‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 79 sur 147 · IL2S IL US · texte numérisé non relu

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notamment du droit de n'être jugés que par leurs pairs et de ne payer que des taxes votées par leurs représentants et de leur propre consentement ".

Progrès de l’autorité métropolitaine.

Les marchands anglais continuaient à se plaindre des infractions commises dans les colonies contre les lois relatives au commerce et à la navigation, infractions que l’état de guerre avec les Français du Canada encourageait et facilitait singulièrement. Au moment de la signature de la paix de Ryswick fut constitué à Londres, sous le nom de Bureau du Commerce et des Plantations (Board of Trade), un comité permanent auquel furent délégués tous les pouvoirs relatifs aux colonies exercés jusqu'alors par le Conseil privé. Le Bureau du Commerce, composé d'un président et de sept membres appelés ‘he Lords of Trade, ne cessa, jusqu'à l’époque de la révolution américaine, de soutenir résolument les droits du parlement et de la couronne sur les colonies, et de défendre les intérèts de la classe commerciale anglaise. On augmenta le nombre des fonctionnaires chargés de percevoir les revenus de la douane royale, et l’on plaça à leur tête ce Randolph qui, à l'époque de la lutte pour la charte, avait été l'ennemi juré du Massachusetts. On établit en mème temps des cours de vice-amirauté pour juger les procès fiscaux sans jury. Les colonies, surtout celles qui avaient une charte, opposèrent une vive résistance à l'établissement de ces tribunaux, mais le gouvernement royal ne 111 | céda pas. Il fit maintenir en outre avec fermeté le droit d'appel des tribunaux des colonies au roi en conseil, et, par ce double moyen, la métropole finit par obtenir un contrôle judiciaire, avec le pouvoir, dont hérita plus tard la constitution fédérale, de faire | sentir son autorité, non seulement sur les colonies en tant que À corporations politiques, mais, ce qui était plus essentiel, sur les si | colons individuellement.

4, L'organisation judiciaire du Massachusetts fut complétée en 1698 : une cour supérieure composée de cinq juges, des cours de comtés pour les affaires civiles et des cours de sessions pour les affaires criminelles, Un attorney général fut chargé

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Le retour des whigs au pouvoir en Angleterre et l'avènement de George [* mirent fin au gouvernement de Dudley dans le Massachusetts (1714). Il laissait la colonie aux prises avec les embarras de la dette qu’elle avait contractée et du papier-monnaie émis pendant la guerre contre le Canada. Le colonel Shute, frère de lord Barrington, n'arriva à Boston pour succéder à Dudley que deux ans plus tard et gouverna la province jusqu'en 1726.

Deux partis s'étaient formés sur la question du remède à apporter au désordre des finances. L’un voulait la reprise des paiements en espèces, l’autre une banque privée et une circulation de papier illimitée. Le gouverneur institua une banque publique, avec limitation et réglementation sévère de l'émission des billets de crédit; ces précautions ne purent empêcher des émissions continuelles et une dépréciation considérable des billets.

De 1721 à 1723 éclatèrent des hostilités avec les Indiens de l'est, excités par les Français et les Jésuites. La législature voulut se mêler de diriger les troupes et de nommer les officiers, Le gouverneur, épuisé par une lutte continuelle contre les politiciens de l’Assemblée, partit subitement en 1723 pour l'Angleterre. Dummer, sous-gouverneur, continua la guerre indienne et la termina heureusement (1726).

La question du salaire des fonctionnaires,

L'Assemblée avait constamment refusé de voter un traitement permanent pour le gouverneur Shute; elle lui allouait tous les six mois une somme de 400 ou 500 livres sterling, pour le tenir constamment à sa discrétion, et refusait toute allocation nouvelle si le gouverneur s'avisait d'opposer son veto à quelque loi votée par elle, Cette querelle pour le traitement des gouverneurs et autres fonctionnaires du roi fut la grande affaire intérieure des colonies pendant toute la première moitié du xvim® siècle, On la retrouve en Virginie et dans les Carolines, comme dans le New. York et le Massachusetts, dans toutes les provinces dites royales

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pour les distinguer de celles qui possédaient encore des chartes. comme le Connecticut et Rhode-Island, ou qui appartenaient à des propriétaires, comme le Maryland et la Pennsylvanie. La métropole aurait pu faire disparaitre cette cause perpétuelle de conflits, en payant elle-même les fonctionnaires qu'elle envoyait au delà de l'océan Atlantique. Elle n’y songea pas, ou du moins les ministres anglais ne voulurent jamais s'arrêter à cette solution. Les tentatives, constamment renouvelées, pour contraindre les colonies à constituer une liste civile permanente aux fonctionnaires royaux, furent une des raisons déterminantes du mouvement révolutionnaire de 1765.

