‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 126 sur 147 · Voir chap. xxxix · texte numérisé non relu

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Le 29 novembre, Harrison, Franklin, Dickinson, Johnson et Jay furent nommés membres d'un comité chargé de correspondre secrètement avec les amis de l'Amérique à l'étranger. Le premier acte de ce comité fut l'envoi en France de Silas Deane, ancien maître d'école, graduate de Yale College, chargé de demander au roi des effets d’habillement et des armes pour vingt-cinq mille hommes, cent pièces de canon et des munitions.

Le 8 janvier 1776, parut à Philadelphie le Sens commun, pamphlet écrit par Thomas Paine, aventurier de lettres anglais, installé depuis un an en Amérique. C'était un éloquent plaidoyer en faveur de la cause coloniale, une analyse philosophique et morale des sentiments et des aspirations vagues de la population, un exposé lucide et chaleureux de tous les motifs de fait et de raison qui devaient déterminer les Colonies-Unies à consommer leur séparation et à briser les derniers liens qui les rattachaient à la Grande-Bretagne. Le peuple était mür pour l'indépendance; mais il fallait que quelqu'un le lui dit hardiment et lui fournit de plausibles raisons pour se résoudre.

L'ouvrage avait été communiqué par l’auteur à Franklin, Rittenhouse, Samuel Adams et Rush, qui l’approuvèrent. Il apparaissait en un temps fort opportun ‘. La veille on avait appris le bombardement de Norfolk; le jour même arrivait le texte du discours du roi à l'ouverture du Parlement. Le Congrès décida la formation de vingt-sept régiments en outre de ceux de l’armée de Washington, et l'envoi d'importants renforts au Canada. Arnold et cinq autres officiers furent nommés généraux de brigade; on commença à recevoir de la poudre en grande quantité, et aussi à en fabriquer. Les dépenses pour 1776 étaient évaluées à dix millions de dollars.

Ainsi peu à peu l'Amérique, par le progrès de la guerre, se

1. Il en fut tiré 100 000 exemplaires, et sans nom d'auteur. On ne sut que quelque temps après qui lavait écrit,

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rapprochait de l'indépendance complète. Elle avait ses finances, son armée, les premiers éléments d'une marine, un commencement de relations étrangères, un vif désir de commercer librement avec le reste du monde.

La question de l'ouverture des ports américains au commerce étranger fut discutée en février, et le débat se prolongea jusqu'aux premiers jours d’avril. — « En quelle qualité, dit Wythe, pourrions-nous conclure des traités de commerce avec les puissances étrangères? Comme sujets de la Grande-Bretagne? Comme rebelles? Non, il faut que nous nous déclarions un peuple libre. »

Les derniers scrupules du Congrès s'évanouirent à l’arrivée des journaux et papiers d'Angleterre apportant le texte de l'act du Parlement qui interdisait tout coinmerce avec les treize colonies rebelles et ordonnait la confiscation de leurs bâtiments et de leurs marchandises. Par voie de représailles, les habitants des colonies furent déclarés immédiatement autorisés à faire la course contre les navires marchands anglais (18 mars). Le 6 avril enfin, le Congrès décida que les treizé colonies ouvraient leur commerce au monde entier, les possessions de la Grande-Bretagne exceptées'. Désormais l'Angleterre était pour l'Amérique un pays étranger. Qu'attendait done le Congrès pour prendre la résolution finale et décisive que tout le monde maintenant reconnaissait nécessaire, inévitable, qui seule pouvait justifier la continuation de la lutte engagée contre la métropole? C’est la Pennsylvanie qui entravait encore le cours naturel des choses et paralysait les efforts des patriotes du Congrès.

