EXPORTATION
IMPORTATIOU.
de 1700 à 1710
de 1710 a i7»o
i,55o,ooo
de r7ao à 1730
de 1730 à 1740
de 1740 à 1730
3,iao,ooo
3,63o,ooo
de 1750 à 1760
de 1760 à 1770
de 1770a 1780
5,aoo,ooo
en 1784
en 1790
ij,aHo,ooo
BXPORTATIOKii
BKP0RTATI0N9
TOTAL BBS
DBf&oD. inoic.
dollars.
OK PB. liTHAnC.
KÏPOaïATIOMi.
dollars.
dollars.
en i8o3
55,8oo,o33
en 1807
en 1808 (i)
2a,43o.9fio
en 1810 (a)
en 1814 (3)
en i8i5
en 1816
L'exportation indigène des États-Unis se" divise ainsi proportionnellement :
Le produit de TAgriculture, trois quarts de sa ya-
leur.
Le produit des Forêts, un neuTïème.
Le produit des Pêches, un quinzième.
Le produit des Manufactures , un vingtième.
( I ) Année de l'embargo.
( a ) Levée de l'embargo.
( 3 ) Guerre avec l' Angleterre.
( 56 ) Les tables de M. Pitkin établissent , et il est généralement reconnu , que le commerce des Etats-Unis avec lAngletcrre est à lui seul plus considérable que celui des États-Unis avec tout le reste du monde. Il est donc du plus grand intérêt , pour les deux nations , de maintenir entre elles des relations amicales.
L'embargo de M. Jefferson fît perdre aux États - Unis un commerce avec les nations étrangères, d'environ aSo millions de dollars par an , sans compter les richesses qu'il versait dans le pays , et toute l'industrie productive . qu'il mettait en mouvement. Cette immense ressource n'est pas entièrement rétablie , à cause de la guerre avec l'Angleterre , et par l'effet de la paix générale de 181 5.
M. Pitkin donne un aperçu du commerce des États-Uuis avec chaque pays. Depuis l'établissement du gouvernement actuel , depuis surtout la révolution de 1789 jusqu'à l'époque des restrictions commerciales en 1 807 , et la guerre avec l'Angleterre en 1812, ils avaient vu s'accroître leurs richesses et leur population avec une rapidité incroyable , comme on peut s'en assurer par le détail des exportations et importations , par Tuisance générale répandue
( 57 ) dans les campagnes et dans les villes , par l'institution de nouvelles banques et de nouvelles monnaies ; par la plus value des terres , et par les nombreuses améliorations intérieures , comme routes , ponts et canaux , aussi bien que par la consommation annuelle.
Le terme moyen de cette consommation a été, de 1790 à 1792, de 19,310,801 dollars, de 1793 à 1798, de 2 7,o5i,44o» ^t de i8o5 à 1807, de 38,549,966.
Il y a au moins 70 millions pesant de sucre consommé dans les États-Unis. En 1810, le territoire d'Orléans , maintenant l'état de Louisiane, en a fait plus de 10 millions de livres , et environ autant a été tiré de l'érable dans tous les États-Unis. Les plantations de cannes à sucre augmentent dans toute la Louisiane ; et on établit qu'il y a eu, en 18 17, environ 20 millions de livres de sucre de fabriquées ; dans la Géorgie , cette plante se cultive avec succès. Cette culture n'est pas plus pénible que celle du coton j et moins sujette aux accidens. L'accroissement des droits de douane, en Amérique , est sans exemple dans le monde entier.
Os droits étaient de 1793 a 1 801, de 358,8 1 S
( 58 ) tonnes , ayant environ doublé dans Tespnce de 8 ans ; de 1 80 1 à 1 8 1 o , de 6 1 6,535 tonnes. L'état de Massachusset a p'nsienrs centaines de milles de côtes , de baies et de ports ; aussi son droit de tonnage est plus grand que dans aucun autre état de l'Amérique. La répartition de ce droit , dans les principaux ports , était, en 1810 , ainsi qu'il suit :
deBoston, 149, 121 tonnes;^
de New-York , 268,548 { 1 );
de Philîulelphie , 125,258;
de Baltimore j io3,444 > de Charletitown, 5a, 888.
Maintenant ce droit proftuit moins qu'en 1810 , tant a été réduit le commerce des États- Unis par la paix du monde.
Néanmoins le commerce y reprend de l'accroissement; la pèche surtout ^ en augmentant l'aisance générale, pr- cure d'excellens marins pour la marine militaire , autrefois une véritable charge pour la nation , et maintenant devenue respectable pour toutes les nations.
( 1 ) Egal à celui de Londres.
( ^^9 ) Sa conduite, pendant la d«*rnière guerre avec l'Angleterre , et la position qu'elle lient en Europt^ dans la Méditerranée , sont des titres de gloire qui ne s'effaceront pas. Elle consisie en cent vaisseaux, tant bricks que sloops, cutters , batteries flottantes , frégates ou vaisseaux de ligne , dont douze au moins sont de 7/j à 90 canons. Le Congrès a fait et continue à faire d'immenses appro visionnemens; et il est presumable que , dans peu d'années , les Etats-Unis pourront équiper des flottes capables de se mesurer avec celles des premières puissances de l'Europe. Le nombre des officiers augmente dans les mêmes proportions ; et ils ne le cèdent, îii pour l'instruction , ni pour la pratique , à ceux d'aucune autre nation.
