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A trés peu d'exceptions près, tous les ministres de ces églises avaient été formés au collège Harvard à Cambridge, près de Boston ‘. Les chefs du parti théocratique étaient Elisha Cooke, et les deux Mather, Increase et Cotton, le pire et le fils, pasteurs el membres du conseil. Stoughton sous-gouverneur, successeur de Phipps, ménagea ces représentants de l'ancien puritanisme. lis n'eurent pas non plus à se plaindre du comte de Bellamont qui, chargé de gouverner à la fois New-York et le Massachusetts, arriva à Boston en 1699. Très affable, il ne cessa de témoigner une grande déférence aux ministres et aux favoris de la foule, Il suivait les offices de l'église épiscopale, mais assistait ensuite aux sermons dans le temple congrégationaliste voisin, La Cour généale, qui jadis donnait à peine 400 dollars de traitement annuel à ses gouverneurs, se montra prodigue pour Bellamont et lui vota en quinze mois 9000 dollars. Il fut le premier gouverneur qui ouvrit les sessions de la Cour générale par un discours solennel, Sa mort (1701) permit à Dudley d'atteindre l'objet constant de sou ambition, qui était de redevenir gouverneur du Massachusetts. IT était fort impopulaire et sa nomination fut mal accucillie, surtout par le parti religieux, qui devinait en lui un dangereux enpemi. Dudley, en effet, entra presque immédiatement en lutte avec Cooke et les Mathers, ne cessa de se quereller avec l'Assemblée, où ses adversaires étaient en majorité, et ne put parvenir à se faire attribuer, ainsi qu'aux juges, un traitement permanent, comme le portaient les instructions qu'il avait reçues du gouvernement anglais.
Il se vengea en favorisant 2: développement, dans le Massachusetts, des doctrines et de l'influence du « Latitudinarianism », école nouvelle qui s'était formée vers la fin du xvne siècle, dans le monde protestant, pour réconcilier la raison avec la révélation et rejeter, non seulement l'autorité de la tradition (sur laquelle s'appuyaient les catholiques et les protestants épiscopaliens), mais aussi la « persuasion intérieure » que les puritains appelaient la foi.
Les adeptes de cette nouvelle secte faisaient reposer la vérité
4.11 y avait à la fin du xvu° siècle 80 églises dans le Massachusetts et 120 dans la Nouvelle-Angleterre, Harvard avait déjà fourni 150 ministres.
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du christianisme sur le témoignage de la prophétie et des miracles, cherchant à appliquer les règles ordinaires de l'évidence à l'explication des faits miraculeux, à l’histoire de la Bible, à l'authenticité et à l'inspiration du livre sacré. Depuis quelques années les partisans de ces idées nouvelles s'étaient multipliés dans la colonie. Ils venaient de fonder à Boston une quatrième ‘lise, et tout en n'acceptant pas le nom mème de latitudinaires, et en déclarant adhérer à la confession + Westminster, ils battirent vigoureusement en brèche ce vieux système congrégationaliste. dèrent pas à s’emparer, à la grande mortification di de la direction du collège de Cambridge, qui jusqu'alors était resté sous le contrôle des théocrates, et ce fait eut une sérieuse et durable influence sur le développement intellectuel de la Nouvelle-Angleterre. Les congrégalionalistes perdaient là leur dernière et plus sûre forte-
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Leur défaile était désormais certaine et leur pouvoir devait aller toujours en déelinant. Peu à peu, les influences et les préoccupalions religieuses qui avaient façonné l’histoire du développement colonial du nord-est pendant le xvu° siècle font place à des influences et à des préoccupations d'ordre politique. Les habitants de la Nouvelle-Angleterre sont moins exclusivement des puritains et plus nettement des républicains, en attendant qu'ils deviennent les Yankees du xix° siècle. Ils laissent la tolérance et la discussion entrer dans leurs églises, mais s’attachent à consolider et à préserver leurs libertés civiles et poliliques. Appuyés sur l'universalité du droit de suffrage, sur l'autonomie municipale, sur le principe de l'élection populaire, source unique du pouvoir législlif, ils sont armés pour la longue lutte qui va s'engager contre là prérogative royale. Le pouvoir souverain est encore représenté, au moins dans la principale des colonies de la Nouvelle- Angleterre, par le gouverneur que nomme le roi; longtemps les deux autorités se tiendront en échec et la lutte restera cantonnée sur le lerrain de la légalité, Puis viendra le jour où le gouvernement de la métropole voudra employer la force matérielle pour empêcher les colons de pousser jusqu'à ses dernières limites leur prétention de jouir de tous les privilèges de sujets anglais, TE 18