ÉTATS DE
acharné entre les ordres. Querelles de préséance, susceptibilités mesquines soulevées par la vanité et entretenues par Tamour-propre, voilà en deux mots rhistoire de ces luttes stériles qui fatigueraient le lecteur, si elles n'étaient le témoignage des haines traditionnelles dont l'explosion bien autrement terrible devait, cent soixante-dix ans plus tard, marquer la fin de l'ancienne monarchie.
Pourquoi revenir sur les incidents de la session? On se souvient du langage de Savaron, du président de Mesmes, de Rapine et des réponses de la noblesse. Chaque jour élevait entre les classes une barrière plus infranchissable. Chaque séance faisait mieux ressortir la puissance morale du tiers état et son impuissance politique.
Vaincu dans le sein des États Généraux, le tiers se dégoûta de ce vieux système représentatif qui le laissait si faible en présence d'une coalition sans cesse renouée. Il préféra les assemblées de notables et l'action lente des parlements. Richelieu en satisfaisant ses rancunes, Louis XIV en faisant briller à ses yeux l'éclat de la gloire lui firent oublier la vraie forme du royaume *, jusqu'au jour où, le pouvoir royal faisant cause commune avec les privilégiés, les États Généraux reparurent une dernière fois pour consacrer les conquêtes du tiers état.
Ainsi les États de 1614 sont placés au seuil de l'ère moderne, comme pour montrer l'attitude des classes prêtes à se livrer aux ardeurs d'une rivalité que le temps aigrit et irrite* Depuis un siècle l'oppression des seigneurs n'avait pas augmenté, et à aucune époque les vœux du troisième ordre en faveur de l'égalité ne furent plus vifs. Loin de se ralentir en