‹ Histoire des États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 12 sur 19 · SAVOIR · texte numérisé non relu

SAVOIR

Pour l'intérieur , le département des aflfaireg

étrangères et autres. 8,540,770

Pour l'ai mée : dépenses courantes. 7,794,25o

Dépenses arriérées. 8,985,373

Marine.

Dette publique.

Somme égale : 32,475,3o3

Paiemens faits au trésor jusqu'au i"^ août i8i6 , pour les administrations civiles. 1,829,015

Département militaire , courant et arriéré. i3,aao,6o8

Marine. 1,977,788 a4,553,i48

Dette publique. 9,354,73 2

La recette du trésor, pour 1816, se corapo sait, savoir :

Espèces en cnisse le i" janvier 1816. dollars. 6,098,65» Douane pendant 7 mois sans défalcation

de remises et primes. ai, 354)743

Impôt direct. 3,713,963

Droits à l'intérieur. 3, 864,000

Recette de la Poste et autres accidentelles. 127,035

A'entes des Terres nationales. 676,710

Total. 36,033,093

Emprunt par la création de bons du trésor. 9,790,815

Recette totale des 7 mois. 45,8a5,9i8

Recette présumée du i"^ août au 3r décembre. 19,876,710

Recette de 1816. 65,702,628

Comparaison de la recette à la dépense.

Estimation de dépense pour 18 16. 52,475,3o3 i

Excédant de dépense. 6,270,39$ (46,717,975

Arriéré de 181 5. 7'973»277 I

Excédant de recette. 1 8,984,636

Déduction d'emprimt et des bons. 9,790,82 5

Balance en recette pour 1816. 9,193,835

Les droits ont été les mêmes de 1 802 à 1 8 1 i> , excepté l'addition de 2 et ip p. 0/0 sur les importations qui ont servi à constituer le fonds de la Méditerranée. C'est alors qu'au commencement du système de restriction , l'ac-

( io3 ) croissement du produit de ces droits eut lieu en raison de l'augmentation de la population , et conséquemment de la consomroalion, ainsi que de la prospérité du commerce américain ; ce qui dura jusqu'à l'embargo. Le i" juillet 1 8 1 2 , il fut ajouté loo p. loo aux droits existans , lesquels ont continué pendant la guerre contre l'Angleterre. Cela augmenta la valeur réelle de ces droits, de /[0 , 3o et ^5 p. o;o.

Peu après l'établissement du gouvernement fédéral, en 1789, les droits sur les liqueurs spiritueuses d'Amérique furent établis : il en fut de même des autres droits jusqu'en 181 2. Les sommes payées pour les taxes, depuis leur établissement jusqu'en 181 2, s'élèvent à 6,46o,oo3 dollars , dont i ,o48,o33 furent payés eu 1801, et en 181 2, seulement 4.9o3. Enfin la balance due dans les divers états sur le revenu intérieur était, le 1" janvier j 8 1 2 , de 234,940 dollars.

A la première session de i8i3, on rétablit •des droits à l'intérieur, savoir : sur les liqueurs , les voitures , vins , sucre , papier timbré , etc. Le plan adopté par le Congrès, d'après la proposition du secrétaire des finances, éiait de soutenir les frais de la guerre par le moyen

( io4 )

d'emprunts, et de ne créer des revenus qu'à la concurrence des besoins du gouvernement, tant pour payer les intérêts de la dette publique, que ceux des nouveaux emprunts s élevant environ à 9,000,000 dollars, qui devaient être fournis en doublant les droits sur l'importation, et établissant 20 p. 100 sur la mesure de sel, d'environ cent livres pesant ; par la vente des terres ; par des impôts directs de 3,000,000 , et par une augrpentation de 2,000,000 sur les liqueurs , le sucre, les voitures , etc. : toutefois les taxes nouvelles ne devant commencer qu'à partir du i^r janvier 181/4.

Pendant la même session , le Congrès établit des droits sur les objets manufacturés aux Etats-Unis , savoir : les objets en fer, les chandelles , les chapeaux , le papier , les parasols , les cartes en général^ les selles, brides, harnais, bottes, souliers, bière et porter, tabac, cigarres, cuirs, bijoux d'or et vaisselle plate , objets d'ameublement, et montres d'or et d'argent.

Plusieurs de ces droits sur les objets manufacturés , tels que ceux d'ameublement , les montres, les liqueurs spiritueuses, ainsi que les droits de poste , furent rapportés aussi-tôt après la guerre, en i8i5. Les droits de l'intérieur, restans en 18 17, sont ceux pour les

( io5 ) brasseries, les voitures, les rafineries de sucre, le papier timbré et les billets de banque.

