‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 26 sur 147 · D ES · texte numérisé non relu

D ES

DR TRE 2e on D mat or D, or < pa s

RE. © nn … La

blancs comme des ètres supérieurs dont ils attendaient protection. Mais les colons, bons huguenots, amis sincères de leur patrie et fervents croyants, n’en étaient pas moins des sujets fort turbulents et peu commodes à diriger. En dépit desrecommandations qu'avait faites Coligny au départ, ces soldats ne se transformaient pas en cultivateurs; les vivres se firent rares et bientôt il fallut arracher de force aux Indiens leurs faibles provisions de maïs. Le découragement fit de rapides progrès; rien n'arrivait de France. On résolut de partir et on commença à construire des brigantins. Au milieu des préparatifs arriva le négrier John Hawkins qui venait de vendre une pleine cargaison d'esclaves dans les Indes Occidentales. Il se montra très bienveillant, fournit des vivres et laissa même un bâtiment. L'embarquement définitif allait avoir lieu quand arriva à son tour Jean Ribault avec de nouveaux colons qui avaient emmené leurs familles et émigraient sans idée de retour. Il apportait encore à la colonie des vivres, des instruments pour tous métiers, des animaux domestiques de diverses espèces. Il n'était plus question de partir; la France et la foi calviniste allaient prendre pied sur le continent américain.

Mais l'Espagne veillait. Quelques hommes avaient quitté la colonie huguenote en s'emparant de deux petits bâtiments de la colonie avec lesquels ils se mirent à poursuivre en pirates les navires de commerce espagnols. Ils furent pris et la plupart vendus comme esclaves. Quelques-uns échappèrent et revinrent au fort Caroline, mais pour y trouver une condamnation à mort. Ce chàtiment ne suffit pas aux Espagnols, qui résolurent de se venger. Ils ne pouvaient supporter l'intrusion d'étrangers dans une partie de leur domain», laisser un établissement rival menacer leur monopole commer ; ns les Antilles et dans l'Amérique centrale, souffrir que l'hére.s calviniste vint s'implanter à côté même de possessions catholiques du royaume, Philippe I trouva un agent capable de comprendre et d'exécuter ses desseins dans Pedro Melendez de Avilez, aventurier qui avait fait sa carrière et sa fortune dans les Antilles, Des actes inouis de cruauté et aussi peut-être des malversalions lui avaient valu une condamnation après enquête. Le roi d'Espagne, qui estimait sa valeur et voulait user de ses services, lui remit la moitié de son amende et lui confia une mission en Floride.

ka FREE

Me ho qu la 1 tou blis une list cen cen s'e per mer pou colo le blis:

jour l'étr Mel

penc

gnel ront

l'an( à Sa prit de t la v

R sûre avai nav sud

Mel

tection.

atrie et rbulents qu'avait t pas en arracher > décounce. On tins. Au ui venait Occidenet laissa voir lieu olons qui e retour.

nts pour pèces. II e allaient

quitté la nts de la rates les rt vendus t au fort Ce chànger. Îls artie de onopole , souffrir possescapable endez de dans les alversaoi d'Esices, lui Floride.

Melendez s'engageait à fonder en ce pays une colonie de cinq cents hommes dont cent marins et à y transporter douze prêtres et quatre jésuites. Le roi lui donnait le titre de gouverneur à vie de la Floride et de grands avantages de toute sorte, pécuniaires surtout. L'article fondamental du traité était la destruction de l’établissement calviniste. La nouvelle que des huguenots fondaient une colonie en Floride avait excité en Espagne un accès de fanatisme. Melendez eut plus de monde qu'il n’en voulait. Aux trois cents soldats que le roi lui donnait, il joignit deux mille cinq cents personnes, marins, soldats, prêtres, paysans, ouvriers, dont il s'engagea personnellement à payer les services. Une tempète dispersa: la flotte et Melendez arriva à Porto-Rico avec le tiers seulement de son effectif. Sans attendre le reste, il remit à la voile pour la Floride, nota en passant, comme emplacement de la colonie qu'il voulait fonder, l'entrée d’une baie à laquelle il donna le nom de Saint-Augustin, et se mit à la recherche de l'établissement français. Ribault venait d'arriver depuis quelques jours lorsque parurent les voiles espagnoles. On demanda à l'étranger qui il était et ce qu’il voulait : « Je suis, répondit-il, Melendez d'Espagne, envoyé par mon roi avec l'ordre strict de pendre ou décapiter tous les protestants dans ces parages. J'épargnerai tout Français qui sera catholique; les hérétiques mourront, »

