‹ Histoire des États-GénérauxChapitre 8 sur 202 · DES · texte numérisé non relu

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Avant d'exposer quelle a été rinlluence positive des États généraux pendant la période la plus féconde de la civilisation française, il est bon de rappeler en quelques mots les antécédents historiques de cette forme particulière du gouvernement national. Il ne s'agit pas ici d'une de ces institutions que les princes fondent ou que les ministres développent. Il y aunlien secret ([ui rattache plus intimement les assemblées nationales aux origines mêmes de notre histoire. Chaque race a son génie : les unes, vouées à l'obéissance aveugle, demeurent immobiles, sans que les siècles leur apportent la lumière ; d'autres, parvenues du premier bond à un certain degré de civilisation, s'arrêtent, comme si elles avaient perdu la notion du progrès, et vieillissent dans une longue enfance. L'activité virile n'appartient qu'à certaines races privilégiées, douées de cette initiative hardie qui est le principe de toute grandeur. Chez les hommes issus de ces races, l'ardeur de la pensée, le mouvement des idées, le besoin d'action, sont des qualités naturelles qui ont dû laisser lune empreinte sur toutes leurs conceptions.

Comment le gouvernement aurait-il t'cjiappé ù cette loi de leur nature ? De toutes les manifestations de l'intelligence, la conduite des hommes réunis en société, qu'on nomme cette société tribu, peuplade ou nation, est Fanivre la i)lus belle et la plus compliquée. Plus les hommes sont intelligents, plus leur came ardente s'enflamme rapidement aux grandes passions, et plus cette direction est difficile. Il est aisé de commander à un peuple d'esclaves : la force sert d'appui au ])()uvoir. Où domine l'intelligence, la force n'est rien. Heureusement, au-dessus de la puissance matérielle, il y a un point d'appui plus élevé et plus sûr; éclairé par son àme, l'homme possède un libre arbitre : en chaque citoyen réside une volonté préméditée et ferme. Voilà le titre de sa dignité, le fondement de ses droits et de ses devoirs. On peut le convaincre en faisant appel à son bon sens, on ne saurait modifier ses convictions par la violence. Elles échappent à TefTort matériel. Il faut employer contre elles la seule arme (|ui leur convienne, le raisonnement.

Dans une société primitive formée d'hommes jouissant tous d'une intelligence active et dune imagination féconde, quel pouvait être le gouvernement? Devait-il être fondé sur la subordination des sujets à un chef revêtu de noms plus ou moins majestueux, ne relevant que de Dieu seul et n'ayant aucun compte à rendre à ceux quil gouverne? Le régime naturel n'était-il pas plutôt un système mixte, dans lequel les idées auraient été mises en commun, débattues par tous, modifiées par l'accord mutuel et exécutées suivant la volonté générale? Tel est, en effet, le gouvernement que nos pères ont formé dès l'origine.

Les peuples qui habitent le centre et l'occident de l'Europe ont compris les premiers dans l'histoire du monde la nécessité de la délibération commune.

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