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GUERRE DU MEXIQUE ; J. K. POLK

Bien que décidée à ne point se départir de son système de conquêtes par la paix et par l'exemple de l'union, la jeune nation américaine avait néanmoins suffisamment prouvé en mille rencontres sérieuses, avec les Anglais aussi bien qu'avec les Indiens, qu'au besoin elle savait combattre et triompher pour la défense et l'honneur de son pays. En entreprenant la guerre du Mexique, était-elle infidèle à son système? Non. Indépendamment de son projet, depuis longtemps connu, de posséder le territoire du Texas au moyen d'un contrat de cession, c'est par un concours de circonstances impérieuses qu'elle se trouva engagée dans une guerre, qu'un parti assez nombreux d'ailleurs, repoussait de toutes ses forces. En effet, les Whigs et les États du Nord considéraient l'annexion comme devant affaiblir les forces de la nation en reculant par trop les frontières, et comme devant donner une trop

grande prépondérance politique et commerciale aux Etats du Sud ; d'un autre côté, ils ne voyaient pas volontiers l'admission dans PUnion d'un nouvel Etat à esclaves.

Depuis de longues années' les Texiens étaient les victimes, non toujours résignées, de mesquines et souvent cruelles vexations de la part du gouvernement mexicain. La différence de langue, de religion, de lois et de mœurs ; une domination violemment imposée, tout concourait à convertir peu à peu une antipathie naturelle en une inimitié profonde. Une explosion d'hostilités eut lieu enfin, et le Texas, en 1836, sans le secours d'un bras étranger, avait bravement et glorieusement conquis son indépendance. Un grand nombre de combats, avec des fortunes diverses, furent livrés jusqu'en 1837 (3 Mars), date mémorable par la victoire de San-Jacinto; en cette journée, le Général Santa-Anna, chef du Gouvernement Mexicain fut fait prisonnier, après avoir laissé plus de 600 des siens sur le champ de bataille. Santa-Anna reconnut alors l'indépendance de ceux qu'il avait opprimés, mais une fois libre, il rétracta sa parole, sous le prétexte qu'elle n'avait pas été donnée par un homme libre. La France et l'Angleterre se joignirent aux Etats-Unis dans la reconnaissance de l'indépendance du Texas.

Enfin, le 28 Février, 1845, une imposante majorité décida de l'annexion ; c'était encore le parti

démocratique qui remportait cette victoire après avoir triomphé, ainsi qu'il a été dit plus haut, par la nomination de J. K. Polk et de G. M. Dallas, comme Président et Yice-Président. Sur ces entrefaites les Mexicains continuaient leur guerre contre le Texas, qu'ils regardaient comme un État insurgé. Le Général Almonte quitta Washington en signifiant au nom de son gouvernement que la promulgation de l'annexion était considérée comme une déclaration de guerre. Un gouvernement fort, comme celui de l'Union, ne redoutant jamais la guerre, est toujours prêt à écouter d'abord la voix de l'humanité : aussi fit-il faire des propositions de paix, qui, vu la jactance des négociateurs mexicains, n'eurent aucun résultat. Le 13 Janvier, 1846, le Général Taylor fut chargé de réunir des troupes, qu'il concentra à Corpus- Christi, à l'embouchure de Rio-Grande, position conseillée par les Texiens. De-là, il se transporta à Point-Isabel, qu'il trouva abandonné et incendié : sur la route il avait été accosté par un officier de cavalerie de troupes irrégulières mexicaines, lequel l'avertit que la limite du Texas était outrepassée. Le 21 Avril, le Général mexicain Ampudia fit savoir que son gouvernement considérait la guerre comme commencée, et qu'il était prêt à la soutenir. Les progrès de l'armée américaine sur des terres dont la possession était en litige entre le Texas et le Mexique, donnèrent 2B

lieu à un nombre infini de récriminations portant sur l'illégalité du passage d'une armée ennemie par ces contrées, qui, à cette occasion, reçurent le nom de territoires disputés. Enfin, le 26 Avril, 1846, un détachement d'une soixantaine de dragons américains, commandés par le Capitaine Thornton, fut attaqué sur la rive Est de Kio- Grande ; seize dragons furent tués et le reste fait prisonnier. Ce furent-là les préludes de cette mémorable campagne qui devait jeter tant de lustre sur les armes américaines.

