‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 90 sur 147 · RES · texte numérisé non relu

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français, les Cherokees prirent les armes, ravagèrent la frontière et jetèrent la terreur dans toute la province ‘. La milice provinciale aidée de quelques troupes royales, sous le colonel Grant, dévasta à son tour le pays des Cherokees et contraignit ceux-ci à traiter, La paix fut rétablie, mais non l'amitié, et les Cherokees n’attendirent qu'une occasion pour prendre leur revanche ?.

Lyttelton avait été nommé gouverneur de la Jamaïque. William Bull, sous-gouverneur, prit la direction des affaires et la conserva jusqu’à larévolution, sous l'autorité de titulaires successifs, Thomas Boone, lord Charles Montague et lord William Campbell. Les établissements se multiplièrent dans l'ouest, du côté des montagnes, mais cette population ne comprenait pas ce qu’il y avait de meilleur parmi les immigrants. Les planteurs et les fermiers eurent beaucoups à souffrir de ce voisinage, et comme, pour défendre légalement ses droits, il fallait aller à Charleston, les habitants des

1. Lyttelton envahit lé pays des Cherokees à la tète de 1500 hommes en réclamant les meurtriers des Anglais. Peu s’en fallut qu'il n’eût à se repentir de s'être avancé si loin, Ses forces peu disciplinées furent décimées par la variole; harcelé par des attaques continuelles, il n’eut que le temps de rentrer dans la Caroline (janvier 1760), emmenant comme otages vingt Indiens qu’il fit enfermer au fort Prince George. Le chef de ce poste, craignant une tentative d'évasion, donna ordre de mettre ces Indiens aux fers. Ceux-ci essayèrent de résister et un soldat fut blessé. Ses camarades furieux se jetèrent sur les prisonniers et les massacrèrent jusqu’au dernier. Lorsque les Cherokees apprirent cet acte de cruauté, ils vinrent assiéger le fort et envoyèrent des bandes de guerriers répandre dans la Caroline le pillage et l’incendie. Grand émoi à Charleston. L'Assemblée ordonna une levée de 1 000 hommes et offrit une prime de 25 livres par chevelure indienne scalpée, La Caroline du Nord offrit une prime égale et permit de plus de garder comme esclaves les Indiens qui seraient faits prisonniers.

2, A la nouvelle du danger que courait le fort Prince Gcorge, le général Amherst avait envoyé un secours de 1200 hommes, sous Montgomery, Celui-ci ralliant tes forces de la province, entra sur le territoire cherokee, fit lever le blocus du fort, marcha sur Etchoe, principal village de l'ennemi, et heurta un corps considérable d’Indiens établis dans un défilé. Le combat fut indécis, Montgomery, rappelé dans les colonies du nord, alla s’embarquer à Charleston, laissant son œuvre inachevée, Après son depart, les Indiens mirent le siège devant le fort Loudoun, dont la garnison, après avoir mangé ses chevaux, se rendit en août 1760 sous la promesse que sa retraite serait protégée jusqu'aux établissements des blancs. La promesse fut violée; une partie de la garnison fut tuée, le reste fut gardé prisonnier: les Indiens se jetèrent sur la frontière. La colonie invoqua de nouveau le secours d'Amherst qui, au commencement de 1761, envoya un régiment écossais, commandé par Grant. Celui-ci appuyé de quelques levées de la province que dirigeaient des officiers appelés Middleton, Moultrie, Gadsden, Marion, tous noms qui allaient bientôt devenir célèbres dans la guerre révolutionnaire, entra avec 2 600 hommes dans la vallée du haut Tennessee, battit les Indiens au lieu même où avait èté livré le combat de l’année précédente, pilla et brûla Etchoe et d'autres villages, détruisit les récoltes, poursuivit les Cherokees dans la montagne et les força d'implorer la paix.

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CAROLINE DU SUD. 369 hauts comtés se formèrent en associations armées sous le nom de Regulators, en langage moderne Lynchlawmen (gens de la loi de Lynch), associations dont la raison d’être était que le plus sùr et le plus court, en certaines conjonctures, est de se faire justice de ses propres mains. Le gouverneur envoya un agent nommé Scovile qui traita les Regulators en émeutiers. Les désordres s’aggravèrent, dégénérant presque en guerre civile. En 1767, l’établissement de tribunaux de district ou de circuit mit fin à ces troubles. Quand vint la révolution, les Regulators épousèrent la cause patriotique et les tories de la Caroline du Sud furent flétris sous le nom de Scovilites.

La fin de la guerre entre les Français et les colonies (1763) provoqua une recrudescence d'immigration européenne, surtout dans les provinces du centre et du midi. Le gouvernement de la Caroline du Sud pour opposer une barrière solide aux incursions des Cherokees, voisins, on l'a vu, peu commodes, encouragea par des primes l'établissement de travailleurs blancs, surtout d'Irlandais et d'Allemands, dans les districts les plus éloignés de la côte, au pied des montagnes. Pendant ce temps, les plantations de riz ne cessaient de se développer et la Caroline du Sud passait en 1765 pour la plus riche des colonies. Elle comptait à cette époque quarante-cinq mille blancs et presque le double de noirs ', La ville de Charleston avait cinq mille habitants blancs et six mille nègres. Elle exportait annuellement pour deux rt demi millions de dollars de produits, dont les trois quarts à destination de l’Angleterre.

La colonie, par le caractère spécial de son commerce, était plus étroitement reliée que toutes les autres à la mère patrie. Les sentiments de loyalisme envers la couronne et d'altachement à la conslitution anglaise étaient par conséquent ceux de la grande majovilé de la population. Cependant les Sud-Caroliniens étaient très jaloux de toute immixtion dans leurs affaires intérieures, ennemis jurés de tout ce qui pouvait ressembler à une menace d'oppression extérieure. Ils avaient en outre, comme griefs analogues à

1. En 1769, du 1° janvier au 31 décembre, plus de cinq mille nègres adultes furent importés dans la Caroline du Sud et vendus en moyenne quarante livres chacun, en tout plus d'un million de dollars.

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