Trois hommes, d'opinions modérées, amis du propriétaire gouverneur de la province, John Dickinson, Robert Morris et Joseph Reed, dirigeaient l'assemblée pennsylvanienne, composée

14. Une clause spéciale interdit toutefois l'importation d'aucun esclave dans les treize colonies, restriction fondée sur laffirmation que le trafic des esclaves étail «un crime contre l'humanité ». L'opinion générale, en Virginie surtout, était que la prohibition du commerce des esclaves serait suivie, à bref délai, d’une émancipation lotale. Plusieurs membres auraient voulu que le principe de l’émancipation fût proclamé sur l'heure, Mais le Congrès s’y refusa, réservant scrupuleusement aux diverses colonies le droit de modifier, à leur gré, leur politique et leurs lois intérieures à l'égard de l'esclavage. Dans la Pennsylvanie, le New-Jersey et la Nouvelle-Angleterre, l'opinion était tellement hostile à cette institution que l'on \ tenait pour certain que lesclavage serait aboli aussitôt après la déclaration d'indépendance.

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de membres qui avaient prèté serment de fidélité au roi et ne voulaient point se parjurer. Soutenu par les classes riches et commerçantes de Philadelphie, Dickinson représentait l'opinion moyenne des quakers. Bien que sincèrement patriote, il n'admettait pas une rupture complète avec l'Angleterre. Inglis, recteur de Trinity Church, plus tard évèque de la Nouvelle-Écosse, loyaliste déterminé, le couvrit un jour publiquement d'éloges comme « l’illustre défenseur de la constitution contre cette forme de syrène, l'indépendance ». Robert Morris, Anglais de naissance, était un homme d’affaires et d'entreprise, très intelligent, honnête, dévoué à la cause coloniale, mais voulant que toute chance de réconciliation fût épuisée avant que l’on recourût aux mesures irrévocables. Joseph Reed, ami intime et confident de Washington, moins circonspect que Dickinson, moins pratique que Morris, était de tendance éclectique, indifférent, ami des compromis; mais sa femme, bien qu'Anglaise, l'encourageait plutôt à soutenir la cause des Américains. Il avait été élu par les plus ardents patriotes et porté à la présidence du comité révolutionnaire de Philadelphie; il espérait cependant encore que les idées de conciliation prévaudraient en Angleterre. Tous trois comptaient toujours sur un retour au pouvoir de Rockingham ou de Fi Chatham, qui mettrait fin au conflit. Lorsque, en février 1776, le comité révolutionnaire voulut, malgré son président, convoquer {} une Convention du peuple, l'assemblée s'y opposa. Dickinson, \ | Morris et Reed firent cause commune avec les loyalistes contre Franklin, Clymer et Mac Kean, chefs des patriotes partisans de l'action immédiate. Pour donner quelque satisfaction à ces derniers, l'assemblée vota la levée de trois bataillons et l'émission de billets de crédit; mais le 6 avril, avant de se séparer, elle con- | firma les instructions antérieurement données aux délégués de la province au Congrès : rejeter toute proposition pouvant conduire à une séparation des colonies et de la métropole *,

1, En mai l’assemblée se réunit de nouveau, mais comme elle ne paraissait pas plus disposée qu'auparavant à favoriser les plans d'indépendance et à constituer un nouveau gouvernement, un grand meeting de ville décida la réunion d’une il Convention. Les partisans de l'indépendance se rallièrent autour du mot d'ordre Union: les autres, les conservateurs, adoptèrent celui de Constitulion. Longtemps | encore après la fin de la guerre, ces deux termes servirent à désigner les libéraux et les conservateurs de la Pennsylvanie.

