‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 25 sur 147 · SR CERTES TON · texte numérisé non relu

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tination. On voulait un climat doux, et la Floride, abandonnée en fait par les Espagnols en dépit de leurs prétentions sur toute la côte septentrionale de l'Amérique, semblait pouvoir être occupée sans qu'aucune rivalité sérieuse en surgit. Le continent américain fut atteint près de l’embouchure du fleuve Saint-John, que l'on nomma rivière de Mai. Ribault suivit la côte vers le nord; les cours d’eau devant lesquels on passait reçurent successivement les noms de Seine, de Loire, de Garonne. Enfin on arriva à l'entrée de la baie de Port-Royal, que l’on prit pour l'estuaire d’un grand fleuve. Le lieu parut très propice pour l’établissement d'une colonie. Ribault construisit un fort, qu'il nomma Caroline en l’honneur du roi Charles IX, y laissa vingt-six huguenots pour garder la place jusqu'à son retour et rentra en France avec les navires. La petite colonie ne prospéra point. Le chef était violent et cruel; ses soldats le tuèrent, puis le mal du pays les saisit; ils construisirent un mauvais brigantin et y montèrent sans prendre la précaution de se munir de vivres suffisants. Affaiblis par la famine, ils furent accostés par un côtre anglais qui débarqua sur les rivages de France les plus décharnés de ces malheureux et emmena les autres prisonniers en Angleterre (1563). Il n’est pas impossible que les informations données à quelques personnages de la cour par ces Français captifs aient provoqué en partie les premières tentatives des Anglais pour fonder un établissement permanent en Amérique.

L'année suivante (1564), la puix ayant été momentanément rétablie entre Charles IX et les huguenots, Coligny reprit son projet de colonisation de la Floride, Les récits les plus merveilleux avaient cours sur ce pays : un y jouissait d’un climat si salubre que la durée de la vie y était doubiée; la contrée d’ailleurs devait recéler des mines d'or. Les colons affluèrent, tous protestants : on en remplit trois bâtiments que Coligny confia à René de Laudonnière, Celui-ci avait déjà fait le premier voyage. Il parvint en soixante jours en Amérique par la route habituelle des Canaries el des Antilles, La baie de Port-Royal, qui ne pouvait que suggérer de pénibles souvenirs, fut évitée, et un nouveau fort Caroline fut élevé à l'entrée de la rivière de Mai. Les relations avec les Indiens furent d'abord excellentes; ces sauvages regardaient les

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