La flottille française n’était pas de force à résister; elle leva l'ancre et partit. Melendez la poursuivit vainement et retourna à Saint-Augustin. Il débarqua le jour de la Nativité de la Vierge, prit possession du sol au nom de Philippe IT proclamé monarque de toute l'Amérique du Nord, et commença la construction de la ville !,

Ribault, de retour au fort Caroline, estima qu'il y avait plus de sûreté à prévenir l'attaque des Espagnols qu'à l'attendre., A peine avait-il quitté le port qu'une tempète terrible éclata, Tous ses navires furent brisés contre les rochers à une grande distance au sud du fort Caroline. Les équipages purent se sauver à terre. Melendez résolut de mettre à profit sans tarder l’aide que la nature

1, En anglais Saint-Augustine,

cs Le RER

rm tre ne

D CS a da " eee ste anaeme tent. APTE EE

me use PRE RTS

Sn

A ui = — mms

venait de lui donner. Les vaisseaux, abrités dans le port de Saint- Augustin, avaient peu souffert. Il prit cependant le parti d'attaquer par terre, comptant avec raison surprendre la colonie à l’improviste et sans défense. Il fit traverser à ses troupes les marécages et les forêts vierges qui séparaient Saint-Augustin du fort Caroline et enleva la position d'assaut en quelques instants. Alors le carnage commença : hommes, femmes, enfants, rien ne fut épargné. L'œuvre sanglante achevée, une messe fut dite, une croix élevée, et la première pierre d'une église solennellement posée. Quelquesuns des colons avaient pu s'échapper en se jetant dans les bois, entre autres Laudonnière, Challeux et le peintre Le Moyne qui ont écrit des relations de ce massacre. Ils furent recueillis par un petit bâtiment français qui avait été laissé dans le port. Quant aux naufragés de la flotte de Ribault, ils ne tardèrent pas à être découverts dans les forêts où ils erraient à l'aventure, sans espoir de salut, épuisés, mourant de soif et de faim. Ils capitulèrent, comptant sur un sentiment de pitié. Quelques catholiques eurent la vie sauve, et quelques ouvriers furent vendus comme esclaves. Tous les autres, y compris Ribault, furent massacrés « non comme Français, mais comme luthériens ». Certains témoignages portent à neuf cents le nombre des victimes de Melendez.

La cour de France resta indifférente au sort des huguenots de la Floride. Mais un vaillant gentilhomme calviniste de la Gascogne, Dominique de Gourgues, prit la chose d'une autre façon ct résolut de venger l’assassinat de ses coreligionnaires. Il avait bien des raisons de haïr les Espagnols. Parmi les aventures sans nombre dont sa vie avait été remplie, il en était une dont le souvenir lui était particulièrement douloureux. Prisonnier, il avait ramé sur les galères d'Espagne et ce fut une délivrance quand les Tures le prirent un jour avec le bâtiment où il servait. De Gourgues vendit ses propriétés (1567), reçut quelque argent de ses amis, équipa trois vaisseaux et s'embarqua avec deux cents soldats ou marins pour la Floride avec la seule intention de tuer à son tour ceux qui avaient lâchement tué. Il surprit (1568) un des deux forts élevés à l'embouchure de la rivière Saint-John (San Matheo des Espagnols), pendit ses prisonniers aux arbres et fixa au-dessus de leur tête cette inscription : « J'ai pendu ces gens, non comme

PR Pc Re

Page 1