SUR LA FIN DU RÈGME DU ROI JEAN
Sommaire. — Influence de dauphin sur les réponses, p. nii. — Les réformes réalisent sur plusieurs points les vœux des États, p. 176. — États provinciaux, p. 177. — Rançon du roi, p. 177. — Influence des États provinciaux sur le vote de l'impôt, p. 178.— Nouvelle interdiction des guerres privées, p. 179.
Nous avons successivement oxaniiné dans les déli' bérations des députés, dans leurs remontrances, puis dans les grandes Ordonnances inspirées par leur volonté, les vœux des États généraux. Il nous faut voir maintenant l'influence exercée par ce grand mouvement d'idées sur le gouvernement de la France pendant les dernières années du règne du roi Jean.
A cette époque, nous rencontrons à vrai dire deux courants opposés : le roi vieilli, mais non converti par Texil, reparait avec son besoin immodéré d'argent et ses goûts de folles dépenses ; à C(jté de lui, Charles, mûri par les épreuves, s'efforce d'organiser le royaume, et déjà nous trouvons plusieurs actes qui portent à n'en pas douter l'empreinte de sa jeune expérience. Parfois ces deux courants se confondent; il semble que le roi commence à sentir que la bonne administration des finances, en augmentant ses re-
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venus, alimentora plus aisément le faste do son IkMcI. La réaction royale n'avait pas été violente : malgré les ])réambules fort vifs de (iuei(pies ordonnances, rien n'indi({ue ces longues persécutions habituelles aux vainqueurs à une telle époque; on punit, il est vrai, les principaux chefs de la rébellion. On rappela les réformateurs en substituant à leurs procédures extraordinaires le cours régulier des juridictions royales *. La pénurie du Trésor fit recourir à des mesures fâcheuses : on afferma dans tout le royaume les prévôtés, jusquelà données en garde ^ ; mais à côté de ces actes, nous voyons des ordonnances <\u\ semblent préparées en vue de réaliser les vœux des Etats généraux. Toutes les cours de justice réorganisées, en limitant soigneusement le nombre des membres qui les composent, les charges de finances réduites, la défense de donner plusieurs offices au même titulaire, l'établissement d'un conseil hors du(iuel le roi ne peut accorder aucune grâce ni faire aucune libéralité, tous les moyens pris pour annuler d'avance les lettres royales délivrées sans le contre-seing de deux des conseillers du roi, l'examen des comptes de toutes les recettes royales, telles sont les principales mesures renouvelées des grandes ordonnances que le dauphin, dans sa pleine liberté, rendait, avant le retour du roi, le i7 janvier 4359, et que celui-ci s'empressait de confirmer •'. C'est à la même impulsion ([u'il faut attribuer la nouvelle procédure devant le Parlement, destinée à hâter