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CHAPITRE XL

La déclaration officielle, par le Congrès, de l'indépendance des Colonies-Unies est retardée de six mois par la Pennsylvanie (janvier-juillet 1776). — La Virginie se proclame indépendante (1° juillet 1776). — Le Congrès déclare les Colonies-Unies des États libres et indépendants (2-4 juillet 1776).

La déclaration officielle, par le Congrès, de l'indépendance des Colonies-Unies est retardée de six mois par la Pennsylvanie (janvier-juillet 1776).

Le sort des armes pendant cette première année de guerre (avril 1775-juin 1776) avait été plutôt favorable aux Américains qu'aux Anglais. Les premiers, après avoir envahi le Canada, et occupé Montréal pendant quelques mois, avaien: € repasser la frontière, mais sans être poursuivis. Les Anglais avaient détruit, par le bombardement, Falmouth au nord (août 1775) et Norfolk au sud (31 décembre 1775). Ils avaient été battus à Lexington et perdirent tant de monde à Bunker Hill qu'ils considérèrent euxmèmes leur succès comme une véritable défaite. En mars 1776, ils avaient dù évacuer Boston après un blocus de neuf mois, et ils venaient d'échouer dans leur attaque sur Charleston. Dans les premiers jours de juillet 1776, il n’y avait plus un soldat anglais sur le territoire des treize Colonies-Unies. Celles-ci mirent ce moment à profit pour proclamer solennellement leur indépendance sous le nom d'États-Unis de l'Amérique du Nord.

Depuis plus de six mois l'indépendance était pratiquement

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complète. Lorsque le Congrès reçut, en novembre 1775, avis de la proclamation du roi‘, il ne fut plus possible de considérer sérieusement les chances de nouvelles tentatives d'accommodement. L'indépendance des treize colonies aurait dù être proclamée sur l’heure. Mais il y avait encore, parmi les membres de cette assemblée, un grand nombre d'esprits timides qui espéraient, soit un changement de ministère en Angleterre, soit un événement quelconque d’où pût sortir un moyen de rétablir l'harmonie. C'est surtout dans la Pennsylvanie, et dans la ville mème de Philadelphie, que dominaient ces sentiments. Or le Congrès siégeait à Philadelphie, à côté de l'assemblée pennsylvanienne où les loyalistes étaient en majorité. C’est en grande partie à l'influence exercée par ce voisinage que doit être attribuée la longue hésitation des patriotes du Congrès à proclamer officiellement cette indépendance qui existait de fait depuis le milieu de l’année 1775.

Le premier pas vers la réalisation de l'accord entre le droit constitutionnel et le fait existant fut l’organisation, dans plusieurs provinces et par l’action de la population elle-même, sur la recommandation expresse du Congrès, de gouvernements complètement autonomes, fondés sur des constitutions écrites qui impliquaient la suppression de tous liens de dépendance à l'égard de l'Angleterre. Le Massachusetts, le New-Hampshire, la Caroline du Sud avaient déjà accompli cette évolution avant la fin de 1775; les autres provinces suivirent l'exemple rapidement. L'indépendance de chaque colonie précéda en fait l'affirmation solennelle de l'indépendance des Colonies-Unies.

Quant au Congrès, depuis la reprise de ses travaux en septembre 1775, il agit, sans hésitation, comme un corps représentatif, investi de pouvoirs en quelque sorte illimités, puisque ceux-ci s'étendaient aussi loin que le bon vouloir des gouvernements provinciaux à acquiescer à ses décisions. Nous l'avons vu envoyer à Cambridge un comité chargé de conférer avec Washington sur la réorganisation de l’armée continentale. Il élut en outre un comité secret pour l'achat de poudre, de canons et de fusils, approuva la constitution d’une petite marine de guerre commencée par

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