‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 75 sur 147 · Né le 22 novembre 1643 à Rouen, rue de lu Grosse-Horloge · texte numérisé non relu

Né le 22 novembre 1643 à Rouen, rue de lu Grosse-Horloge

2. Consulter sur cette expédition et les suivantes de Cavelier de La Salle les Mémoires el Documents pour servir à l’histoire des origines françaises des pays d'outre-mer, publiés par P. Margry, les Historical collections of Louisiana (New- Yovk, 1816), le Mémoire de Tonti, la Relation de Hennepin, le Journal historique de Joutel, enfin les ouvrages de Fr, Parkman,

champs, son gibier, son trafic de pelleteries et sa clientèle indienne, il alla chercher en France une commission royale pour lPachèvement de l'exploration du Mississipi et le monopole du commerce des peaux de buffles. De retour à Frontenac (1678), et second par son lieutenant, le chevalier Tonti, il prépara aussitôt l'exptdition. L'hiver fut consacré à la construction d'une barque de soixante tonnes, le Griffon, sur la rive du lac Érié, non loin de l'emplacement actuel de Buffalo. Le Griffon mit à la voile (août À 1679), portant le Français La Salle, l'Italien Tonti, le Flamand je Û Hennepin, plusieurs frères de l’ordre des Récollets, et une trentaine de matelots, chasseurs, et soldats. Le Griffon franchit les deux détroits et le lac Saint-Clair qui font communiquer les lacs Erié | et Huron, remonta ce dernier, franchit le détroit de Mackinaw, traversa le lac Michigan et jeta l'ancre au fond de Green Bar, traçant, en vingt jours, un parcours devenu depuis une des grandes

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voies commerciales des États-Unis.

On renvoya le Griffon avec un chargement de fourrures; le bateau devait rapporter des provisions et on l’attendrait au fond du lac Michigan. Pendant l'hiver de 1679 à 1680, La Salle construisit le fort Miami à l'embouchure de la rivière Saint-Joseph. Puis il passa de cette rivière dans un des affluents de l'Illinois, h À dont il descendit le cours jusqu'’au-dessous de Peoria. Là un | | second fort fut élevé et reçut le nom de Crèvecœur, de l'inquié- 3

t tude que causait à la compagnie l'absence de toute nouvelle du Griffon. En mars La Salle n'y tint plus. Laissant Tonti à Crève- À cœur, il partit à pied avec une escorte de trois hommes pour le fort Frontenac, s’attacha à suivre le plateau ondulé formant

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fi des grands lacs, et traversa ainsi les futurs États de l'Illinois, de

| l'Indiana, de l'Ohio, de Pennsylvanie et de New-York. A Frontenac il trouva ses affaires fort en désordre. Le Griffon avait fait Ë

naufrage ; on avait répandu le bruit de la mort de La Salle, et 1

des créanciers avaient saisi ses propriétés. Grâce au gouverneur Ë

général, La Salle put rétablir sa situation et préparer l'achève- |

ment de son entreprise. Au mois de novembre de la même année, il élait de nouveau au sud du lac Michigan avec des recrues et des provisions, mais les forts Miami et Crèvecœur étaient

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LES FRANCAIS AU CANADA. 261 abandonnés. Hennepin avait descendu l'Illinois, remonté le Mississipi jusqu'aux chutes de Saint-Anthony, puis il était rentré à Québec par le Wisconsin, la rivière Fox et la baie Verte. De là il passa en France et publia en 1683 un récit de ses aventures. Tonti avait été attaqué par des Iroquois et s'était enfui vers la baie Verte.