La plupart de ces droits intérieurs, principalement ceux sur les manufactures sont mis sur la valeur des objets j et cette valeur et la quantité des articles manufacturés se comptent sur les livres , et d'après la déclaration des manufacturiers ou des personnes qu'ils emploient. Cette déclaration est en général une chose immorale, parce qu'elle porte certains individus à faire de faux sermens. Tout le monde connaît la latitude de conscience que comportent les douanes d'Angleterre , de France , de Hollande et des Etats - Unis ; et le gouvernement américain ajoute à ce mal inévitable un autre mal , en faisant reposer le droit sur la simple déclaration des manufacturiers qui sont intéressés , en général , à tromper.

Le message du président, le i décembre iSiy, dit qu'après avoir établi l'estimation des dépenses du gouvernement pour son état militaire et civil , sa marine , ses fortifications , le paiement de sa dette publique , conformément à la loi ; et après avoir remboursé plus de 18 millions de capital dans cette année, il restait une balance de plus de G,ooo,ooo dollars dans le trésor ^ applicables au service

courant de l'année suivante. L'estimation pour i8i^î du droit d'importation s'élevait à 20 millions de dollars ; les revenus intérieurs, deux millions et demi; la vente des terres , un million et demi ; le dividende de la banque et autres recettes accidentelles, un demi million, faisant en tout un total de 24 millions et demi. La dépense totale du gouvernement, pour l'armée , la maiine, etc. , s'éleva à 1 1, 800,000 dollars , et pour le fonds d'amortissement 10 millions , ce qui laissa un excédent de revenu de 2,700,000 dollars. La dette de la Louisiane pouvait être couverte en 18 19 ; après quoi , si la dette publique continuait d'être au-dessus du pair , il y aurait tous les ans cinq millions du fonds d'amortissement , dépensés jusqu'en 1825 , époque à laquelle l'emprunt de 1812 et le papier créé par le trésor seraient rachetés. Le papier de Mississipi a dû être racheté en 1819 par le produit de la vente des terres, ce qui a du former une augmentation de revenu d'un million et demi , le portant annuellement alors à 26,000,000 dollars , ce qui forme un excédent sur la dépense , de plus de 4,000,000. Le secrétaire d'état du trésor corrobora cette situation dans son rapport du 5 décembre 1817,

( ïo? ) et porta la dépense de 1818 à 2i,946,35i dollars.

L'état suivant en sommes rondes , donnera un aperçu de la dépense et du revenu des États-Unis , savoir :

Capital réel et personnel en propriété. dollars. 7,100,000,000

Revenu. 36o,ooo,ooo

Dépense. 45, 000, 000

Dette publique. 100,000,000

Total. 7,705,000,000

Ce capital consiste en terres publiques : 5oo,ooo,ooo d'acres , à a dollars

chaque , ci; 1,000,000,000

Terrescultivés , 3oo,ooo,ooo d'a-

cres, a 10 dollars 1 acre. J, 000, 000,000 i

Maisons d'hab. de toute espèces, i ,000,000,000

Les propriétés personnelles des États-Unis se composent de la dette publique , qui est un capital pour les propriétaires de fonds publics américains. 100,000,000

Billets de la banque. 100,000,000

Esclaves, i,5oo,ooo, à i5o dollars chaque. a>5, 000,000 ) a,JOO,ooo,ooo

Vaisseaux de toute espèce. 3a5,ooo,ooo

Argent, ustensiles de fermes , manufactures , voitures, etc. i, 55o,ooo,ooo ,

Total du capital d'Amérique. 7,300,000,000

( io8 ) En comparant le montant du capital, du revenu , de la dette , et de la dépense des États- Unis, avec celui d'une nation de l'Europe, on reconnaîtra combien les ressources de l'Amérique sont plus grandes en proportion de sa population, que celle de tous les autres pays.

Le capital réel de. l'Angleterre s'élève dollars.

Le Revenu. 900,000,000

La Dépense. .' > ' 3oo,ooo,ooo

Le Revenu public. 200, 000, 000 Dette pub. ,5,000.000,000, rachelépar

l'amortissement j)0ur 1,400,000,000 5, 600, 000,000

Cependant , malgré le déficit annuel dans le revenu public de 70,000,000 , le chancelier de l'échiquier annonça , pour le budjet de 1817 , qu'il ne projetait pas de réduire l'intérêt de la dette publique, ni de diminuer le fonds d'amortissement au-dessous de ce qu'il était en i8i3, c'est à dire 12 millions sterling. iMaintenantil est à i/j millions sterling. Les bons du trésor émis pour suppléer nu déficit, portant une prime de 5 p. "/o et un intérêt de 3 i/4, ce papier a gagné l'année d'avant ao p. «A '■> ^^ 1'^" griculture , le commerce et les manufactures

( I09 ) de l'empire entier sont augmentés au point de promettre, pour l'avenir, un accroissement de revenu , et des charges moins lourdes pour le peuple.