Nous aimerions à suivre pas à pas les étendards victorieux de l'aigle américaine, mais les engagemens ont été tellement nombreux que nous ne pourrons nous occuper que de quelques-unes des plus importantes batailles.

Le Général Taylor venait de pourvoir à la défense du fort Brown, lorsqu'il se trouva près de Palo-Alto, face à face avec environ 6000 Mexicains, soutenus par de l'artillerie. Tout en n'ayant à sa disposition que 2300 hommes, il s'élance en avant, et après cinq heures d'engagement il a chassé l'ennemi dont il occupe la position. En cette rencontre les Américains ne comptèrent que peu de morts, au nombre desquels se trouva le brave Major Eingold. Les ennemis avaient laissé environ une centaine des leurs sur le champ de bataille (8 Mai).

Trois milles plus loin que le fort Brown, à

l'affaire de Resaca de la Palma, les Américains firent prisonnier le Général La Yega (9 Mai). Trois étendards, les papiers du Général Arista, huit pièces de canon et plus de cent prisonniers, voilà les principaux trophées de cette bataille, où les Américains déployèrent un courage à toute épreuve. L'enthousiasme patriotique prit un essor facile à comprendre. En apprenant ces brillans débuts, 50 mille volontaires et dix millions de dollars, furent mis par le Congrès à la disposition du secrétaire de la guerre.

Quelques difficultés concernant le transport des vivres, qu'il fallait tirer presqu'en totalité des Etats-Unis, furent cause que le Général Commandant en Chef ne put se présenter devant Monterey que le 19 Septembre, 1846. Ayant dû laisser sur toute sa route des garnisons suffisantes, il n'arriva devant cette place qu'avec 6000 hommes. Cette ville solidement défendue par la nature, avait dans ses murs trois mille mexicains, commandés par le Général Ampudia. Ce n'est qu'après des attaques, renouvelées pendant trois jours et demi, que la ville se rendit ; cette brillante affaire fut conduite par les Généraux Quitman et Worth (du 22 au 24 Septembre). Les Américains ne connurent point d'obstacles, se creusèrent des passages à travers les murs en pierres de taille, et pénétrèrent ainsi dans la ville, où ils soutinrent le feu pendant une journée entière. Un armistice de

RÉSUMÉ DE i/HISTOIRE

huit semaines fut signé à la suite de ce brillant fait d'armes ; mais cette suspension d'hostilités ne dura que quatre semaines.

Saltillo, Victoria et le port de Tampico tombèrent successivement au pouvoir des Américains : le Général Kearny s'était emparé pendant ce temps de Santa-Fé et de tout le Nouveau-Mexique, après une marche presque miraculeuse de plus de mille milles, à travers une contrée sauvage et inhabitée. Un autre exemple d'énergie et d'infatigable activité fut donné pas le Colonel Doniphan, qui à la tête de 900 hommes seulement, remporta deux victoires en se rendant de Santa- Fé à Saltillo, à travers le continent, pour opérer sa jonction avec le Général Worth, lequel se trouvait à Chihuahua. Ces deux affaires sont connues sous le nom de batailles de Bracito et de Sacramento; 25 Décembre, 1846, et 28 Février, 1847..

