Mazarinades, t. II, p · texte numérisé non relu

Choix de Mazarinades, t. II, p

FRONDE t AOUT 1651 283

menées des seigneurs en faisaient les adversaires de plus en plus déterminés des États. « Les États, disaient les bourgeois de Paris, pourroient commencer par de la corruption et finir par de nouvelles surcharges *. » Pasquier écrivait dans les « Remontrances très humbles à la Reynè mère » : « N'assemblez pas les États Généraux. Ils ne réduiroient pas vostre autorité, comme on le prétend; au contraire. Mais ils pourroient estre un instrument de division et de trouble. Les grands s'y feroient des partisans qui agiteroient les provinces 2. »

Après avoir résumé la session de 1614, un des auteur^ de pamphlets ajoutait : « Ces grandes et cérémonieuses convocations, qui sont faites par le choix des favovis qui gouvernent, ne produisent que du faste, de l'ambition et de la vanité. Des États libres et des députations légitimes faites par le libre choix des Ecclésiastiques, des Nobles et du Tiers Estât pourroient produire quelque important succès. Mais, avant que cette assemblée se puisse faire sûremeat et légitimement, les années entières se passeront ^. »

Le parlement avait le même sentiment que la bourgeoisie : ainsi le tiers état dans tous ses éléments était unanime. Tous les mémoires du temps et les publications sans nombre dont Paris était inondé, portent Tempreinte des mêmes passions.

La résistance du tiers, la mauvaise volonté des parlements n'étaient pas faites pour accélérer les élections. Parmi les élus de 1649, les uns étaient morts, les autres avaient cessé de plaire ; les bailliages étaient autorisés à procéder à de nouvelles élections : pourtant le mois de juin s'était achevé sans qu'une seule assemblée locale se fût réunie. Au commencement de juillet, le bailliage du Perche ayant procédé aux élections, la cour en prit occasion de publier la nouvelle pour attester sa résolution de tenir les États et « réveiller, disait-elle, la négligence de ceux qui

1. Réponse des bourgeois de Paris à la Lettre écrite des provinces. (Choix de Mazarinades^ t. Il, p. 240, note.)

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