‹ Histoire des États-Unis d'Amérique depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 5 sur 82 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Disposition des esprits au quinzième siècle. Croyances répandues au sujet de la terre. — Christophe Colomb, Incertitude sur le lieu et la date de sa naissance. Ses premières années. Son mariage. Colomb conçoit le projet de rechercher de nouvelles terres. Il fait part de son dessein à la ville de Gênes, qui le repousse. Il le présente au roi de Portugal et ne réussit pas mieux. Il retourne à Gênes, renouvelle sa proposition et essuie les mêmes dédains. Il veut faire connaître son projet au roi d'Angleterre, qui refuse de l'écouter. Venise rejette les offres que Colomb lui fait. Colomb trouve un protecteur.il obtient une audience des souverains de l'Espagne. Rejet de la proposition de Colomb. Colomb se décide à quitter l'Espagne ; ses ofifres sont acceptées. Première expédition. — Découverte des îles San-Saivador, Santa-Maria, de la Conception, Fernandina, Isabella, Cuba et Haïti. Colomb retourne en Espagne. Il dirige successivement une deuxième et une troisième expédition. Découverte du nouveau continent. Après un quatrième voyage, il revient en Espagne et meurt. — Remarques sur son caractère.

Cinq cents ans s'étaient écoulés depuis Tépoque où r Amérique avait été entrevue pour la première fois. Les ténèbres du moyen âge s'étaient dissipées et l'Europe semblait avoir acquis une nouvelle vigueur. Une grande activité commerciale reliait entre elles les nations européennes ; des voyages étaient entrepris dans toutes les directions ; les croisades^ enfin^ avaient développé l'importance maritime de certaines villes italiennes telles que Pise, Gènes et Venise ; le goût du luxe dominait partout, et de grandes relations commerciales

s'étaient établies entre toutes les nations de l'Europe méridionale d'une part, et les Indes et la Perse de l'autre. Les châles, les soieries, les pierres précieuses et les épices qui arrivaient de ces pays étaient fort recherchés, et chacun prenait un vif intérêt à la lecture des livres de voyages. Marco Polo venait d'écrire le récit de ses courses ; d'autres racontaient les merveilles que renfermaient le Japon et la Chine dont le sol, disaientils, scintillait de l'éclat des rubis et des diamants qui le recouvraient et où les perles étaient aussi abondantes que les cailloux en Europe.

Tous ces récits devaient forcément enflammer l'imagination, et l'on ne songeait plus alors qu*à trouver les moyens d'arriver aux Indes par la mer, afin d'éviter des transports et des voyages longs et pénibles.

D'Italie, en effet, il fallait aller à travers la Méditerranée jusqu'à la mer Rouge, puis par caravanes sur le dos des chameaux par l'intérieur des terres jusqu'au pays des épices et des pierreries.

La terre était généralement considérée comme une vaste plaine dont tous les bords étaient entourés par un Océan immense. Quelques géographes, mieux instruits, avaient déjà conçu l'idée de sa rotondité, mais^ d'après leurs calculs, ils croyaient le globe infiniment plus petit qu'il n'est en réalité. Us pensaient, en outre, que l'Asie s'étendait beaucoup plus loin à l'est, de sorte qu'en partant d'Europe et en suivant une route occidentale, on devait, après un très-court voyage, arriver à la côte orientale du seul continent connu.

Washington Irving, parlant de la découverte de l'Amérique, dit : « Il est singulier combien le succès de cette grande entreprise a été la conséquence de deux hasards heureux: 1° Textension imaginaire de l'Asie à l'extrême est, et. 2® la petitesse supposée de la terre. Ces deux erreurs étaient Topinion des plus érudits et plus profonds philosophes du temps, et certainement si Colomb n'y avait attaché pleine croyance, il ne se serait pas lancé dans son entreprise. »

CHRISTOPHE COLOMB* « Fou sublime insulté par des sages vulgaires. »

(Casimir Delavigne.)

Le lieu et l'époque de la naissance de ce grand homme ont soulevé de longues et vives controverses. Plus de dix endroits diflFérents se sont disputé la gloire de lui avoir donné le jour.

