CHAPITRE VII
Formation de la Compagnie des marchands. Sir Henry Hudsou entreprend un voyage pour le compte de cette compagnie. Il crée une première colonie hollandaise, pénètre dans le fleuve Hudson. A son retour, il s'arrête en Angleterre; il y est retenu prisonnier et cède aux instances de ses compatriotes pour partir à la découverte du passage maritime des Indes. Il pénètre dans le détroit d'Hudson où son équipage épouvanté Tabandonne dans une chaloupe. •— Les Hollandais s'attribuent la possession de cette partie du continent qu'ils nomment Nouveaux Pays-Bas. — Adrien Block; fondation de la ville de New-Amsterdam. — Récapitulation des prétentions de TËspagne, de la France^ de l'Angleterre et de la Hollande au sujet de leurs droits respectifs de possession en Amérique.
Durant tout ce temps, les Hollandais n'avaient semblé prendre qu'un intérêt très-médiocre à ce qui se passait dans le Nouveau Monde. Cependant, vers le commencement du dix-septième siècle, cette nation sortit de son indifférence, et une compagnie de marchands fut organisée en vue de fonder quelques postes commerciaux et quelques colonies en Amérique.
Le capitaine sir Henry Hudson, dont l'Angleterre refusait de reconnaître les qualités exceptionnelles parce qu'il n'avait pas su découvrir la route maritime des Indes, accepta les propositions qui lui furent faites par cette compagnie. Au mois d'avril 1609, sir îludson s'embarqua sur un yacht appelé <t Demi-Lune^ » et après une navigation de deux mois, dirigée un peu
au hasard, entra dans la baie de New-York. Il créa à cet endroit le premier établissement hollandais sur les côtes américaines, puis, poursuivant le but de son voyage, il visita la baie de Sandy Hook et pénétra dans le beau fleuve auquel il a laissé son nom. Pendant plus de huit jours, sir Hudson en remonta le cours et, au mois d'octobre, il remit à la voile pour retourner en Hollande. Mais, en passant devant les côtes de l'Angleterre, il ne put résister à la tentation de faire briller aux yeux de ses compatriotes le succès de son expédition et jeta l'ancre dans le port de Dartmouth. Aussitôt qu'il apprit cette nouvelle, le roi d'Angleterre Jacques P', agissant sous l'empire de son caractère jaloux et tyrannique, déclara que sir Hudson, étant Anglais, ne pouvait servir un autre pays que le sien, et en conséquence confisqua son navire. Toutes les démarches et réclamations de sir Hudson furent inutiles, et il ne réussit qu'à envoyer en cachette une relation détaillée de ses découvertes à la compagnie hollandaise qui l'avait employé. Les négociants anglais revinrent alors sur leur opinion, .et mirent un navire à la disposition d'Hudson pour recommencer sa première entreprise, c'est-à-dire pour rechercher la route des Indes. Sir Hudson céda à leurs pressantes sollicitations, et, au commencement de l'année 1610, il quittait l'Angleterre qu'il ne devait jamais revoir. Après avoir vainement cherché, vers le 40*^ degré de latitude nord, la fameuse passe aboutissant à l'océan Pacifique, Hudson remonta au nord, pensant