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Il fallait en finir avec cette résistance opiniâtre de la fraction Dickinson. Sur la proposition de John Adams, le plus ardent apôtre de l’idée de l'indépendance au Congrès, celui-ci vota le 15 mai une proposition, au terme de laquelle chacune des Colonies-Unies était invitée à se donner un gouvernement autonome, sous la forme la plus capable de réaliser le bonheur des citoyens et d'assurer la sécurité de l'État. Le préambule de la résolution portait qu'il était « absolument inconciliable avec la raison et la moralité, pour le peuple des colonies, de prèter les serments nécessaires au soutien d'une autorité quelconque, relevant de la couronne d'Angleterre ». Cette formule était un coup droit porté aux gouvernements de propriétaires qui subsistaient encore dans la Pennsylvanie et le Maryland. L'assemblée pennsylvanienne, se voyant abandonnée par la masse des habitants de la province, s’ajourna à deux mois; c'était une abdication. Une réunion du comité révolutionnaire de Philadelphie et de plusieurs comités ruraux eut lieu sous la présidence de Mac Kean. La résolution votée le 15 mai par le Congrès fut approuvée à l’unanimité, et le gouvernement du propriétaire déclaré aboli. Le Maryland fut entrainé, comme la Pennsylvanie, par la force des choses. Le gouverneur se retira et une Convention populaire fut convoquée pour l'élaboration d'une constitution.

Maintenant la déclaration formelle d'indépendance pouvait être présentée au Congrès. Elle fut apportée officiellement le 7 juin par la délégation de la Virginie.

La Virginie se proclame indépendante (1° juillet 1776).

Voici ce qui venait de se passer dans cette province. Le 6 mai 1776, l'ancienne Assemblée de la Virginie étant définitivement dissoute, des délégués des comtés s'assemblèrent pour la troisième fois en Convention, au nombre de cent trente. fls adoptèrent, le 15, des résolutions présentées par Pendleton, Nelson et Henrv, portant que les délégués de la Virginie au Congrès recevaient pour instruction de proposer une déclaration d'indépendance des Colonies-Unies. Après une énumération détaillée des griefs contre le roi, ces résolutions disaient : « Les délégués de la Virginie au

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Congrès devront proposer à cette assemblée de déclarer que les Colonies-Unies sont des Etats libres et indépendants, dégagés de toute allégeance ou dépendance à l'égard de la couronne ou du Parlement de la Grande-Bretagne; ils donneront l'assentiment de cette colonie à une déclaration conçue en ces termes, ainsi qu'aux mesures propres à la conclusion d'alliances étrangères et à l'établissement d'une confédération des États, sous la réserve que chaque État conservera le pouvoir, par sa législature particulière, de former son propre gouvernement et de régler ses affaires intérieures ». Après l'adoption de ces résolutions, l'étendard royal, qui jusqu'alors avait continué à flotter sur la maison d'État, fut abattu, tandis que les cloches sonnaient à toute volée et que retentissaient des détonations d'artillerie.

La Virginie venait de se déclarer indépendante. Or le O!4 Dominion avait été longtemps une des parties les plus loyales de l'empire des Georges, et ce morceau qui se détachait de l'empire était considérable. Il comprenait, outre la région de la baie de Chesapeake et de ses fleuves, les vallées du haut Roanoke et de la Shenandoah, celles des rivières Monongahela, Ohio, Cumberland jusqu’au Tennessee, et au delà tout le nord-ouest. Le lendemain 16, un comité de trente-deux membres fut chargé de préparer une « déclaration des droits » et un plan de gouvernement. Faisaient partie de ce comité : Archibald Cary, Patrick Henry, Richard Bland, Edmund Randolph, Nicolas, James Madison, et George Mason, qui avait succédé à Washington dans la représentation du comté de Fairfax.

Mason rédigea la déclaration des droits. Le 27 mai, elle fut présentée à la Convention et discutée pendant quinze jours, puis adoptée à l'unanimité le 12 juin. Il s’y trouvait une clause stipulant la tolérance la plus complète dans l'exercice de la religion. Sur la proposition de Madison, cette clause fut ainsi amendée : « Tous les hommes ont un droit égal au libre exercice de la religion, selon les commandements de leur conscience ». La déclaration posait les principes suivants : « La nature a fait tous les hommes également libres. (Les nobles Virginiens, en approuvant ce texte, oubliaient seulement les quatre cent mille esclaves qui cultivaient leurs champs.) Elle leur a donné des droits absolus,