Certains auteurs le font naître à Nervi ou à Bugiasco, petits bourgs des environs de Gênes, d'autres à Savone ou à Plaisance, et enfin des savants tels que Augustino Giustiniani, Antonio Gallo, Muratori, Washington Irving et le baron de Humboldt affirment qu'il naquit dans la ville de Gênes même. Christophe Colomb, dans son testament, semble trancher la difficulté : il dit positivement qu'il est né dans la ville de Gênes*.

Quant à la date précise de sa naissance, elle reste, comme tous les autres événements de sa vie qui sont

^ Colomb, en italien, Colombo; en espagnol, Colon ou Colomo; en latin, en anglais et en allemand, Columbus, * Biographie générale^ t. XI.

antérieurs à sa correspondance avec Toscanelli (1474), enveloppée d'une profonde obscurité. Les différentes hypothèses relatives à Tâge de Colomb, dit le baron de Humboldt, laissent une incertitude de vingt-cinq ans. Ainsi, tandis que quelques auteurs donnent les dates de 1430, 1436, 1441, 1445, 1446, 1447, 1449, Willard, dans son Histoire des États-Unis^ croit être sûr de Tannée 1455. ''

Son père, Dominique Colomb, était fabricant d'étoffes de laine, « olim textor pannorum^ » à Gênes ; une de ses sœurs se maria avec un charcutier, ce qui indique, bien qu'on en ait dit, que Christophe Colomb n'était point gentilhomme, mais appartenait, au contraire, à une des familles les plus pauvres d'Italie. D'ailleurs, son instruction fut tout élémentaire, car il n'apprit, dans son enfance, qu'à lire et à écrire. Plus tard, il acquifc quelques notions d'arithmétique, de dessin et, vers l'âge de dix ans, il fut envoyé à l'université de Pavie, où il étudia la géométrie, la géographie et l'astronomie, alors appelée science de la navigation.

A quatorze ans, il quitta l'université, se sentant pris d'un irrésistible penchant pour la mer, et s'embarqua. Il fit partie de plusieurs expéditions, soit sur la côte de Guinée, soit sur les vaisseaux de Gênes alors en guerre contre Venise.

Entre ce moment et l'époque où il vint en Espagne, il est difficile de dire avec précision ce qu'il fit. On sait toutefois qu'en 1470, Colomb épousa une jeune de-

moiselle noble dont le père avait été l'un des navigateurs au service de l'infant Don Henri de Portugal. Sa belle-mère, devenue veuve peu de temps après cette union, pria Colomb et sa femme de venir habiter avec elle et les entretint souvent des voyages et des découvertes de leur père; enfin, elle remit à son gendre les cartes, les mémoires et les instruments nautiques dont s'était servi son mari.

L'imagination de Colomb fut tellement enflammée par ces entretiens qu'il conçut des idées de découvertes et commença à nourrir le projet qui, par la suite, ne fit que grandir, de rechercher de nouvelles terres. D'après les écrits laissés par de précédents navigateurs et les récits de quelques marins entraînés par des tempêtes, il supposiait qu'il en existait sur la rpule entre l'Europe et les Indes occidentales et il croyait devoir forcément y arriver en se dirigeant de l'est à l'ouest. De plus, la passion des voyages et des découvertesi qui régnait alors sur l'Europe ne pouvait qu'exciter Colomb et entretenir son enthousiasme.

Il faut remarquer ici que Colomb mêla toujours à ses méditations un sentiment éminemment religieux ; il se croyait même, dit-il, dans une de ses lettres, comme choisi par le ciel pour Taccomplisseracnt de grands desseins.

Colomb fit part de son projet à la ville de Gênes, son pays natal, et demanda qu*on lui fournît les moyens de l'exécuter, mais sa proposition, traitée de chimérique, fut rejetée*

C*est soos rimpression de ce refîis qu'il fut appelé à la cour du roi de Portugal, Jean II, auquel il exposa sesTues. Le roi, peu cooTaincu d'abord, consentit ensuite ; pourtant on ne put s'entendre sur la récompense à accorder à Colomb en cas de réussite. Pendant le temps de cette négociation, le roi, sur le conseil que lui en donnèrent quelques courtisans peu scrupuleux, organisa secrètement une expédition et une caravelle fut envoyée sur la route qu'avait indiquée Ck)lomb. Après une navigation assez longue, le pilote, ne voyant devant lui que l'immensité de la mer et n'ayant aperçu aucune terre, revint à Lisbonne ; puis, afin de détourner de lui tout blâme pour n'avoir pas persévéré et poussé plus loin ses recherches, il s'efforça de tourner en ridicule l'entreprise de Christophe Colomb.

