RHODE-ISLAND ET CONNECTICUT
violentes éclatèrent entre ces bourgades, et pendant longtemps celles-ci ne présentèrent point le spectacle d'une société régulière, Toutes les croyances religieuses se donnaient rendez-vous autour de la baie de Narragansett. Williams lui-mème embrassa en 1639 les doctrines des anabaptistes et fonda la première église baptiste en Amérique. Mais il abandonna bientôt cette secte pour essayer d'une autre et finalement arriva à cette conclusion qu'aucune organisation ecclésiastique n'était nécessaire, attendu que le christianisme n’était qu'un nom servant à désigner l'humanité, et
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Connectieut et Rhode-Island.
le reste, « formalité pure, idolâtrie matérialiste, blasphème israélite ou papiste contre la religion chrétienne ». En 1644 John Clarke, un des compagnons d’exil d'Anne Hutchinson, reprit les doctrines dont s'écartait Williams et alla fonder au sud de l'île Aquiday (où s'élève aujourd’hui la ville de Newport) la seconde église baptiste américaine. Williams, voulant mettre un peu d'ordre dans sa colonie, se rendit en Angleterre pour demander une patente à ses amis du Long Parlement ; il fut bien accueilli par les commissaires des « plantations d'Amérique » et revint avec une charte par laquelle le pays au nord et à l’ouest de la baie de Narragansett était dénommé colonie de Providence, et ses habitants autorisés à se gouverner eux-mêmes comme ils l’entendraient
(1647). Un gouvernement régulier fut alors établi; il se composuit d'un président, de quatre assistants et d'une Assemblée. Une conplète liberté de croyance et de culte était assurée à tous ceux qui viendraient s'établir dans la colonie, première proclamation formelle de la liberté religieuse en Amérique !. Des lois furent votées et soumises ensuite à l'approbation des assemblées primaires dans les villages. Les assistants furent investis du pouvoir judiciaire, La colonie vota un don de cent livres sterling à Williams pour le dévouement qu'il avait mis à obtenir la charte. C'était d’ailleurs une société encore complètement dans l'enfance. Rhode-Island et Providence comptaient à peine au moment de la restauration des Stuarts (1660) trois mille habitants.
Les puritains dans la vallée du Connecticut.
Guerre des Pequods.
La mème année (1630) où Winthrop débarquait dans la baie de Massachusetts avec toute la compagnie et la charte royale récemment obtenue, le Conseil de Plymouth, toujours maitre, au moins nori nalement, de tout le territoire de la Nouvelle-Angleterre, concéda au comte de Warwick la propriété de la vallée du fleuve Connecticut, sur la fertilité de laquelle des récits merveilleux s'étaient répandus en Angleterre. Le comte de Warwick repassa la concession à une société puritaine composée de lord Say and Sele, lord Brooke, John Hampden, Pym, ete. La propriété était limitée, au nord par la frontière du Massachusetts, à l'est par la baie de Narragansett, au sud par la mer sur une étendue de côtes de 120 milles; à l’ouest elle s'étendait entre deux lignes parallèles jusqu'au Pacifique. En 1633 furent établies presque simultanément sur le fleuve, à une certaine distance de l'embouchure, deux stations (trading posts) pour le commerce des fourrures, l’une par des gens de New-Plymouth, l’autre en aval par les Hollandais de l'île de Manhattan (embouchure de l'Hudson). La station hollandaise fut appelée la maison de Bonne-Espérance (the House of Good Hope) et devint plus tard, sous le nom