I. — il
Hi2 ÉTATS DU ROI JKAN
riaient pas. On comprend (jiiel profit offrait fli-.- lors ce clîangement de système.
Pour accroître la confiance puLllcjuc, l'année suivante, le roi institua- deux réformateurs généraux, avec la mission de faire une gr.ande en(|uète sur le fait des monnaies pour établir la plus scrupuleuse exactitude '.
Six mois plus tard, le roi Jean rendait une ordonnance qui élevait le marc à cinq liyres : c'était la meilleure monnaie de son règne. J.e préambule de celte ordonnance ^ est curieux à lire : le roi vante les nouvelles monnaies « que nous avons mises à si convenable et si juste prix que nous n'y prenons aucun prouffît, le(piel nous y pourrions pircndre si il nous plaisoit ; mais nous voulons (jue iceluy prouflit demeure à nostredit peuple ; et si aucun vouloit aller en Jérusalem ou ailleurs en loingtain pays, si ne pourroit-il porter meilleure monnoye ni à meilleur prix, ni où il peust moins perdre, si elles estoient ortîs despeciées ou brisées ^ ».
Cette fois, le roi tint i>arole. Son fils avait vu de près la misère du royaume ; l'indignation de toutes les assemblées d'États avait laissé dans son esprit des traces profondes ; il avait compris qu'en jouant sur le cours des monnaies, il amassait sur sa tête toutes les haines et donnait un aliment terrible aux fauteurs de troubles. Le marc demeura fixé à cinq livres pendant les trois dernières années du règne de Jean , et Charles V, qui, encore dauphin, avait évidemment inspiré cette mesure, sut le maintenir à ce taux pendant toute la durée de son règne.
i. ,3 mars i;}61. OrcL. t. III, p. 531.
■2. n septembre 1361. Ord., t. II], p. o20.
3. Voir plus bas : Réformes financières de Charles V, où nou* indiquons une cause qui a peut-être exercé une puissante intUience : la nécessité de maintenir lo titre pour le payement de la rançon du roi, p. 197.
MONNAIES
TABLEAU DU PRIX DU iMAMC D'ARGENT '
l.MUQl'ANT L.V VAIUATION DES MONNAIES DANS LA SECONDE MOITIÉ DU QlATOli/.IÉME Slix.l.E
Jean.
IS
ivres