Ces accidents ne purent décourager La Salle. 1 bâtit un nouveau fort sur l'Illinois (fort Saint-Louis), retourna à Frontenac chercher des hommes, des armes et des vivres. En novembre 1681, nous le retrouvons sur l'Illinois avec Tonti qui avait rejoint sou chef, Ils passèrent l'hiver à construire une barque et partirent en février; ils descendirent l'Illinois, entrèrent dans le Mississipi et suivirent son cours jusqu'au golfe. La Salle prit solennellement possession de l'embouchure (9 avril 4682) au nom du roi de France. Le pays recut le nom de Louisiane, du nom de Louis XIV, alors à l'apogée de ses triomphes et de sa gloire. La Salle reprit le chemin du nord, laissa Tonti au fort Saint-Louis, et se rendit en France où la nouvelle de sa découverte l'avait précédé. Il oblint du roi par Scignelay, fils de Colbert, une frégate et trois autres bâtiments, portant cinq prêtres, douze gentilshommes, une centaine de soldats, des artisans et des laboureurs, en tout deux cent quatre-vingts personnes, un plein chargement de provisions et d'instruments de travail. On allait coloniser la Louisiane (1684.

Par malheur La Salle, dépassant l'embouchure du Mississipi, alla débarquer vers l’ouest (1685) sur un point de la côte du Texas, baie de Matagorda. Les colons tombèrent vite dans le découragement, On explora en vain tout le pays : le Mississipi restait introuvable. Aucun secours ne vint de France. Le climat, le désespoir, les maladies réduisirent à trente-six le nombre des malheureux colons. La Salle prit avec lui (1687) seize d'entre eux pour regagner le Canada par terre. Après trois mois de courses sans fin, deux de ses compagnons mutinés le tuèrent et furent massacrés à leur tour; la troupe se dispersa. Quelques-uns se joisnirent à des Indiens; six purent regagner un poste laissé par Tonti à l'embouchure de l'Arkansas. Tonti en effet était descendu du fort Saint-Louis pour rencontrer son chef à l'embouchure du Mississipi. Après l'avoir longtemps attendu, il laissa pour lui une

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lettre à quelques Indiens du voisinage qui la remirent quatorze ans plus tard aux premiers hommes blancs qu'ils virent arriver. Les vingt colons laissés sur le rivage du golfe périrent obscurément; trois ou quatre avaient pu gagner le Mexique. On ne sait même pas où le fort était situé. Telle fut l'occupation temporaire sur laquel!£ la France établit ses droits à la possession de la Louisiane et qui permit cent cinquante ans plus tard aux États-Unis de revendiquer le Texas comme faisant partie de cette mème Louisiane acquise par achat.

Guerre contre les Iroquois (1683-1689).

Pendant le voyage de La Salle dans l'ouest, le désordre croissait dans l'administration de la Nouvelle-France. Frontenac (gouverneur général depuis 1672) ne pouvait s'entendre avec les Jésuites et l'évèque; il jeta en prison un abbé de Salignac-Fénelon du séminaire de Saint-Sulpice qui avait prèché contre lui. Il se querellait avec l'intendant et favorisait, malgré la vive opposition des missionnaires, le tralic funeste des négociants du désert qui vendaient des spiritueux aux Indiens, L'évèque de Québec se rendil en France en 1678 et en rapporta une ordonnance interdisant sous des peines sévères la vente des liqueurs fortes aux Peaux-Rouges, Le gouverneur général et l'intendant furent rappelés (1682) «l remplacés par de La Barre et de Meules qui, à leur arrivée, trouvèrent la colonie sérieusement menacée par les Iroquois.

La confédération des Cinq-Nations était à ce moment à l'apogée de sa puissance, Ses bandes guerrières n'avaient cessé depuis quelques années de harceler toutes les tribus voisines au sud et à l'ouest, et leurs conquêtes s'étaient étendues dans toutes les direclions, jusqu'au sud de la grande vallée de l'Ohio el aux terrains de chasse d'une autre nation puissante, les Cherokees, Les Anglais s'efforcèrent dans la suite d'umplilier encore les prétentions des lroquois sur les régions situées à l'ouest de la chaine des Alleghanys. Alléguant cie les Iroquois avaient reconnu et accepté la souveraineté de l'Angleterre sur le territoire de la confédération, le gouvernement britannique prétendait avoir sur la vallée de l'Ohio jusqu'au Mississipi des droits supérieurs à ceux que les