Il suffit de ces faits pour prouver que de bonnes institutions financières , principalement un amortissement , une dette publique , des impôts intérieurs, et une banque nationale afin de stimuler l'industrie , donnent une plus grande force et une puissance plus réelle au gouvernement, et procurent la prospérité de la communauté. Néanmoins ce système peut être porté trop loin , en faisant excéder la dépense aux moyens d'y faire face par les impôts. C'est ce qui a eu lieu en Angleterre en 1817, où la dépense a été portée à 67,817,752 livres sterling , tandis que le revenu n'était que de 52,85o,328. Ce qui offrait un déficit dei5 millions sterling, et cela dans un temps de paix générale. Depuis, il en a été de même chaque année.

Comment couvrira-t-on ce déficit? M. Vansittart a détruit, en 1 8 1 3, la force progressive de l'amortissement , en appliquant le dividende des fonds rachetés , montant à 9 millions sterling , aux dépenses courantes de

( no ) l'année, au lieu de le laisser ( conformément au plan de M. Pitt ) agir pour le rachat de la dette publique , et augmenter le revenu de l'amortissement , qui devait être de 9.5 millions en I 8 17 , et qui n'a pas été de i 4-

En j 818, la dette flottante de la Grande- Bretagne était de 70 millions sterling , qui , avec la dette fixe, s'éleva à un milliard, dont près de 4 00,000,000 ont été rachetés par l'action de l'amortissement depuis 1786, jusqu'en i8i§, c'est à dire, en 32 ans. Ainsi M. Vansitlart , en détruisant le plan de 3J. Pitt^ a ajourné indéfiniment le paiement de la dette publique. Si l'Angleterre est ainsi forcée d'augmenter sa dette publique en temps de paix, que ferait-elle donc si une guerre survenait , l'obligeant d'élever ses dépenses de 65 millions à plus de cent millions sterling? Pendant la guerre de la révolution française , son papier de banque perdait '3i p.°/o, ce qui augmentait ses charges et ses dépenses, quand il lui fallait réaliser des espèces , pour le soutien de ses armées au dehors et le courant de son service au dedans.

Son revenu national en maisons, terres et propriétés de toute espèce , n'excède pas

aoOjOOOjOoo , dont le gouvernement dépense un tiers ; proportion plus considérable que celle d'aucun autre pays, et qui doit énerver son industrie , de manière à empêcher le capital de la nation d'obtenir aucune diminution.

La Russie a à peine organisé un système de finances. Jamais elle n'a pu encore faire sortir ses troupes de son territoire , sans un secours pécuniaire de l'Angleterre. Elle a bien établi une banque à Pétersbourg, pour faciliter les opérations de son immense empire ; mais la création en est encore trop récente , pour en tirer un grand avantage. Les finances de l'Autriche , de la Prusse , de l'Espagne et des Pays- Bas, sont dans une condition vraiment déplorable : il faut plusieurs années de paix et d'économie , pour rendre quelque prospérité à ces pays.

On a dit que les États-Unis avaient récemment acheté la Floride , moyennant 5 millions dollars. Si cela est , ils ont agi sagement d'ajouter, par un sacrifice aussi léger , un territoire important à leur frontière méridionale. Ce moyen est plus sûr que celui des conquêtes :

d'après ce prix, l'acre de terre ne lui reviendrait qu'à sept sols sterling ; et les terres qui restent à concéder , lui paieront, et au-delà, le prix de son acquisition. Sa surface renferme 58,ooo milles quarrés, avec une population au plus de 10,000 âmes ; ses côtes sont très-étendues, et offrent de bons ports et des villes de commerce ; le pays bien cultivé peut fournir à une abondante population : elle augmentera bientôt par son adjonction aux Etats-Unis , si on songe à rinfluonce de la liberté popidaire , mise en parallèle avec le despotisme. L'Amérique espagnole et le Brésil sont des pays bien supérieurs aux Etats- Unis par leur sol , leur climat, et les productions de la terre; et cependant l'administration faible, imprévoyante et tyrannique , des gouvernemens espagnols et portugais , est cause que ces pays languissent dans l'ignorance, le vice et la superstition. Quand la Nouvelle-Orléans était sous la domination de l'Espagne, c'était un pays nul; et depuis seulement i4 ans qu'il jouit de la liberté américaine, cette ville s'é-^ lève au premier rang des villes commerciales par son étendue, sa richesse, et sa population. Ainsi il en serait de Cuba, du Mexique et du

( m3 ) Pérou, s'ils font jamais partie des États-Unis, ou s'ils changent leur état de servitude contre la liberté et l'abondance que produit un gouvernement populaire.

