‹ Histoire des États-GénérauxChapitre 87 sur 202 · mai 1339. Ord., t. III, p · texte numérisé non relu

mai 1339. Ord., t. III, p

MONNAIES 161

.lu.s(ju"en mars 1360, le mal n'avait cessé de s'ao ( inilre. Les grains et les denrées étaient tellement cncliéris « que le pauvre conmiun peuple ne pouvoil plus vivre » ; le marc d'argent * valait cent deux livres! r.c royaume était si « grevé et opprimé que à grant peine étoit homme qui au juste paiement de nosdites monnoies de jour à aultre se-peut cognoistre * ».

Au retour du roi commença la réaction contre ce désordre. L'exil avait-il porté ses fruits? Nous en doutons, et, pour notre part, nous en attribuons tout le mérite au daupliin, que ces quatre années de gouvernement avaient mûri. L'ordonnance de Compiègne expose dans un long préambule ^ les maux de la guerre, et range parmi les plus considérables l'affaiblissement des monnaies; puis le roi, après avoir parlé de l'aide qui sera levée pour sa rançon, ajoute ([ue cet impôt sera d'autant plus nécessaire ([ue « à nostre dite forte monnoie aurons nul ou moult petit a([uest et gain, lequel nous pourroit estre très grand, ainsi que

Ichascun peust scav(jir, et aussi pour charger le moins que nous pourrons nostre peuple ». Quelques lignes plus loin, pour prouver sa bonne foi, à laquelle on devait difficilement croire, le roi ordonne que l'aide sera levée « à soulz et à livres, et non pas à taxation de florins; par quoi nous voulons qu'il appert clairement au peuple que nous avons intention et propos ferme de tenir et garder la forte monnoie ». Jusquelà, en effet, les revenus ro^'aux, pour échapper à la dépréciation du numéraire, étaient perçus non à sous et à livres, ce ([ui en eût diminué souvent de moitié la valeur, mais au marc ou au florin d'or, qui ne va-

Page 1