William Burnet fut transféré, en 1727, du gouvernement de New-York à celui du Massachusetts et du New-Hampshire. On lui fit un accueil chaleureux à Boston, mais il trouva l’Assemblée aussi déterminée que du temps de Shute, à ne voter les appointements du gouverneur que pour une année. Afin de bien montrer que cette prétention ne prenait pas sa source dans un sentiment de mauvais vouloir à l'égard de la personne même de Burnet, la Chambre lui vota, pour la première année, un traitement de 1700 livres sterling. Il refusa, réclamant une allocation permanente. L'Assemblée fut prorogée, dissoute, convoquée à Cambridge ou à Salem, ce qui était une marque de mécontentement grave; rien n'y fit. « La grande charte, dit l’Assemblée, assure à tous les Anglais le droit de lever librement des fonds pour le service public et d'en contrôler l'emploi. » Burnet répondit qu'en Angleterre la liste civile était concédée au roi pour la vie. L'Assemblée répliqua qu'aucune comparaison ne pouvait ètre établie entre le roi, qui avai! nn intérêt permanent au bien-être de ses sujets, et un gouve:r: qui n’était nommé que pour une durée temporaire. Burnet äui accepter un traitement annuel. Il vécut, pour tout le reste, en bonne intelligence avec les pouvoirs représentatifs de la colonie, et lorsqu'il mourut (1730), on lui fil de magnifiques funérailles, aux frais de la province, Un agent du Massachusetts à Londres, Jonathan Belcher, obtint la succession de Burnet. Le gouvernement anglais de cette époque, ami de la paix et peu soucieux de s’aliéner les colonies sur une question qu'il jugeait d'ordre secondaire, donna pour instructions à Bel-

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Il est vrai que Belcher obtint, par compensation, que le gouverneur et le conseil conserveraient le contrôle des dépenses coloniales, que l’Assemblée aurait aussi voulu se réserver, mais que la population par lassitude la força d'abandonner. Ce compromis ne mit point un terme aux démèlés du gouverneur avec les représentants. Les lois autorisant la circulation du papier-monnaie exislant expiraient en 1741. Belcher, fidèle à ses instructions, refusa d'autoriser toute nouvelle émission. Il se forma alors deux compagnies de banque par actions, the Silver Scheme et the Manufactory Scheme, ou Land Bank, dont les billets, malgré l'opposition du gouverneur, entrèrent dans la circulation. Cette dernière compagnie comptait huit cents associés et avait un contrôle absolu sur la Chambre des représentants. Les adversaires de Belcher le calomnièrent sans scrupule à Londres et finirent par obtenir son rappel.

Ce fut pour les partisans du papier-monnaie une victoire inutile. Car un act du Parlement étendit aux colonies l'effet d'une loi votée sous le règne précédent à l'occasion des scandales de l'entreprise des mers du sud et d’autres du même genre, interdissant les Joint-stook companies avec plus de six associés. Le Massachuselts dénonça cette loi comme un empiétement sur la charte provinciale et nous verrons la Caroline du Sud s'unir à cette proleslation contre ce qu'elle appelait une violation des droits des colonies. Les compagnies du Massachusetts n'en furent pas moins mises forcément en liquidation. La responsabilité des associés individuels étant illimitée, il y eut des pertes cruelles; l'un de ces spéculateurs malheureux fut le père de Samuel Adams qui venait d'être graduate à Cambridge. Un avocat de Boston, Shirley, remplaca Belcher. Il connaissait bien le tempérament de la population el sut se rendre rapidement populaire. IL fut tacitement entendu que tant qu'il resterait gouverneur la Chambre lui voterait un traitement annuel de mille livres sterling.

Shirley. Le Massachusetts belliqueux.

La guerre avec l'Espagne et la contribution du Massachusetts en hommes et en argent à l'expédition de Vernon servirent au gouverneur de prétexte plausible pour autoriser, malgré l'opposition du Board of Trade, une nouvelle émission de papier-monnaie, ce qui rétablit pour un temps l'harmonie entre les diverses branches du gouvernement. Esprit généreux et brillant, imagination vive et enthousiaste, Shirley entra avec ardeur dans les projets de conquête du Canada que suggéra de nouveau dans les colonies anglaises de l'Amérique du Nord l'ouverture des hostilités entre la France et l'Angleterre à propos de la succession d'Autriche (1743). La carrière de Shirley comme commandant en chef des troupes de la Nouvelle-Angleterre et la participation de celle-ci à la lutte contre le Canada appartiennent d’ailleurs à l’histoire générale de la lutte suprème entre les colonies anglaises et la Nouvelle-France, racontée plus loin !.

L'expédition organisée par le Massachusetts (1745) contre Louisbourg aboutit à la prise de cette place. L'année suivante, de grands préparatifs d'attaque contre le Canada ne produisirent aucun résullat sérieux, et la déception fut grande dans les colonies du nord-est, En 1747 le commodore anglais, Knowles, étant entré dans le port de Boston et manquant d'hommes, envoya un matin dans la ville un press-gang (troupe de gens armés pour exercer la presse) qui saisit et emmena quelques habitants. Le bruit de cel acte de violence s'étant répandu, une foule furieuse s'assembla et, rencontrant plusieurs officiers de l’escadre à terre, les saisit comme otages. On entoure la maison de ville où siégeait la Cour générale et l'on réclame justice. Shirley essaie en vain d’apaiser le tumulte et convoque la milice, peu disposée à obéir. Il se retire dans la citadelle, d'où il écrit à Knowles pour lui représenter le trouble qu'il avait causé et demander la mise en liberté des hommes enlevés. Knowles répond en menaçant de bombarder la ville si ses officiers ne sont pas relâchés, Quelques citoyens

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