Un fait aussi curieux dans son origine qu'important dans ses conséquences prend naturellement ici sa place. Vers Juin, 1845, le Capitaine Frémont, du corps topographique des Ingénieurs, explorait la route méridionale de l'Orégon, secondé et protégé par une soixantaine d'hommes ; se trouvant en danger d'être attaqué par les Mexicains, il prit sous sa responsabilité de commencer des hostilités et remporta de nombreux avantages avec cette poignée d'hommes de coeur; on peut supposer qu'il conjecturait qu'à ce mo-

ment déjà, la guerre entre son pays et le Mexique avait éclaté, ou allait éclater; dans tous les cas rien d'officiel ne lui était parvenu, et il n'avait aucun mandat pour tenir une conduite si téméraire; son entreprise, bien que couronnée du succès le plus complet, fut désavouée par le Gouvernement. Jugé par une cour martiale à Washington, il fut condamné à la perte de sa commission (1848). L'indépendance de la Californie, proclamée d'abord par un simple Capitaine, fut maintenue. Le cabinet de Washington ayant mûri le projet de la prise de possession de Yera- Cruz, envoya le Général Scott au Mexique en qualité de Général Commandant en Chef, (18 Novembre, 1846); son armée ne se composait que de 10 mille hommes, et le Général Santa- Anna, qui se trouvait à San Luis-Potosi, commandait une force de 22 mille hommes, les meilleures troupes, disait-on, du Mexique. Ce dernier, au lieu de s'opposer au débarquement du Général Scott, alla s'attaquer au Général Taylor, qui le défit complètement à Buena-Vista, bien que celui-ci n'eût guère qu'un corps de 5000 hommes à lui opposer (22 Février, 1847). Les Américains n'avaient plus qu'à se préoccuper de la prise de Yera-Crux, dernière étape de cette glorieuse marche avant d'entrer à Mexico même.

C'est le 9 Mars que le Général Scott débarqua à quelque distance de Yera-Crux, à la tête de 12 2b2

mille hommes; durant quatre jours le canon américain fit entendre sans interruption sa voix formidable ; la résistance des Mexicains ne servait qu'à mettre davantage en relief la constance et ^intrépidité des assaillans. Les ravages de l'artillerie furent considérables dans la ville, qui, consternée et découragée, demanda à capituler au moment où tout s'apprêtait pour l'assaut, (27 Mars). Les articles de la capitulation furent signés dans la nuit. Le 29, l'étendard étoilé de l'Union dominait les murs de Vera-Crux, et fouettait de ses plis orgueilleux les créneaux du superbe château de St. Jean d'Ulloa. On allait prendre le chemin de Mexico. Santa- Anna, à peine remis de sa déroute de Buena-Vista, tenta d'arrêter le vol victorieux de l'aigle américaine avec une armée d'environ 15,000 hommes, qu'il avait réunie après sa défaite, et à laquelle il fit occuper les hauteurs du défilé de Cerro-Gordo. Le Général Twigg, étant survenu, le tint en respect jusqu'à l'arrivée de tout le corps d'armée qui emporta la position d'assaut, et en délogea les Mexicains (18 Avril), en leur faisant trois mille prisonniers, et leur prenant tout le matériel de campagne. C'est avec la même rapidité, le même courage, que furent enlevés Jalapa de Puebla et le château de Pérotès. On approchait de la capitale du Mexique; on en était à 10 milles, à St. Augustin, où toutes les dispositions prélimi-

naîres furent immédiatement prises pour l'occupation de la ville, et obtenir ainsi la récompense de tant d'héroïques efforts. En avant de Mexico, à Contreras, les Mexicains avaient installé un rang formidable de batteries ; un quart d'heure après elles étaient emportées d'assaut (20 Août). Les postes de San-Antonio et de Churubusco subissent le même sort, et l'armée ennemie, quittant les murs d'une ville qui ne leur appartient plus, en est réduite à chercher un refuge dans la citadelle de Chapultepec. C'était le 20 Août ! quel souvenir glorieux pour la Nation américaine ! Neuf mille des siens allaient entrer triomphans dans la capitale ennemie vainement défendue par trente mille soldats mexicains !