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LES FRANCAIS AU CANADA. 263 Francais üraient de la simple découverte du fleuve. L'expédition de La Salle avait provoqué des inquiétudes chez les Iroquois. On les a vus attaquer un de ses postes sur l'Illinois. En dépit des efforts de Lamberville, missionnaire à Onondaga, les Cinq-Nations ouvrirent de nouveau les hostilités contre le Canada en 1683. A Québec on s'attendait à cette attaque. Le gouverneur avait convoqué une assemblée de notables pour prendre l'état de la province en considération, Il avait été décidé de demander des renforts en France &t'on avait reçu de la mère patrie lrois compagnies de troupes de marine, dont l'une commandée par le baron La Hontan, qui a laissé d'intéressants mmoires sur ses aventures et observations dans la Nouvelle-France. La Barre fut remplacé (684) par le marquis de Denonville, qui arriva à Québec avec 500 où 600 hommes de troupes régulières de France. L'intendant de Meules fut remplacé par de Champigny. Enfin le chevalier de Vaudreuil amena encore quelques autres compagnies de troupes le marine, Denonville ayant attiré quelques chefs au fort Frontenac 1687) les garda prisonniers et les embarqua pour la France, Puis il envoya une petite armée de 800 réguliers, 1000 Canadiens et 300 Indiens ravager le pays des Senecas. L'année suivante, efravé d'un mouvement offensif des Iroquois, il leur paya tribut pour arrèler une invasion. Les hostilités recommencèrent en 1689. Les Iroquois pénétrèrent cette fois jusqu'en plein Canada, attaquérent par surprise l'île de Montréal, y tuèrent deux cents colons, emmenèrent autant de prisonniers et jetèrent la terreur dans Québec, établissement des Français au Canada semblait sur le point de périr, Alors que les Iroquois se montraent si formidables à nos compatrioles campés sur les rives du Saint-Laurent, un nouvei ennemi surgit contre le Canada, I lui fallut tenir tête non seulement aux sauvages, mais aussi aux colons anglais de la côte de l'Atlantique entrainés par Angleterre dans la lutte que celle-ci venait d'engager en Europe contre la domination de Louis XIV.

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Le Canada et les colonies anglaises entraînés dans les guerres européennes (1689-1713).

Le grand Roi occupait, à la fin du xvn° siècle, la position qu'avait tenue Philippe IE au siècle précédent. Tous ses voisins, les Hollandais, les Allemands, les Espagnols, maintenant aussi les Anglais, redoutaient son ambition démesurée que venaient «dk trahir, après la paix de Nimègue, l'établissement des « Chambres de réunion », les annexions de terriloires en pleine paix, le bombardement de Gênes, les humiliations infligées à la papauté. l'occupation de l'archevèché de Cologne, les prétentions à l'hériage d'une partie du Palatinat. Quand toutes les craintes de l'Europe étaient déjà éveillées par ces actes d'arrogance et de mépris du droit des gens, Louis XIV commit (1685) la plus grande faute de son règne en révoquant l'édit de Nantes, ce qui fit sortir du royaume près de 300000 protestants et porta les procédés des arts francais et les secrets de nos manufactures, en même temps que de précieuses recrues militaires, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre el jusque dans l'Amérique anglaise. L'Empire, l'Autriche, l'Espagne, les Pays-Bas, la Suède signèrent en 168N la ligue d'Augshbourg; la Savoie et la papauté y adhérèrent bientot el aussi l'Angleterre, après que la révolution de 1688 eut renversé du trône le catholique Jacques IE pour y faire monter le calviniste Guillaume d'Orange sous le nom de Guillaume HE Celui-ci fat l'âme de fi ligue, Toul poussait F'Angleterre à se jeter avec acharuement dans cette lutte contre la France : l'horreur du catholicisme, une haine nationale héréditaire et la jalousie commerciale, En Amérique, les colons de la Nouvelle-Angleterre épousèrentallesre ment la querelle de la métropole, I leur parut que la conquète du Canada ne serait qu'un jeu, puisque les Peaux-Rouges leur avaient déjà fravé la voie jusqu'à Montréal.