Sur ces entrefaites^ la femme de Colomb étant morte, celui-ci quitta le Portugal avec son fils Diego, vers Tannée 1484. Enfin, désireux de faire rejaiUir sur la ville où il était né la gloire qu'il devait retirer de sa découverte, il retourna à Gènes, renouvela ses offres aux magistrats, mais n'essuya que de nouveaux dédains.

De là, Colomb alla en Espagne et dépêcha son frère au roi d'Angleterre, Henri VII, qui refusa de l'écouter et même de le recevoir.

Il communiqua aussi son projet aux Vénitiens; là encore il échoua.

Malgré tous ces insuccès, il ne se laissait pas

abattre et, loin d'abandonner ses idées, il puisait, pour ainsi dire, une nouvelle force dans sa mauvaise fortune. € Non fregit eum, sed erexit^ > comme dit Népos, de Thémistocle.

. Enfin, un jour, en se rendant à Huelva, Colomb, dénué de tout, frappa à la porte d'un couvent de franciscains dédié à Santa Maria de la Babida, et pria le portier de lui donner un peu de pain et de Teau pour son fils Diego qui l'accompagnait. Le prieur du couvent, Juan Ferez de Marchena, homme fort instruit surtout en géographie et en science nautique, survint à ce moment et fut frappé de la noble fierté et de Tintelligence qu'exprimaient les traits de Colomb. Il lui fit raconter sa vie et ses projets, et s'intéressa tant à lui qu'il le persuada de rester quelques jours au couvent.

Au printemps de l'année 1486, Colomb se rendait à la cour d'Espagne, muni d'une lettre de recommandation que lui avait donnée son bon ami le prieur du couvent de la Rabida pour Fernando de Talavera; ce personnage, prieur du Prado et confesseur de la reine Isabelle, jouissait d'une grande autorité auprès de cette princesse.

Néanmoins, comme la politique et les guerres contre les Maures absorbaient Tattention des deux souverains des royaumes de Castille et de Léon, Colomb ne put se faire entendre d'eux, et, se trouvant sans ressources, il dut gagner son pain en copiant des cartes de géographie.

Après beaucoup de démairiches et de peines^ il réussit à ise créer quelques appuis à la cour^ et fut reçu par le roi Fertlinand et la ireine Isabelle, qui nommèrent une commission de savants à l'effet de coûtrôlet les chaiices de suclcès du projet qui leur était sOutnis. Cette commission se réunit à Salamanque^ et ce fut en cette circonstance qu'on renouvela à Christophe Colomb, à propos de la sphéricité de là terre dont il se montrait un chaud partisan ^ cette grande objectioti des antipodes tirée de Lactânce et qu'on lui dit avec cet auteur : c Est-il rien de plus absurde que de croire qu'il y a des antipodes ayant leurs pieds opposés aux nôtres, des gens qui marbhent les talons en l'air et la tête en bas ? Qu'il y à une partie du monde où tout est à l'envers^ où les arbres

poussent avec leurs branches de haut en bas, tandis qu'il pleut, qu'il grêle et qu'il neige de bas en haut * ? ï Malgré toutes les explications que fournit Colomb à cette assemblée^ son projet fut rejeté comme vain et irréalisable. En 1491, communication lui fiit donnée de la décision de la commission et il retourna à Séville, le désespoir dans l'âme.

Ses instances à la cour d'Espagne avaient duré six ans qu'il avait employés à augmenter encore ses connaissances nautiques et géographiques par la fréquentation des bibliothèques. Il retira un grand profit de la lecture de l'c Imago Mundi » du cardinal Pierre

* Biographie générale, t. XI.

d'Ailly, qui lui mit sous l'es yeux la narration complète des voyages tentés par de précédents havigateurs.

