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RÉFORMAÏION GÉNÉRALE DU ROYAUME

En ISoo ol en IX\1, les Étnts curent un luit coninnin : la rél'oi'niatiun du royaume. Leurs moyens seuls furent clifTérents : dans la première session, ils s'attaquèrent aux abus ; dans la seconde, aux officiers du prince qui en avaient été les causes ou les instruments.

Lorsque les députés s'asseml)lèrent pour la première fois, il fallait porter remède au désordre (\o!< finances. Sur ce [joint se concentra toute leur attention. Imitant le système récemment ap[)rKpH' par plusieurs assemblées provinciales, ils s'emijarèrcnt de la perception des deniers publics en instituant neuf surintendants chargés d<' recueillir rimp('it. Les trois ordres devaient choisir, cliacuii pnur \\n tiers, ces tout-puissants délégués, dont l'autoriti' s'étendait sur Vorganisation financière, réglait le coui's et l'émission des monnaies, cl surveillait à tous les degrés la confiitabilité en con- Iridanl les agents du fisc *. Quoique borné en apparence, le pouvoir des surintendants était considérable el ne tendait à rien moins qu'à la réforme générale des abus. Seubmient les députi's, tenus en respect par

1. Voy. ord. du 28 déc. d:!."i.i, art. 1, 2, .S, \, y. 9 el 29, Voy. aussi le cliapitre sur l'orf^aiiisalion financière, sur les monnaies el sur Tadminislralion militaire, où uous parlons en détail des pouvoirs des surintendanis. p. 1 i2, 1.jI et 110.

rascend.uit de la puissance royale, n'avaient pas osé définir trop clair(}ment les attributions de leurs eollégues et les investir ouvertement du droit de contrôler Tautorité souveraine.

Ce qu'en 1355 les députés craignirent de tenter, (jiiinze mois plus tard leurs successeurs l'accomplirent. 11 est facile d'explii[uer l'irritation plus vive qui entlammait à une année d'intervalle le zèle des députés : la violation des promesses de décembre 1355, conseillée par les serviteurs du prince, la défaite de Poitiers, due à l'incurie de ses officiers, le royaume désorganisé par leur inexpérience et appauvri par leurs exactions, étaient autant de motifs qui devaient naturellement exciter les trois ordres contre les amis du roi qui entouraient encore le dauphin.

Il faut lire les remontrances rédigées par les dé|)utés dans leurs réunions des Cordeliers pour avoir idée de ce langage honnête où respire l'amour du bien public. .\ travers la diffusion du style apparaît et domine une respectueuse hardiesse, qui devient par moments la critique la plus sévère et la plus juste des actes du roi Jean.

Ce document contient sur l'inexécution d(; l'ordonnance de décembre les plus vives doléances : « Les promesses qui ont esté faictes aux gens des trois estats ne leur ont mie esté tenues, mais au contraire fies choses promises leur a esté faict », et l'ancien conseil « ne soutTriroit pas que le roi y mist remède ' ». Plus de vingt articles de l'ordonnance de mars furent consacrés à rappeler les dispositions méconnues, en leur donnant tantôt une précision plus grande, tantôt une sanction plus énergique.

Le premier comme le plus im])ortant des avis

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