Comme on sommait la ville d'ouvrir ses portes, les chefs militaires sollicitèrent un armistice pour traiter de la paix. Se croyant invincibles dans leur forteresse, ils eurent l'incroyable et folle prétention de parler presqu'en vainqueurs: la réponse des Américains fut de reprendre les armes. Le 7 Septembre, le Général Worth commença l'attaque des forts avancés, défendant le corps principal de la citadelle de Chapultepec, qui est bâtie au sommet d'un rocher à pic, élevé de 150 pieds au-dessus du sol. Les positions de Molino del Rey, de Casa-Mata, furent enlevées par l'artillerie, mais en sacrifiant le quart de ses hommes. Enfin, la citadelle elle-même tomba

RESUME DE i/HISTOIRE

au pouvoir des Américains après un engagement dans lequel les ennemis, acculés dans leur dernier retranchement, déployèrent en vain toute l'énergie du désespoir.

Alors les étoiles de l'Union scintillèrent au point culminant de la citadelle de Mexico, et l'ombre étonnée de Montezuma se demanda quels étaient ces astres nouveaux, dont l'éclat avait éclairé la nuit de son long sommeil !

C'est avec surprise que les nations européennes ont vu les Etats-Unis, qui en temps de paix ne comptent que 10 mille hommes de troupes, entreprendre une guerre contre le Mexique ; l'opinion généralement admise était que de longtemps, cette nation, si jeune encore, ne serait en état d'entreprendre une guerre à l'extérieur. Mais on a vu combien grande était l'erreur: on a appris, et l'on n'oubliera pas, que la jeune Amérique peut disposer d'une armée permanente de deux millions de soldats-citoyens, toujours prêts à combattre pour l'honneur de la Patrie, et la défense de leurs foyers, et sachant se battre aussi bien que les armées à gage des nations de l'ancien monde.

La paix avec le Mexique fut conclue par le traité de Guadalupe-Hidalgo (Février, 1848). Entre autres clauses, les Etats-Unis s'engageaient à évacuer le pays conquis dans l'espace de trois mois, et obtenaient la cession du Nouveau-Mexique et de la Haute-Californie, moyennant la

d'amérique.

somme de 15 millions de dollars. Une contribution de guerre, devant servir en partie à couvrir ce coûteux achat, fut levée sur les vaincus.

L'étendue générale du territoire des Etats-Unis (1854), est de 3 millions 250 milles carrés. Les États sont au nombre de 31. Il y a en outre neuf territoires dont six sont organisés. En 1840 la population était de 17 millions, 068,666 habitans; aujourd'hui on en compte 23 millions, 263,000. Augmentation en 10 années : 6 millions, 194,334.

On savait déjà à cette époque quelles richesses minérales en or et en mercure recelait le sol californien ; mais de nouvelles découvertes ont prouvé qu'on devait les évaluer au double. D'après le journal anglais, The Economiste du 17 Septembre, 1853, cette contrée aurait déjà rapporté 40 millions de livres sterling ; ce qui fait environ un dixième de tout l'or, qui jusque-là existait dans le monde.

Le 23 Février, l'ancien Président, J. Q. Adams, mourut subitement dans le Capitole même ; voici ses dernières paroles : " This is the last of earth !" que l'on peut interpréter ainsi: "Ainsi tout finit sur la terre!" (1848.)

L'Europe est en proie à une fermentation générale ; les rois ne se sentent plus en sûreté sur leurs trônes, dont les marches, trop souvent arrosées de sang, menacent ruine et s'ébranlent sous les efforts des nations opprimées. L'explosion

RÉSUMÉ DE l/HISTOIRE

de 1848, en France, a réveillé de leur torpeur les victimes des despotes, dont quelques-uns disparaissent devant le souffle de la colère populaire. Mais la France, elle-même, trompée dans sa confiance chevaleresque, n'a eu qu'un rêve de liberté, et son réveil dans les fers n'en a été que plus douloureux.

