Arcli. de Lyon. AA, 22, f 42. Voir A. Thomas, p. 49-jO
2. ;{00 000 livres pour la Languedoïl , 200 000 livres pour le Languedoc.
:î. Telle était la gène du roi que les députés durent lui prêter de l'argent. Voici en quelle occasion : les États étaient à peine réunis que Gaucourt et la Hire étaieut arrivés à Cliiuon pour
304 KTATS DE CHARLES YIl
Les ËJats ne se contentèrent pas de cet efîoi-t matériel : plusieurs grands seii^neurs étaient absents; ils attendaient dans la retraite l'issue dune si terrible lutte : les États les sommèrent de venir se ranger, en cette extrémité, autour de la bannière royale '.
Les députés de Lanî^rue dOïl et ceux de Langue d'Oc dressèrent séparément leurs cahiers. Seul, celui de Langue d'Oc nous est parvenu; il forme 32 articles suivis d'autant de réponses au nom du roi *. Après avoii' supplié le roi d'attirer autour de lui, pour le salut du royaume, tous les seigneurs de son sang et le duc de Bourgogne, les députés demandent que le roi ne convoque pas les États de Langue d'Oc hors de la province. Si le roi tient à les convoquer avec ceux de la Langue d'Oïl, ils sont prêts à désigner en assemblée d'États des « ambassadeurs » qui représenteront la province; ils obtiennent du roi la promesse de ne jamais lever d"impôts sans l'assentiment préalable des Trois États; ils stipulent le mode de perception des tailles, exigent une forte monnaie, de meilleurs officiers de justice, la libre circulation des marchan-
demander un secours immédiat afin de défendre Beaugency. Le roi n'avait pas d'argent : il en emprunta à ses principaux officiers et même aux députés ot put ainsi remettre quelijnes milliers de livres à ses capitaines. Registre des délibérations de Tours, au 22 septembre 1428.
1. Cet appel aux grands seigneurs peu désireu.x de se jeter dans la lutte laisse entrevoir le caractère véritable de la résistance dont Jeanne d'Arc fut la personnification. Sur les champs de bataille comme dans le sein des assemblées, nous retrouvons les elTorls du tiers état ne séparant jamais sa cause de celle de la royauté. C'est à cette alliance ([ue nous devons la défaite des Anglais et le triomphe de l'unité française.
2. Le texte de ce document, conservé à la Bibl. Nat., F. lat. 9177, f^ 268, et aux Arch. municipales de .Montpellier, a été donné pour la première fois par M. de Beaucourt dans les Notices et Documents publiés en 1884 par la Société de l'Histoire de France,
CUINON, DÉCEMBRE I iiiH ;{li;i
(lises, cl la correction de divers ahiis. La session, loiil au moins poui' les dépiifés de Lanfi;ne dOc, se prolongea jusqu'au niilieu de novembre 1428.
Nous sentons le besoin de metli-e à côté de la triste assemblée de 14:20 le spectacle consolant de ces ai"deurs patriotiques. Dans cette courte session, on vit l'intelligence des députés s'exercer sous toutes les formes. Les Etals de ("iliinon étaient dignes d'associer leurs efforts à l'inspii-alion de lliéroïne d'Orléans, et cette assend)lée doil denieiirer lié(^ au souvenir du salut national.
A partir de la délivrance d'Orléans (8 mai 14i9j les affaires du roi ne cessèrent plus de s'améliorer. Aussi le chiffre des impcMs extraordinaires devaitil décroître. Toutefois les États de Langue d'Oc continuèrent à s'assendtler chacpie année. A Carcassonne, en septembre 1421), ils votèrent 50000 livres *. A Sullysur-Loire, en mars 1430, ils accordèrent 200 000 livres, y compris la somme votée à Carcassonne -. Une assemblée générale des États An royaume indi(|uée pour le mois d'octobre à Angers ne fut [joinl tenue'', mais les États de Touraine se réunirent seuls le 15 novembre à Tours *.
En décembre 14.'i0. une nouvelle session des États de Langue d'Oïl se tint à Chinon. Cette assemblée fut signalée par des actes de violence qui nous montrent les gens de guerre aux pi'ises avec les doléances du peuple. Comme un gentilliomnie de Sentis avait développé ses motifs de plaintes, « tout le confort qu'il eut, dit Juvénal des Ursins, dans la complainte sur