dont ils ne peuvent, quand ils entrent en état de société, priver par aucun contrat leur postérité : ces droits se rapportent à la vie, à la liberté, aux moyens d'acquérir et de conserver la propriété, de poursuivre et d'obtenir le bonheur et la sécurité. Tout pouvoir dérive du peuple, dont les magistrats ne sont que les mandataires et les serviteurs. Un gouvernement est institué pour le bonheur du peuple; s’il ne répond pas à cette fin, une majorité du peuple a le droit de l’abolir. Aucun office public ne doit être héréditaire. Les pouvoirs exécutif et législatif doivent être séparés, et distincts du pouvoir judiciaire. »

Les autres clauses avaient trait au droit de suffrage, à la liberté individuelle, à la liberté de la presse, à la milice, à l’indivisibilité du territoire de la Virginie, à la liberté religieuse.

La Convention procéda ensuite à la formation d'une constitution nouvelle. La déclaration des droits avait posé de grands et nobles principes. Mais en fait la Virginie était aux mains d’une aristocratie, et les réformes intérieures furent ajournées. La franchise électorale ne fut pas étendue. Aucune mesure ne fut prise pour l'abolition de l'esclavage. Il parut suffisant d'interdire le commerce du bétail humain sur le territoire de la colonie. Le gouverneur, nommé par l'assemblée pour un an, n’a pas le droit de veto. A côté de lui existe un conseil privé, électif, de huit membres, dont deux sont renouvelés par l'élection tous les trois ans. Avec leur avis, le gouverneur nomme les officiers de la milice et les juges de paix. C’est l'assemblée qui nomme les juges, le trésorier, les fonctionnaires. L'assemblée se compose de deux chambres : une chambre annuelle des délégués et un sénat de vingtquatre membres, dont un quart changé chaque année. Mason, avec l’aide de Henry Lee et de George Wythe, eut la plus grande part dans l'élaboration de cette constitution qui fut adoptée à l'unanimité le 29 juin. La Convention, se transformant alors en Assemblée générale provisoire, élut Patrick Henry pour gouverneur et nomma un conseil privé. Le premier gouverneur de la Virginie indépendante entra en fonctions dès le lendemain, 1°" juillet 1776. |

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Le Congrès déclare les Colonies-Unies des États libres et indépendants (2-4 juillet 1776).

: Conformément aux instructions qui leur avaient été transmises de Virginie, les délégués de cette colonie, par l'organe de l’un d’eux, Henry Lee, présentèrent au Congrès (7 juin) un projet de résolution ainsi conçu : « Les Colonies-Unies sont et doivent être, de droit, des États libres et indépendants; il sont dégagés de toute allégeance à l'égard de la couronne d'Angleterre; tout lien politique entre eux et l'État de la Grähde-Bretagne est et doit être complètement rompu. Il y a liew de prendre dès maintenant les mesures les plus efficaces pour contacter des alliances étrangères, et de préparer un plan de confédération qui sera soumis à l’examen et à l'approbation de chacune des colonies. »

Un grand débat s’engagea sur cette proposition. Elle fut combattue par Robert Livingston, du New-York, par Wilson et Dickinson, de la Pennsylvanie, par. Rutledge, de la Caroline du Sud, Ils n'étaient contraires ni à l'idée d’une confédération ni à celle d’une alliance avec la France, mais ils croyaient la déclaration d'indépendance au moins prématurée. John Adams combattit leurs objections. Le 11 juin, sur la proposition de Rutledge, et pour laisser aux délégués des colonies du centre le temps de demander de nouvelles instructions, sept colonies contre cinq votèrent un ajournement du Congrès à trois semaines, Un comité comptant, parmi ses membres, Jefferson, John Adams, Franklin, Sherman et R. Livingston, fut chargé de mettre à profit ce délai pour rédiger une déclaration en harmonie avec la résolution proposée. La rédaction en fut confiée à Jefferson parce qu'il représentait la Virginie qui avait pris l'initiative de la motion. Le lendemain 12 juin, un second comité composé de treize membres, un par colonie, eut pour mission d'élaborer un plan de confédération, A Dickinson, adversaire de l'indépendance, fut confiée la tâche de rédiger la grande charte de l'Union. Un troisième comité eut pour tâche la préparation d'un projet de conventions commerciales avec les puissances étrangères, conventions qui ne