La lutte semblait en effet bien inégale, Les colonies anglaises d'Amérique complaient en 1689 environ 200 000 habitants. Mais la moitié au moins occupaient les établissements fondés au sud du Delaware el ne prirent aucune part à la lutte, Aucentre, New-erses etla Pennsylvanie commencaient à peine à être colonisés, Le Canada,

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LES FRANCAIS AU CANADA. 265 d'autre part, élait peu peuplé; la sévérité du climat et du sol avait découragé l'immigration, FE v avait à peine dix mille colons répartis dans les immenses solitudes arrosées par le Saint-Laurent, L'énergie et l'initiative individuelles étaient étouffées sous l'action abôtissante du despotisme mililaire et religieux et ne se retrouvaient que chez les missionnaires et les chasseurs de fourrures. Dans l'Acadie, du Penobscot aux humbles villages de Beau-Bassin et du Bassin de Minas (baie de Fundy), on eût à peine compté {rois mille blanes. Cependant les Francais avaient couvert de missions les rives des lacs Huron, Supérieur et Michigan; ils avaient exploré le Mississipi des chutes de Saint-Anthony au golfe du Mexique et les rivières Wisconsin, [inois. Ohio, de leur sourec à leur embouchure, alors que les habitants des colonies anglaises en élaient encore à connaitre la partie supérieure de leurs princi paux cours d'eau, Connecticut, Delaware, Susquehannah, Potomue, James River, el ne s'étaient jamais aventurés jusqu'aux montagnes qui bornaient à l'ouest leurs étroits établissements,

Les colonies de la Nouvelle-Angleterre et celle de New-York, qui soulinrent tout le poids de Ta latte, devaient payer cher leurs illusions de facile conquête du Canada, La dévastation des villages sur les frontières, d'immenses souffrances individuelles, l'appauvrissement des gouvernements coloniaux, teis devaient être les résultats des deux «guerres inter-coloniales >, la première de 1689 à 1697 qui fut arrêtée par la conclusion de Ta pairs de Ryswiek, et la seconde qui coïncide avec la guerre de la succession d'Espagne en Europe (701-1713).

Lorsque la nouvelle de la déclaration de guerre fut parvenue en \nerique, Le baron Caslin exeila les obus indiennes de l'est

\eudie, Nouveau-Branswiek et Maine) à se jeter sur les établissements anglais du New-Hampshire, Les autorités provinciales du Massachusetts envoyèrenten toute hâte des commissaires à Mbans pour négocier une entente avec les guerriers des Cinq-Nations, qui promirent de continuer la guerre contre les Français, Cependant les Froquois avaient été forcés d'abandonner Montréal, En même leups le Canada recevait de France un secours précieux. Fronlenae revenait en qualité de gouverneur, avec des troupes, des