Quel étonnant contraste existe entre la politique ferme et progressive des États-Unis , et l'indifférence suprême du gouvernement britannique! L'Angleterre a sacrifié nombre de ses soldats , dépensé des millions sans nombre , pour retirer l'Espagne du joug de la France ; et néanmoins elle ne peut acquérir un pouce de terrein, dans aucune partie du globe, provenant des Espagnols; tandis que les États- Unis, sans sacrifier un seul de leurs citoyens , et avec seulement 20,000,000 dollars , ont , depuis peu d'années , obtenu , de la France et de l'Espagne , la souveraineté exclusive d'un domaine immense, vingt fois grand comme toutes les îles Britanniques réunies.

Comment l'Angleterre ne récJame-t-elle pas Cuba de l'Espagne , comme partie de l'indemnité qui doit lui revenir , la Havane commandant le passage du golfe du Mexique ? Pourquoi ne prend-elle pas possession de Panama au sud et de Darien au nord , afin d'opérer la jonction de l'Atlantique et de la mer Pacifique,

("4) et par là donner un nouveau débouché à son commerce ? Son intention est- elle donc de rester endormie , jusqu'à ce que les Etats-Unis aient établi leur puissance sur l'Amérique espagnole ( I ) , et que le pavillon russe fixe sa souveraineté dans l'archipel de .la Grèce , et flotte sur les tours de Constantinople ? Toute son énergie ancienne doit-elle être anéantie par cette puissance nouvellement sortie des glaces du nord? Yerra-t-on, dans le 19^ siècle , se vérifier la fable de Jupiter et de Saturne ?

L'île de Cuba prendrait une tout autre importance sous la domination anglaise , par l'égahté des lois , par l'industrie et l'activité de ses habitans. Ce serait bientôt un appui considérable à sa puissance maritime. Par la jonction des deux océans , l'Angleterre commanderait à l'ouest comme à l'est , et répandrait une si grande portion de sa richesse , qu'elle déli-

(1) L'Angleterre a 1 ris une autre voie pour arriver à des fins à peu près semblables ; elle n"a oublié ni sa situation , ni les besoins de ?on peuple. C'est aux hommes d'état à prononcer entre les moyens qu'elle a mis en œuvre, et ceux que lui conseillait l'auteur que nom traduisons. ( JSotê du Traducteur. )

( "5) vrerait bientôt son propre peuple des souffrances de toute espèce qu'il a à supporter; Ces propositions faites au gouvernement anglais , en 1 792 et 1 798 , par les députés de l'Amérique espagnole , existent encore dans les bureaux des affaires étrangères à Londres. Malgré l'état déplorable des finances des puissances européennes , et conséquemment la faiblesse de leurs gouvernemens , il est plus nécessaire que jamais , pour les Etats-Unis , de fonder un système large et solide de revenu intérieur , par des impôts sagement établis , parce que , si la discorde agite de nouveau l'Europe , l'Amérique sentira qu'elle tient désormais une place trop importante dans le monde , pour pouvoir persévérer dans sa neutralité , et rester indifférente aux débats du monde. L'horizon de l'Europe ne promet pas ce calnie que l'on affecte d'espérer ; cette coalition des souverains ne peut durer ; déjà la Russie ne dissimule pas sa jalousie de la prépondérance maritime de l'Angleterre ; et celleci s'allarme en voyant l'ascendant de cette puissance sur le continent. Elle n'a pas voulu fiire partie de la sainte alliance , dont les principes sont si simples en apparence , qu'il n'existe pas

( "6) un observateur un peu habitué aux affaires , qui n'entende parfaitement que c'est par ce moyen que la Russie veut augmenter sa force, et qu'elle doit , avec sa nombreuse population, finir , dans moins d'un siècle , par dominer toutes les autres puissances. Déjà l'Autriche et la Prusse tremblent devant cet effrayant voisin, et voient leur ruine dans son élévation future. La politique de la France , quelque forme de gouvernement qui la régisse , doit être de profiter des dissensions entre les souverains coalisés , et de chercher à mettre en lutte YAngleterre , la Russie et même l'Amérique , afin de gagfler quelque chose dans la confusion générale. Les États-Unis seront inévitablement appelés à prendre part aux contestations de l'Europe ; il convient donc qu'ils se disposent, par un bon système de finances, à jouer le rôle qui leur est destiné. La vieille haine du peuple américain pour les Anglais qu'il considère comme ses rivaux , l'armera probablement contre eux ; et il ne doit pas oublier que l'Angleterre ne déposera les armes , une fois qu'elle aura déployé l'étendard des combats , que lorsqu'elle aura tout tenté pour s'assurer de nouveaux avantages.

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