SECTION QUATRIÈME

z. taylor; m. fillmore; f. pearce.

Le 4 Mars, 1849, a eu lieu l'inauguration du Président Z. Taylor, le héros de Rio-Grande. Son administration n'a duré que seize mois ; sa mort a eu lieu le 9 J uillet, et il fut immédiatement remplacé par M. Fillmore. Pendant la courte présidence du Général, on doit remarquer, entr'autres actes, la formation d'un Bureau de l'Intérieur, mesure rendue indispensable par l'augmentation continuelle du nombre d'immigrans.

La présentation au Congrès de la Constitution de la Californie, a soulevé un orage tel, qu'on put craindre un moment la scission des Etats. La question de l'esclavage en était la cause.

La célèbre loi du compromis, présentée par H. Clay, a calmé les passions, en amenant les partis à des concessions mutuelles. Cet orateur éminent, a obtenu en cette circonstance, l'un de ces grands

triomphes qui font époque dans les fastes d'une nation. D. Webster, son rival en éloquence, a puissamment concouru à ramener les esprits au sentiment de cette union fraternelle, qui est un objet d'admiration et d'envie pour les autres peuples.

Sous le nouveau Président, le Bassin oriental de la Californie, comprenant la colonie des Mormons, a été érigé en territoire, sous le nom indien d'Utah, et la contrée qui s'étend depuis l'Orégon jusqu'aux possessions mexicaines, fut admise au rang d'Etat.

C'est le 4 Décembre que, sur l'invitation expresse du Congrès, et malgré la plus vive opposition de l'Autriche, L. Kossuth a touché le sol de la vraie liberté ; l'accueil qu'il a reçu, ne peutêtre comparé qu'à celui fait en 1824 à l'immortel Lafayette.

Deux compagnies Américaines se sont formées, l'une pour percer un canal navigable à travers le territoire de Nicaragua, l'autre pour l'établissement d'un chemin de fer à travers l'Istme de Téhuantépec; sur ces deux voies de communication entre les deux océans, on a compté durant l'année 1852, 25 mille voyageurs se rendant en Californie, et 20 mille de retour.

La valeur des exportations en produits domestiques, durant la dernière année fiscale, comparée à celle des années précédentes, a présenté un ex-

cédant de 43,646,322 dollars, et la dette publique a été réduite de 495,276.79 dollars.

Quelques malentendus, concernant les limites respectives assignées aux pêcheurs Anglais et Américains, ont fait naître des craintes de rupture, mais à la suite d'explications loyales de part et d'autre, toute trace de mésintelligence a disparu.

Une expédition en violation directe avec les lois des Etats-Unis, conduite par le général espagnol Lopez, a été dirigée contre l'Ile de Cuba pour la rendre indépendante de l'Espagne, et l'annexer aux Etats-Unis. Un assez grand nombre de citoyens américains accompagnaient l'aventureux général qui, fait prisonnier, périt sur l'échafaud (Août, 1851). Cette malheureuse tentative perdit beaucoup de son intérêt chevaleresque, lorsqu'on eut appris que la cupidité y jetait un triste reflet. Quelques personnes avaient fait des avances considérables d'argent pour se procurer des Bons Cubains, émis par Lopez, pour le paiement desquels on avait engagé les terres et les propriétés de l'Ile.

Des difficultés survenues entre le Gouvernement Français, et celui des Iles Sandwich, ont reçu une heureuse et prompte solution, grâce à l'intervention des principales puissances, et surtout à l'initiative des Etats-Unis, qui ont à cœur Tindépendance ïïavaïenne comme une condition né- 2 C

RÉSUMÉ DE i/HISTOIRE

cessaire dans leurs rapports commerciaux avec la Californie et l'Orégon.