munilions et de vastes projets, FH voulait chasser les Anglais de la

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baie d'Hudson, concédée à une compagnie en 1669 par Charles I, en finir avec la confédération iroqnoise et conquérir la province de New-York. Malheureusement le fort Frontenac, n'étant point ravitaillé à temps, venait d'être abandonné. Il fallut renoncer à tenter une attaque par terre contre la ville de New-York, menacée du côté de la mer par une escadre. Frontenac se contenta de lancer lrois colonnes volantes chargées de mettre à sac Les établissements disséminés sur la limite occidentale des colonies britanniques. Une de ces bandes se composait d'Indiens Mohawks convertis et de quelques-uns des soldats amenés par le gouverneur, en tout deux cents hommes. On exploita sans serupule l'influence acquise sur les Peaux-Rouges par les missionnaires, À ces néophytes enthousiastes et naïfs on dénonca les Anglais, non seulement comme des ennemis à vaincre, mais comme des hérétiques à exterminer au nom de la religion, La troupe partit de Montréal en janvier 1690, La neige couvrait l'immensité de la forèt, Les rivières gelées servirent de sentiers. Vingt jours de marche rapide en ile indienne firent alteindre Shenectady, le poste le plus avancé au nord de la province, une quarantaine de huttes protégées par une palissade, A minuit les Indiens poussent le eri de guerre el s'élancent:; les cabanes sont en flammes: soixante habitants sont lués, vingt-sepl pris vivants; les autres à demi nus s'enfuient vers Albany au milieu d'une tempête de neige, Les assaillants reprennent le chemin du Canada avec leur maigre butin et les p'isonniers. Les autres bandes font de même, brüiant, pillant, tnassacrant, Une extrème pénurie de ressources réduisait Fronlenac à ces tristes expéditions qui ne pouvaient avoir aucun résultat militaire sérieux, et ne faisaient que répandre dans toutes les colonies l'horreur du nom francais,

Une expédition du Massachusetts contre l'Acadie el une autre combinée entre la Nouvelle-Angleterre et le New-York contre bi Canada furent des opérations de guerre d'en caractère plus regurlier, La première, commandée par Phipps, n'aboutit qu'au pillage du chétif établissement de Port-Royal, Pour la seconde, les colonies coalisées réunirent huit cents hommes que Winthrop du Conneeticul fut chargé de diriger sur Montréal, L'avant-sarde, composée de Mohawks, fut repoussée par Frontenae, el Le gros de

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LES FRANCAIS AU CANADA. 267 la troupe arrèlé en route par la variole et le manque de vivres, l'hipps, avec une trentaine de bateaux et deux mille hommes, arrivait par le Saint-Laurent devant Québec. Mais il avait mis plus de deux mois à trouver l'embouchure. Frontenac, prévenu par un coureur indien, était prèt et les fortilications bien garnies. L'hiver approchait; Phipps dut se retirer, laissant quelques canons sur la rive. À la cour de France on célébra la délivrance de Québec ; le roi fit frapper une médaille avec la légende : Francia in novo orbe vielrie,

Cette double tentative manquée avait imposé de lourds sacrifices aux colonies. Quand Phipps revint à Boston, l'argent manquait pour payer les matelots. Devant une menace de s“dition, la Cour cénérale se résigna à émettre des billets de crédit, le premier papier-monnaie mis en cireulation dans les colonies anglaises. Au Canada le même expédient avait dù être adopté cinq auinées auparavant, L'année suivante les villages du Maine furent affreusement ravagés, Les Indiens luaient les hommes et enlevaient les femmes pour les vendre comme servantes, Une de ces malheureuses viclimes s'illustra par un acte héroïque de vengeance. Une bande était venue mettre à sac Haverhill, à vingt-cinq milles à peine de Boston, el emmenait, entre autres prisonniers, Hannah Dustin, mère depuis huit jours. Les cris de l'enfant importunèrent un des sauvages, qui le saisit et l'écrasa contre un arbre, On était déjà à cent milles de Boston, lorsqu'une nuit Hannah Dustin éveilla la nourrice qui l'accompagnait et un enfant européen, prisonnier comme elle. Elle tua à coups de hache trois ou quatre Indiens composant la famille à laquelle elle était assignée, et s'enfuit avec ses deux compagnons, Tous trois, en plein hiver, deux femmes et un enfant, purent rentrer saufs à Haverhill.

Le souverneur du Canada, ayant réoccupé le fort Frontenae et rétabli les relations régulières avec les postes des lacs supérieurs, drisea en 1696 un effort décisif contre les Oneidas et les Onondagas, deux des Cinq-Nations, et qui habitaient les bords de la riviere Oswego, Quand ils virent leurs villages brûlés et leurs champs de mais dévastés, ils implorèrent la paix. Débarrassé de ces redoutables ennemis, le gouverneur du Canada préparait activement une invasion générale des colonies britanniques, lorsque

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