Sur le point de quitter l'Espagne poUî» se rendre en France où l'appelait le roi Charles VIII, il retourna au couvent de Ik Rabida potir y reprendre son fils Diego qui y était restée mais le prieur, aussitôt qu-il eut connàissatlce du dessein de son protégé, fit tiEint et si bien par lui et par ses aniis, qu'Isabellie, reine de Castille, et son épdilx Ferdiiiand consentirent aux demandes qùô . faisait Colottib et aux conditions

qu'il stipulait : étt bas de réussite, il devait être investi de la chaî'ge et des jJriviléges d'amiral et de vice-roi des pays qu'il découvrirait^ avoir le dixième de Tôr, des pierreries et des bénéfices qui reviendraient au royaume de Castille Soit pkt là conquête, soit par le cottimerce. Enfin, il reçlit les autorisations nécessaires ipour jirocédër à l'armërdent de trois vaisseaUx.

Deux navires lui furent fournis, après de nombreux délais et de gmudës difficultés^ par les habitants de Palos; Colomb supporta lui-iuême lès frais de l'arUlemetit du troisième, aidé en cela par les deUx frères Martin Alonzo et Vincent- Yanez Piiizoïi. L'aîné de bes deux hommes, VinceUt-Yanez, était deptiis peu de tenlfs de retouf d'un voyage à Rome, lorsqu'il fit connaissance avec Cdlômb. Mais déjà il avait entendu parler des projets du Génois et avait résolu de s'y associer. Il gagna son frère à cette résolution, et tous

deux proposèrent à Ck)lomb de partager les hasards et les dépenses de l'expédition.

Ce fut donc avec les trois bateaux qu'il était ainsi parvenu à réunir et dont deux n'étaient que des barques légères, non pontées, appelées caravelles, que Colomb entreprit la découverte du Nouveau Monde *.

Toutefois, il ne faudrait pas s*étonner outre mesure du courage qu'aurait témoigné en cette circonstance Colomb, car dans son journal de bord parlant des trois navires composant son expédition, il les trouve c trèsconvenables pour une pareille entreprise, b

Christophe Colomb arbora son pavillon sur la Santa- Maria, et les deux autres bâtiments, la Pinta et la Nina^ eurent, comme commandants, les deux frères Pinzon.

Enfn, le vendredi 3 août 1492, après avoir entendu la messe et reçu la communion des mains de son ami le prieur de la Rabida, Juan Ferez, Colomb, plein de confiance dans la protection divine, partit du port de Palos.

On relâcha, d'abord, aux îles Canaries pour réparer Tun des vaisseaux, puis les trois navires remirent à la voile pour se lancer dans l'entreprise la plus audacieuse dont l'histoire fasse mention.

Un mois s'était à peine écoulé depuis leur départ que le mécontentement et les murmures commencèrent à se faire entendre parmi les compagnons de Colomb :

* Biographie universelle de Micbaud.

plusieurs, le traitant de fou et d'halluciné, proposèrent de le jeter à la mer et de retourner en Espagne. Colomb s'aperçut de la disposition de leurs esprits et imagina de les tromper en faussant sur les livres de loch (et à cause de cela il eut soin de les tenir en double) la longueur du parcours déjà fait que chaque jour il inscrivait.

Après avoir apaisé plusieurs révoltes que les équipages des trois vaisseaux avaient commencé à soulever contre lui, Colomb, les 16 et 17 septembre, vit flotter sur la mer des herbes qui semblaient détachées de rochers; en ayant recueilli, il y trouva un crabe vivant, c indice certain, disait-il, de la proximité de la terre. »

Chacun reprit courage et, le 18 septembre, Martin- Alonzo Pinzon, commandant de la Pinta^ aperçut une multitude d*oiseaux voler vers le couchant ; ce fait lui fit concevoir, ainsi qu'à Christophe Colomb auquel il en fit part, l'espérance de découvrir la terre avant que le jour ne. fût passé.

Les preuves de Texistence d'une terre voisine devinrent de plus en plus fréquentes et entretinrent ainsi les espérances de tous, mais bientôt elles disparurent et ce n'est que le 1*' octobre que des indices analogues furent de nouveau aperçus.

Le 11 octobre, la Pinta recueillit sur la mer un bâton artistement travaillé et dans un genre inconnu jusque-là. Dans la soirée du même jour, pendant les premières heures de la nuit, on aperçut, au loin en avant,

une lumière et, peu de temps après, un marin de la Pinta, nommé Rodrigo de Trianà, vit une masse obscure dans laquelle^ quand elle devint plus nette, on -reconnut la terre.