Une révolution fondamentale a éclaté en Chine, à l'effet d'y renverser la domination tartare ; suivant quelques opinions, Pélément chrétien ne serait pas étranger à cet immense mouvement. En conséquence de cette situation, le Gouvernement Américain a envoyé le Commodore Perry, à la tête d'une petite escadre pour ouvrir des relations avec le Japon, dont la position géographique serait si avantageuse pour les relations commerciales avec la Chine.

Les deux illustres orateurs et hommes d'Etat, H. Clay et D. Webster, sont morts cette même année (1852).

Le Général F. Pierce.

On comprendra le sentiment de réserve qui nous empêche de porter un jugement sur une administration en cours d'activité. Les actions, pour être jugées convenablement et en toute impartialité, veulent être vues, ainsi que les objets et les perspectives, à une certaine distance. Laissant donc à l'historien futur cette tâche importante, nous raconterons simplement les événemens les plus saillans de l'année 1853.

Le parti démocratique a remporté une victoire signalée et qui a complètement surpris le parti

d'Amérique.

opposé : en Décembre, 1852, le Général F. Pierce a été élu à une immense majorité.

L'année 1853, sera inscrite parmi les plus funestes par les catastrophes qui sont venues, presque quotidiennement,] eter la ruine et le deuil au milieu de populations paisibles et industrieuses. L'imprévoyance et une fiévreuse impatience de dévorer l'espace ont augmenté de beaucoup le nombre de ces désastres, qu'il serait trop long d'énumérer. Cependant nous mentionnerons la journée du 6 Janvier, où un train de wagons remplis de voyageurs est sorti de la voie, sur la route entre Boston et le Maine, renversant dans un précipice un grand nombre de personnes; le Président se trouvait parmi elles avec sa femme et leur fils, âgé de 12 ans, qui fut tué sur le coup. Incendies, collisions, abordages sur mer, "wagons précipités dans les rivières, explosions de chaudières et naufrages épouvantables où l'on comptait les victimes par centaines à la fois, voilà ce qui venait à tout moment attrister les esprits, que consolaient en partie les récits d'actes nombreux de dévouement héroïque. Mais ce n'était pas assez de malheurs. La fièvrejaune, ce mal hideux que la science n'a pu encore prévenir, ni combattre, s'est abattue avec une rage sans exemple sur la ville de la Nouvelle- Orléans. Ce fléau, non content du tribut annuel que lui paie si régulièrement ce pays, a voulu

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contribuer pour la plus large part aux hécatombes de cette fatale année. On a constaté jusqu'à 814 victimes en une seule semaine. De toutes parts de l'Union des secours en argent et en nature ont été envoyés aux survivans dans la détresse. L'horrible naufrage du San-Franciseo, et l'incendie de Métropolitan Hall à New- York ont surtout frappé les esprits par les proportions colossales du nombre des victimes et des pertes en argent (1854).

Donnant l'exemple du courage et de la résignation, le Président dirige avec fermeté et sagesse les affaires publiques, dont les difficultés peuvent se compliquer d'un moment à l'autre d'événemens graves survenus en Europe, ainsi qu'on le verra plus loin.

Désirant mettre un terme à des restrictions nuisibles ou du moins inutiles pour le commerce avec la France, on a commencé des négociations qui aboutiront à un traité également avantageux pour les deux pays.

Si les Etats-Unis considèrent de leur intérêt politique de ne pas intervenir, pour le moment, dans les affaires des autres nations, ils ne manquent point de prouver à chaque occasion favorable, qu'ils ne redoutent aucune puissance étrangère. C'est ainsi qu'un Capitaine de la marine américaine, Mr. Ingraham, se trouvant à Smyrne a arraché de vive force des mains des agens de l'Autriche, M. Koszta, né hongrois, mais ayant

droit à la nationalité américaine. Le Capitaine Ingraham a eu l'approbation clu Gouvernement et de la nation entière, qui lui a décerné les récompenses les plus honorables.

