LA GRANDE ÉMIGRATION PURITAINE
sonnages riches et influents, Associé avec sir Henry Roswell, John Endicott et d’autres gentlemen de Dorchester, il forma une compagnie et acheta du Conseil de Plymouth (1628) le territoire compris entre la rivière Charles’ et une ligne tirée à trois milles au nord du Merrimac, de sa source à son embouchure. La compagnie ne tarda pas à recruter à Londres de nouveaux associés de haut rang, entre autres Winthrop, Dudley, Eaton, Saltonstall, Bellingham. On fit partir un premier convoi d'émigrants (une
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Æarttord
Le Massachusetts,
centaine) sous la direction d'Endicott (1629) qui, arrivé à Naumkeag, donna à cette localité le nom de Salem et joignit à sa petite troupe les quelques colons que Roger Conant y avait déjà établis, Un détachement, envoyé en exploration à travers la forêt vierge qui couvrait toute la côte, construisit quelques log-houses sur l'isthme de Charlestown (ville de Boston).
En Angleterre, le succès de la compagnie allait croissant, les associés affluaient de tous les points du royaume, Aux deux groupes principaux des « hommes de Dorchester et de Londres » vint s'en ajouter un troisième, celui des « hommes de Boston », I s'agissait maintenant d'obtenir une charte royale conférant des
1, Qui se jette au fond de la baie de Massachusetts dans la ville même de Boston,
Fée
pouvoirs de gouvernement, le Conseil de Plymouth n'ayant pu donner qu'une concession territoriale. Les démarches faites par Bellingham et White aboutirent heureusement, grâce à l'appui du comte de Warwick et de l’un des secrétaires d'État, lord Dorchester. Charles I‘ signa la patente qui dotait d'une existence politique la « Compagnie de la baie de Massachusetts ». C'était queiques jours à peine avant que le roi eût pris et rendu publique sa résolution de gouverner désormais sans Parlement.
Les membres de la corporation ou sociétaires devaient se réunir au moins quatre fois par an, Le gouverneur et les assistants, élus annuellement par cette assemblée, avaient le pouvoir de fixer les conditions d'admission des nouveaux associés, d'imposer aux futurs colons des serments de suprématie et d'allégeance (serments politiques et religieux), de transporter des émigrants sur les terres de la compagnie, de défendre ces terres par les armes, d'administrer en toute liberté les affaires sociales, Jien n'était stipule pour la liberté religieuse. Les colons devaient conserver la jouissance de leurs droits de sujets anglais. L’assentiment royal n'était point réservé pour les lois que voterait l'Assemblée des sociétaires ou les décisions que prendraient le gouverneur-et les assistants. «, 1levez le mot de Compagnie, c'étsit la constitution d'un État indépendant avec des pouvoirs très mal définis ‘. »
Un mois après l'octroi de la charte, la compagnie était complètement organisée, Matthew Cradock nommé gouverneur en Angleterre et Endicott gouverneur en Amérique, Les fonds étaient réunis et un premier convoi de six bâtiments changes de provisions et de bétail emportait der x cents émigrants au Mussichusetts sous la conduite de deux « pieux et éminents ministres », Skelton et Higginson (1629). Le petit établissement de Salem, compris le ñoyau de pionniers campés à Charlestown, emt «lors une population d'environ 300 habitants, dont le tiers péril en quetques mois de maladie, de faim et de froid, Mais les hommes qui composaient la compagnie de la baie de Massachusetts représentaient un élément dont la puissance s'accroissait avee rapidité
en Angleterre; ils avaient derrière eux des forces religieuses,
1, H.-C, Lodge, English Colonies in America.
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