‹ Histoire des États-GénérauxChapitre 186 sur 202 · Ma;-sûliii. p. (j'il · texte numérisé non relu

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riN DE LA SESSION, 1 i- MARS 1484 :W7

section iiomnui des eonmiissairc's, (.'liargés d'exiger des réponses précises, délinilives rt revêtues de la formule exécutoire, d'en dciiiandcr une ex[)édition pour chaque province, et de réclamer la production (li's rcjles di' répartition. Le juge du Forez fut nommé rappurlriir par les sections réunies et dut rédiger les requêtes ri\ ci' sens. Une trllc démarche trompait les espérances du conseil royal, he cliancelici' vit ((u'il faUait brusquer les événements.

Dans la soirée du li, les députés de Normandie se trou\aiil aux Montils. Tévèque de Coutances leiu" renujntra quils n'avaient pas besoin de dennmrer tous réunis pour poursuivre les dernières affaires, (|u"il sufiisait de nonuner trois ou tpiatre de leurs «•(dlègues, (|ui. après le départ des autres, se chargeraient de tout terminer. Puis il leur signifia ((ue la taxe quotidienne cesserait le li mars : passé cette épo([ue, on n'allouerait d'indemnité qu'aux délégués des États. 11 n'est pas difficile d'imaginer quel fut l'etfetde cette nouvelle sur la plupart des députés, fort peu désintéressés ', à demi séduits par les princes, et dégoûtés autant (|ue fatigués de leurs travaux.

A partir de ce moment, la hâte des députés devint une pri'cipitation fébrile : les princes et le chancelier à leur tête en prolltèrent habilement. Le samedi 13, les commissaires des Etats firent une suprême tenta-

1. Voyez notaïuuienl la discussion fort longue sur l'indemuilé des députés, doul nous n'avous pas cru devoir embarrasser notre récit. Le clergé et la noblesse voulaient faire porter sur le tiers état seul la charge des indemnités de voyage et des frais de séjour de tous les députés; le tiers répondait que chaque ordre avait donné aux députés le mandat de porter à Tours SCS doléances et qu'il devait supporter une part proportionnelle des frais. Le chancelier finit par obtenir que les ordres privilégiés cédassent au tiers état, sans préjuger l'avenir. (Masselin, p. i97-ull.)

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tive : ils vinrent aux Monliis pour déclarer qu*- la session se prolongerait jusqu'à la remise des cahiers revêtus des approbations royales. « 11 en sera délivré aujruHvriiui même une expédition, repartit aussitôt le clianrclifM-, pour les vœux admis par le conseil; (|ii,ini ;iu\ aiilres, nous sommes fort disposés à 1<"aiciiciliir. mais le conseil n'a le loisir de les examiner ni aujoui-dhui ni demain : nous les remettrons à vos (léléjiués après votre départ. Ne croyez pas qu'on vous joue avec; de vaines promesses : les princes et le conseil jurent de satisfaire à vos vonix. •■

De telles parcdes suffirent à convaincre la majorité des députés. Le lendemain 14, chaque section nomma trois ou quatre délégués. En vain quelques membres opinèrent qu'il ne fallait pas que le corps des Étals se séparât avant d'avoir achevé son œuvre, en vain ils soutinrent que la dissolution prématurée de l'assemblée porterait le coup le plus funeste aux réformes inachevées : ces sages réflexions tombaient dans le vide ; elles n'étaient plus écoutées. Les uns brûlaient de partir; les autres s'inclinaient devant le bon plaisir des princes, et, dans cet entraînement général, aucune préoccupation sérieuse ne fixait plus leur esprit.

Seule entre toutes, la section de Normandie enjoignit à ses trois délégués de ne pas s'attacher uniquement aux intérêts de la province, mais de redoubler de vigilance pour les affaires publiques, de ne point agir à part, de se concerter avec leurs collègues, et d'unir leurs efforts afin de représenter en réalité les États Généraux. Vaine tentative, dont il est difficile d'indiquer exactement le résultat.

Tel fut le dernier acte d'une session commencée sous de si brillants auspices, continuée avec courage au milieu des séductions des princes, et terminée par la fatigue des députés.

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