Les Etats de l'Amérique centrale sont loin d'avoir trouvé la paix et l'union dont jouissent les autres Etats; aussi le Congrès a-t-il institué une Commission chargée d'étudier les causes de ces déplorables dissensions afin d'y apporter un prompt remède.

Les finances se trouvent dans la situation la plus prospère, et telle que peu de grandes puissances peuvent en présenter d'analogue. Le tableau suivant, extrait du message présidentiel, en est la preuve irrécusable:

"A la fin de l'exercice échéant le 30 Juin, 1852, il y avait dans le trésor une balance de $14,632,136. Les revenus publics pour l'année fiscale finissant le 30 Juin, 1853, se sont montés à $58,931,865 provenant des douanes, plus $2,405,708 pour ventes de terres publiques et autres, s'élevant ensemble à $61,337,574. D'un autre côté, les dépenses publiques pour la même période, déduction faite des paiements pour compte de la dette publique, ont été de 843,554, 262; il est donc resté une balance de $32,425,447 de recettes au-delà des dépenses."

Une rencontre assez sérieuse a eu lieu le 24 Août, entre les troupes américaines, commandées 2c2

par le Général Lane et les Indiens de la rivière Kouge, dans le territoire de l'Orégon.

On sait que le rêve constant de la Kussie a été la possession de Constantinople. Sous le prétexte que la Turquie aurait violé des traités, concernant le droit de la Russie à étendre sa protection sur quelques-uns des Lieux-Saints, cette dernière puissance a envahi les principautés du Danube ; des hostilités s'en sont suivies, avec des chances diverses pour les deux parties belligérantes, jusqu'à ce qu'enfin les flottes combinées de la France et de l'Angleterre, sont entrées dans la mer Noire pour maintenir l'intégrité du territoire Ottoman. On ne peut prévoir encore si une guerre générale ne sortira point de ce premier et grave conflit.

En présence des miracles de civilisation accomplis en un si court espace de temps par le peuple de cette grande et riche contrée, certes le champ est vaste et belle la moisson pour les faiseurs de politique spéculative et de fantaisie. Nous ne les suivrons pas dans leurs rêves ; cependant les esprits, même les plus modérés, les moins aventureux en conjectures, se demandent où va une nation qui tous les vingt-cinq ans double sa population au milieu d'une paix profonde ; une nation qui s'agrandit tous les jours, et qui, plus elle s'étend, plus elle semble, comme Antée, gagner de nouvelles forces ; une nation riche, indus-

trieuse, et aussi vaillante à la guerre, que sage et modérée en temps de paix ; une nation enfin, qui dans les sciences et dans les arts, est déjà la digne émule de plusieurs des contrées de 1' ancien continent, et jette pour son passe-temps des fortunes aux plus grands artistes de l'Europe.

Ne semble-t-il pas que la même main qui élève et renverse les empires, guide visiblement ce peuple favorisé entre tous, vers un but mystérieux, imprimant à sa marche une force fatalement irrésistible ? Voyez ! Rien ne l'arrête î Ni la barbarie à refouler au loin ; ni la domination d'un peuple puissant à renverser ; ni la faillite simultanée des banques, entraînant la perte de plusieurs centaines de millions de dollars ; ni une immigration annuelle au chiffre formidable de près de 300 mille personnes ; ni le ver rongeur de l'esclavage, qu'un parti puissant, en Amérique même, essaie en vain d'écraser sous ses pieds; ni le fracas des trônes qui s'écroulent, et la voix des peuples, qui avant le temps se soulevant au cri de liberté, retombent accablés sous le poids de chaînes encore plus pesantes; ni les appels si chaleureux, si entraînans, du plus éloquent des martyrs du despotisme ; ni enfin les holocaustes par centaines de ses propres enfants, qu'un inconcevable besoin d'agir vite, et d'abréger les distances, autant que la fatalité, immole si souvent au dieu aveugle et puissant de la mécanique, dont

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