C'est donc le vendredi 12 octobre 1492, â deux heures du matin ^ que le Nouveau Monde fut découvert par Christophe Colomb, après une traversée qui n*a vait pas duré mdifas de soixante et onze jours.

La terre sur laquelle le lendemain les trois équipages débarquèreiît, cette tertfe, promise par Christophe Colomb, était l'île San-Saltadbr, nom que lui doniiist Colomb en en prenant possessiôh àii nom de ses royaux protecteurs;

Sur les indications que lui donnèrent les naturels de l'île, Colomb repartit avec ses iiàvires à la recherche d'autres îles et découvrit aiilsi lés îles Sanlà-Maria, de la Cbricèptîon, Ferriandinà et Isàbella, et arriva enfin à cuba. C'est dâûs cette dernière île qufe les Espagnols virent, pour la preiuièrë fdis, des Ihdieiis qui tenaient à la main des rouleaux minces de feiiilles sèches alliimes par l'un des botits et dôîit ilë aspiraient la funlée. Les Iridiënâ hbUimaifeiit ces rbiilëâux « tabaccos, » mot doiit les Fratiçâis blit fait « tâbàc * . »

Après ùhë exploration des côtes et de l'intérieur de Cuba, Colomb remit à la voile et arriva à l'île de Saint- Domingue qui, pendant lotigtetnps, garda ce nom, inais qui, depuis l'insurrection des nègres, a repris son

^ Biographie générale^ tome II.

CHRISTOt>HE COLOMB ET SES DÉCOUVERTES. 43

anciefa et premier mta de Ôaïtl. La dernière descente que fit Colomb dans lés noilrëlles terres t^ù'il Visitait fat sur la côte^ à péit de distance du lieu où dejJUis a été bâtie là ville du Càp français;

Ayant laissé tnetite-huît hommeé die son équipajje dans lin fort qull avait fait construire datis Tîle Espatiola^ autre nom de Haïti, dont le leàeique bu roi était devenu dé ses amis, Colomb retourna eu EsjiiigUè jJoUr y rendre compte de sa tnission. En route^ il fiit assailli par une violenté tetiipête, et obligé de relâcher dans le Tage. Il envoya aussitôt déiniElndér aU roi de Portugal la permission de mouiller^ jusqu'au bëàU tetûps^ dans le port de Lisbôiihëi ce 4di lui fut accordé atéc beaucoup d'empressement. Puis, à'étâht feUdu à la cbur, sur Tinvitation qUé lui eU avait faite le roi, tiolotnb y fut reçii avec toUs les Honneurs duâ à sdn tnéritiB et â âbii ràii^^ et lé roi écouta avec admirati bU le récit inerveilleui dé soii vbyage *.

Sept jbUrë àptès, Cbidmb cbntitiuàit sa i-oute, ël le 15 mars 1493 à midi, il éUtrdit dans lé Jiort de Palôs, àptès une absence dé Sept iuois et douze jout^.

Son artivéig à Bàrcëldbe, où àé tenait là cbiir, fut un véritable triomphe. Les deui Sbuver^ins Ferditiàtid et Isabelle lie comblèrent d'hbnuëiirs et de mairqUeë de distinction ; tbUs les privilège^ qui liii af àiëht été promis lui furent confirtiiés et alors, enfin seUlëtnefat, les habitants de la ville de Gêne^ é'èubrgUëilUi'eilt d'Ôtiré ses compatriotes.

^ Le Monde, tome X.

Six mois plus tard, le 25 septembre 1493, Colomb, muni de pouvoirs illimités, partait de Cadix, certains auteurs disent de Palos, avec une flotte de dix-sept navires pour aller fonder des établissements dans les contrées qu'il avai^; découvertes. Mais bientôt après, il revenait en Espagne pour se disculper des imputations fausses et mensongères que des envieux avaient fait parvenir jusqu'à la cour. Lorsque le roi et la reine l'eurent entendu, ils firent bonne justice de la calomnie et des calomniateurs^ ordonnèrent l'arrestation et le châtiment des coupables et accordèrent à Colomb de nouvelles faveurs.

C'est seulement à son troisième voyage qui eut lieu, après cet incident, au mois de mai 1498, que Colomb, escorté de six vaisseaux, connut le continent du Nouveau Monde qu'il crut être les Indes occidentales. Il atteignit l'embouchure de rOrénoque et le prit pour le grand fleuve Gihon ayant sa source dans le jardin d'Eden ; jusque-là il n'avait fait que découvrir et visiter les îles qu'il avait rencontrées.