On pense généralement que le commerce des États - Unis recevra de grands accroissemens par l'émancipation des colonies espagnoles : mais cette question reste encore un problème , parce que ces immenses régions ont , sous le rapport des productions naturelles, les mêmes avantages que les Etats Un's, et trouveront dans la liberté dont elles jouissent , un marché plus profitable en Angleterre que dans le nord de l'Amérique, D'autre part ,
l'Angleterre peut , de son côté , les approvisionner d;" tous les objets manufacturés , en meilleure qualité , en plus grande quantité , et à des prix plus bas qu'aucun autre pays ne peut le faire. Pour preuve, je citerai l'effet qu'ont produit aux États-Unis d'Amérique les marchandises anglaises , depuisla paix de 1 8 1 5 : nombre de nos manufactures ont été obligées de suspendre leurs travaux.
Les avantages de l'émancipation de l'Amérique espagnole se feront sentir dans le monde entier , mais c'est surtout l'Angleterre qui en profitera d'abord. La libération de ces immenses contrées a été l'objet de la sérieuse attention de tous les hommes d'état , tant en Amérique qu'en Europe. On peut croire qu'un des premiers résultats de cette révolution sera la formation d'un passage navigable à travers l'isthme de Panama, qui formerait l'union des mers Atlantique et Pacifique. Cette entreprise , si vaste en apparence , ne coûterait pas au-delà de trois à quatre millions sterlings, et jamais l'Angleterre ne trouverait une plus heureuse occasion d'employer vingt ou trente mille de ses prolétaires désœuvrés, sous la surveillance et la direction des gens de fart. Cette opéra-
( 6i ) tion confirmerait son ascendant commercial dans le monde , et la dédommagerait amplement des sacrifices qu'elle a faits dans une guerre sans exemple, afin d'assurer la délivrance de l'Europe opprimée.
En 1790, le projet de l'émancipation de l'Amérique espagnole fut présenté à M. Pitt par le général Miranda , et ce ministre parut alors l'accueillir ; mais le rétablissement des relations amicales entre l'Espagne et l'Angleterre , qui eut lieu bientôt après , empêcha qu'il y fût donné aucune suite. Mais en i yo-y , Miranda reçut à Paris des députés du Mexique et des autres colonies espagnoles , envoyés auprès de lui pour se concerter sur ce grand objet. Il fut déc.dé que Miranda se rendrait en Angleterre , pour communiquer au gouvernement anglais les propositions de ces députés. Il s'agissait de joindre l'Atlantique à la mer Pacifique aux frais des colonies espagnoles, de céder la Floride aux États-Unis, et de prendre le Mississipi pour limite des deux nations ; toutes les îles devaient être rendues aux Espagnols , hors Cuba , dont la possession devenait nécessaire , à cause de la Havane , qui commande le passage du golfe du Mexique.
M. Pitt accorda au général Miranda une entrevue ; et il y fut décidé qu'il sera t pr. posé aux Etats-U.jis de fournir dix mille hommes pour assurer le succès de l'entreprise, pen !ant qie l'Angleterre s'occuperait du soin de procurer l'argent nécessaire et les moyens de transport. M Adams , alors président des États-Unis , ajourna sa décision ; et plus tard, M. Jefferson , son successeur , refusa de concourir au su. ces de l'expédition de Miranda , et fit même traduire devant les tribunaux , des négocians de New-York qui avaient assisté ce général dans son entreprise.
Dans l'état actuel des clioses, il est nature 1 que l'Angleterre tente tous les moyens de relever sa puissance, et d'échapper aux circons* tances peu f ivorables qui la pressent. Depuis vingt-cinq ans , son gouvernement a dirigé , d'une main habile et hardie, toutes les ressources d'un vaste empire contre lennemi commun du genre humain ; la providence lui a donné le pouvoir de soutenir le faible et d'arrêter l'ambition exagérée du puissant ; sans elle , l'Europe déchirée eût été étouilée sous la puissance colossale de Napoléon; elle seule a fait pâlir son étoile. Mais ce triompîi*
(63 ) l'a placée dans la nécessité d'être tout ou rien. Dès l'instant qu'elle paraîtra s'al'fa blir , d'autres nations se hâteront de s'emparer de l'ascendant qu'elle aura perdu . le long et glorieux combat qu'elle a soutenu l'a ébranlée dans tout son être; ses finances sont en souffrance; son agriculture , ses manufactures languissent; sa population s'apauvrit ; et, pour reprendre cette attitude qui la rendait l'arbitre de l'Europe, l'appui des libertés religieuses , l'ange tutélaire des nations, elle doit se hâter de favoriser l'émancipation des colonies espagnoles, et joindre au plutôt la mer Atlantique à la mer Pacifique. Sans cette mesure positive, qui peut seule secourir sa population indigente, elle est menacée d'une émigration plus considérable qu'on ne peut le supposer , et qui se dirigera nécessairement vers l'Amérique du nord ( 1 ).
( 1 ) Le chapitre qu'on vient de lire, était écrit avant la reconnaissance des nouvelles république* d'Amérique par le gouvernement anglais On peut juger maintenant du grand intérêt de ce gouvernement dans une mesure qui a surpris toute la vieille diplomatie. Cette question de l'établissement de nouveaux états indépen-
dans sur le grand continent aniériciin était, pour l'Angleterre, une question de salut public : il s'agissait pour elle d'être ou de n'être pas. Si toutes ces vastes régions qui composent l'empire du Brésil , les républiques de Colombie, du Mexique, etc., etc., étaient rentrées sons le joug de leurs métropoles, l'Angleterre voyait son commerce borné, et perdait, peut-être pour toujours, cette haute influence qu'elle exerce sur le continent de l'Europe et sur les points les plus éloignés du globe.
( ISole du Traducteur. )