devaient concéder aucun privilège exclusif, ni engager l’Amérique dans des combinaisons politiques à l'extérieur.

« La déclaration d'indépendance, dit Bancroft avec son emphase ordinaire, mais très justement, ne fut pas un acte de passion soudaine, ni l'œuvre d’un homme ou d’une assemblée. Elle avait été discutée sur tous les points du pays par des fermiers et des marchands, par des artisans et par des planteurs, par les pècheurs de la côte et par les trappeurs de l’ouest; dans les meetings de ville et dans les réunions au temple; dans les journaux et par des pamphlets; la décision ne fut prise que sur une véritable injonction de la volonté populaire. » :

A la reprise de ses séances,le # juillet, le Congrès comptait cinquante et un membres. Toutes'les colonies étaient représentées; toutes les délégations, moins-une, avaient reçu des instructions leur enjoignant de voter une déclaration d'indépendance , Seule la colonie de New-York ne s'était pas encore prononcée.

Au moment mème où le Côhgrès se formait en comité général pour prendre en considération la ‘résolution concernant l'indépendance, il reçut avis, par un exprès que lui envoyait le général Lee, de l'attaque imminente de Charleston par la flotte de Parker. Mais cette attaque était déjà repoussée. John Adams, dans un discours dont le texte n'a pas été conservé, résuma tous les arguments, tant de fois répétés, en faveur de la décision que le Congrès allait prendre. Dickinson qui, depuis un an, luttait contre Adams et le tenait en échec, répondit, moins pour réfuter son adversaire que pour justifier sa propre attitude : La déclaration ne donnerait ni un homme ni un canon de plus pour combattre les Anglais, Elle pouvait créer la désunion entre les colonies. Elle était inutile pour obtenir des alliances étrangères. On devrait attendre de connaître les sentiments de la France avant de franchir le pas décisif. Il ne fallait pas fermer la porte à tout accommodement avec la Grande-Bretagne. La formation de gouvernements particuliers et une entente sur les termes de confédération devaient précéder

1, Massachusetts, en janvier; Caroline du Sud, en mars; Géorgie, le 5 avril: Caroline du Nord, 14 avril; Rhode-lsland, 4 mais Virginie, 15 mai; Connecticut, 14 juin; New-Hampshire, 15 juin; Delaware, 15 juin; New-Jersey, 21 juin; Pennsylvanie, 24 juin; Maryland, 28 juin,

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la déclaration de l'indépendance. Actuellement rien n'était définitif dans le gouvernement intérieur des provinces ‘ et celles-ci n'étaient rattachées les unes aux autres par aucun pacte d'union.

La résolution fut adoptée par neuf colonies. Toute la délégation de la Caroline du Sud et quatre délégués de la Pennsylvanie sur sept votèrent contre. Le Delaware fut divisé et New-York s’abstint. Sur la motion de la Caroline du Sud, le vote sur le rapport fut renvoyé au lendemain, +

Le 2 juillet, par l’abstention &e, Dickinson et de Morris, et un revirement du Delaware et de la: Caroline du Sud, l'unanimité de douze colonies fut obtenue. La délégation de New-York, n'ayant toujours pas d'instructions, A N à l'écart*.

