IMPOTS : SUBSIDES ET AIDES
Dans nos sociétés modernes, les finances exercent une action prépondérante. Il n'en était pas de même au moyen âge. Le besoin d'argent, inconnu dans les siècles oii tous les devoirs sociaux étaient des privilèges, apparut avec les premières tentatives d'organisation, et devint en peu de temps l'âme du gouvernement. Avec le xiv*^ siècle, tout se développe à la fois : on voit poindre l'administration française, et, à côté d'elle, les impôts, qui permettront au roi de solder les troupes et de rétribuer tous les services.
Sous l'influence de ce nouvel élément , les États généraux ainsi que les assemblées provinciales se transforment. Les grands du royaume sont appelés non seulement pour entourer le roi de leurs conseils, mai.s pour aider le prince de leur argent. La plupart
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des États généraux réunis depuis le commencement de ce siècle ne sont en réalité convoqués que pour voter des subsides *.
Lorsque les députés assemblés le 2 décembre 1335 eurent accordé au roi 30 000 gens d'armes et cinq millions pour les entretenir, il fallut chercher le moyen de réunir une telle somme. Jusiju'au roi Jean deux sortes d'impôts étaient connus : Ybnpôt personnel et Vimpôt indirect.
Le premier remontait à la dîme saladine, la plus ancienne des aides ^royales, levée en 1188, par Philippe-Auguste avant son départ pour la terre sainte. Quiconque refusait de se croiser avait dû payer pendant un an le dixième de ses revenus et le dixième de sa f(jrtune mobilière ^.
Cet impôt était fondé sur le droit qui appartenait à tout seigneur de convoquer ses vassaux; le roi appelait le ban et l'arrière-ban en indiquant le mode de rachat du service militaire: ce fut, à vrai dire, la première forme de l'impôt en France. C'est ainsi que les nobles, supportant personnellement les charges du service militaire, se trouvèrent au début exemptés do
1. M. Vuitry a consacré <à la crise de 13o.j à 1358 un des plus savants chapitres de ses Étude.t sur' le réfjime financier de lu France. Il faut se reporter à ce que l'auteur a dit de l'adminiàtration financière et des monnaies pour éclaircir ces obscurs problèmes.
2. Les aides et les tailles ne doivent pas être confondues. X l'origine, le mot taille signifiait l'impôt levé sur les roturiers pour le rachat des servages; la faille abonnée est l'origine de la permanence de l'impôt. Vaide était l'impôt accordé au seigneur par son vassal ou au roi par la nation. Par la suite, les tailles signifièrent impôt foncier. Les aides accordées par diverses provinces depuis l'avènemeut du roi Jean ayant pris pour la plupart la forme iudirecle, le mot aide devint presque synonyme d'impôt indirect.