Christophe Colomb fit en 1502, accompagné de son frère Barthélémy, un quatrième voyage qui le tint éloigné d'Espagne pendant plus de deux années. Durant cette dernière expédition, il eut beaucoup à souffrir des rhumatismes qu'il avait contractés au cours de ses longues traversées, et il mourut, à son retour, d'un accès de goutte, le 20 mai 1506, à Valladolid, âgé de soixante à soixante-neuf ans.

Quelques années après, en 1513, le roi Ferdinand

ordonna qu'un monument en marbre fût élevé sur sa tombe avec cette inscription :

« Aux ROYAUMES DE CaSTILLE Bï DE LÉON,

Colomb donna un nouveau monde. »

Puis, plus de deux siècles se passèrent, et ce ne fut qu'en 1796 que les restes mortels de Colomb furent transportés à la Havane en grande pompe et inhumés définitivement dans la cathédrale.

Christophe Colomb s'est montré toute sa vie animé d'une grande piété; au début de toutes ses entreprises, il invoqua régulièrement la protection divine, et dès qu'il mettait le pied sur une terre nouvelle, il s'agenouillait pour remercier Dieu des grâces qu'il lui avait faites. On ne peut, non plus, l'accuser d'avoir, pendant le cours de sa vie, donné aucune preuve d'un esprit égoïste et soucieux d'amasser des richesses, car Colomb, qui n'avait demandé aux souverains de l'Espagne de garder pour lui une partie des bénéfices de ses découverties qu'afin de pouvoir fonder des églises et des asiles d'orphelins, Colomb mourut pauvre.

A l'appui de ce que nous venons de dire et pour terminer cette histoire abrégée de la vie de Christophe Colomb, nous devons citer le portrait que fait de lui son fils Ferdinand Colomb danS VHistoria del sico Padre : « Il avait le visage long, le teint animé et marqué de quelques taches de rousseur, le nez aquilin,les os de la pommette un peu saillants ; ses yeux gris clair semblaient commander l'obéis-

sance. Ses cheveux de couleur claire avaient commencé à blanchir dès l'âge de trente ans. Il était très-frugal et simple dans sa mise ; il s'exprimait facilement et avec éloquence; il était d'une douceur et d'une bonté extrêmes, qualités qui attachaient vivement à sa personne ceux qui I9 voyaient dans Tintimité. Naturelle* ment irascible^ il était parvenu à dompter son caractère et montrait dans ses manières beaucoup de réserve et de distinction. Il était toujours attentif à remplir les devoirs delà religion et sa piété consisti^it surtout h dire du bien à ses semblables. »

Ne quittons point le sujet de la découverte de l'Amérique sans dire comment les frères Pinzon, les deux principaux compagnons de Colomb, se conduisirent pendant son premier voyage et ce qu'il en advint dans la suite. Le mérite de ces deux hommes est d'avoir été prompts à embrasser les idées de celui que Von accusait alors de folie. Mais tandis que Vincent-Yanez resta le fidèle ami de Colomb, et le sauva du péril qui le menaçait quand le vaisseau qu'il montait, la Santa- Maria^ alla échouer sur un banc de sable des côtes de Saint-Domingue, Martin Alonzo devint son rival. La Pinta^ dont il avait le commandement, devançait toujours les deux autres bâtiments. Il prétendit avoir le premier découvert le Nouveau Monde, et fit tous ses effbrts pour être le premier à annoncer la découverte à la cour d'Espagne* Il arriva, en effet, le premier, mais le roi lui refusa l'audience qu'il demandait. Il fut

témoin des honneurs accordés à Colomb et mourut de rag*e. Grâce aux services rendus plus tard par son frère à la marine espagnole, la famille des Pinzon fut anoblie, mais cette famille, qui doit sa noblesse à Vincent- Yanez, n'en vénère pas moins religieusement lamémoire de Martin Alonzo. Elle maintient son antagonisme avec le grand amiral, en inscrivant sur son écusson cette devise qui est une coAtref§çon de l'épitaphe de Colomb :

A -Gastilla y a Leow

îiîUEVQ MUNPO mO PiNZO».

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