« Si une déclaration d'indépendance, écrit John Adams, avait été faite il y a six mois, nous auriôns pu déjà former des alliances avec des États étrangers; nous nous serions rendus maîtres de Québec et de tout le Canada. D'un autre côté le retard n'aura pas été sans de grands avantages. Les espérances de réconciliation, follement entretenues par une foule d'hommes honnètes et bien pensants, mais faibles et égarés, se sont affaiblies graduellement, puis complètement évanouies. Le temps a été donné au peuple tout entier de considérer la question avec maturité. »

La « résolution » du Congrès faisait, des Colonies-Unies, des États libres et indépendants. La « déclaration » préparée par Jefferson expliquait les raisons de cette transformation et exposait les principes sur lesquels la conduite de ces nouveaux États devait

1. Ceci n’était déjà plus exact pour quelques-unes, pour la Virginie par exemple.

2, La commission chargée de rédiger la déclaration d'indépendance avait été nommée le 11 juin, Le lendemain 12, une autre commission était formée pour préparer un plan de confédération. Un premier rapport fut déposé le 11 juillet, mais les circonstances firent ajourner toute décision. Ce n’est que seize mois plus tard (novembre 1717) que les Articles de confédération et d'union perpétuelle furent adoptés par le Congrès et soumis à la ratification des législatures d’ États. Cette ratification se fit attendre, Les États répugnaient à abandonner une part de leurs pouvoirs, Au cours de l'hiver suivant (1731-78), quatre États, New-Hampshire, New- York, Caroline du Nord et Virginie, donnèrent leur adhésion sans condition, Les autres présentèrent divers amendements que rejeta le Congrès, Le # juillet 1778, tous les États avaient donné leur assentiment, sauf New-Jersey, Delaware et Maryland, Les deux premiers se rallièrent le 9 février 1719. Le refus du Maryland d'accepter les Articles de comédération retarda pendant plusieurs années encore l'application du nouveau régime.

se régler : « Jefferson rédigea la profession de foi de l'empire qui s'élevait. Il dut cette distinction à un sentiment de respect pour la colonie qu'il représentait, à l'habileté consommée des productions politiques qu'il avait déjà composées, à cette faveur générale qui s’altache au mérite, à la modestie, et à une disposition aimable. Mais la qualité qui le rendait spécialem nt propre à cette lâche était le don naturel qu'il possédait, à un haut degré, de lire, avec une netteté instinctive de perception, dans l'âme de la nation, de concentrer en lui les meilleures’ pensées et les plus nobles sentiments du peuple et de les exprimer en termes lumineux et francs, où il mettait si peu de lui-niÿme, que son pays, en lisant ses écrits, n’y trouvait rien qu'il: re reconnüt pour son bien propre, Aucun homme de son sièclè n'eut une foi plus absolue dans la raison et dans la consciencé‘tellectives de ses concitoyens; nul ne connut mieux le moyen de Tes conseiller, et c'est par là qu'en retour il devint comme un diYééteur de l'opinion et des volontés publiques '. » +. |

Jefferson avait soumis son nrajiet de déclaration, séparément, à Franklin et à John Adams. Après avoir accepté de chacun d'eux une ou deux corrections sans importance, il l'avait présenté le 28 juin au Congrès et celui-ci en commença la discussion le 2 juillet, immédiatement après avoir voté la résolution d'indépendance.

Dans un des paragraphes où il stigmatisait la conduite de George IIT à l'égard des colonies, Jefferson reprochait au roi d'avoir constamment favorisé le commerce de l'esclavage, de l'avoir imposé aux colonies, et maintenant de vouloir soulever les esclaves contre leurs maîtres. Quelques gentlemen du sud, délégués au Congrès, et dont les yeux n'étaient pas ouverts à la pleine horreur du détestable trafic, désapprouvèrent ce paragraphe et en exigèrent la suppression. Ainsi amendée, la déclaration fut adoptée le 4 juillet par douze Etats (New-York s'abstenant), comme l'avait été la résolution.

Désormais le droit était réconcilié avec le fait. Les colonies n'avaient aucune haine théorique contre la monarchie, Pendant

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