‹ Histoire des États généraux (volume 5)Chapitre 82 sur 124 · RÉDACTION DU CAHIER · texte numérisé non relu

RÉDACTION DU CAHIER

Enfin, le jour venu, c'est au son de la cloche que se réunissaient les paroissiens. Rien ne nous autorise à penser qu'une exception fût faite : tous les individus demeurant sur la paroisse, tous ceux qui avaient assisté au prône étaient convoqués à l'assemblée. C'était le juge du lieu prenant le titre de lieutenant ordinaire qui présidait la réunion et qui rédigeait le procès-verbal. Dans les villages qui ne possédaient pas de j ustice , le notaire tenait la plume * . L'assemblée des habitants du village avait deux objets distincts : désigner ceux qui représenteraient le village à l'assemblée supérieure et arrêter le cahier de doléances. Souvent, dès le premier dimanche, aussitôt après que l'avis avait été donné au prône, les habitants choisissaient un ou deux députés chargés de se rendre à la ville, puis ils s'ajournaient à huit jours pour préparer et voter les remontrances. Pendant cet intervalle, les députés assistés des notables du lieu recueillaient les vœux et rédigeaient le cahier, puis le dimanche suivant lecture en était faite devant l'assemblée, qui en approuvait les termes. Cette double opération achevée, les députés, auxquels se joignait souvent le juge, étaient libres de quitter le village pour se rendre à l'assemblée supérieure. La procuration dont ils étaient porteurs était rédigée sous forme authentique et contenait à la fois « pouvoir et puissance de représenter les plaintes, doléances, remontrances et autres qu'ils aviseront être à faire par raison et même de élire telles personnes suffisantes et capables avec les autres paroisses * ». Plusieurs cahiers de villages ont été conservés. Nous en retrouvons chaque jour de nouveaux. Nous espérons publier ces compilations; malgré leur humble origine, elles mériteraient d'être souvent consultées pour l'histoire des mœurs et des idées dans le sein des classes agricoles '.

de le signifier et faire savoir auxdils habitants de pot en pot et de domicile en domicile, à ce qu'ils n'en prétendent cause d'ignorance. » Procès-verbal du juge de Spoy, 3 août 1614.

1. Procès-verbaux de juges (P. just., 38, 39, 40, 41); de notaires (P. just., 42, 43.)

Page 1