P U NORD
GÉORGIE
Savannah ©
Caroline du Sud,
avec des pillards de profession ne contribua pas peu à dépraver
| ies goûts el les habitudes de la majeure partie de la population
de ia ville. Les flibustiers avaient été longtemps favorisés par le
| gouvernement royal en Anglelerre, qui voyait en eux d’utiles
instruments contre l'Espagne, et avait même fait chevalier l'un
d'eux, Henry Morgan, Plus tard, cette protection leur fut retirée;
le Parlement vota une loi contre les pirates de la Caroline et, pour
en assurer l'application, le cabinet envoya une escadre comman-
dée par sir Robert Holmes, D'autre part, les Espagnols de Naint-
Augustine qui avaient eu le plus à souffrir des audacieuses dépré-
dations des pirates, et voyaient avec indignation les Caroliniens
accueillir en amis ces écumeurs de mer, vinrent ravager l'établis-
sement de Port-Royal (1685). Les colons n'avaient pas encore des
forces suflisantes pour se venger de cette agression.
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GAROLINE DU SUD. 309 A mesure que la population s'accrut, la colonie fit un commerce plus actif avec les Indes occidentales (échange de bois contre du rhum et du sucre) et avec la Nouvelle-Angleterre qui fournissait des vêtements, des armes, des munitions, des ustensiles de toute espèce. Jacques IT décida d'envoyer à Charleston un percepteur des douanes. Les colons réclamèrent, protestant que les termes de la charte les exemptaient de l'application des actes de navigation. Malgré la soumission des propriétaires aux ordres royaux et l'empressement qu'ils montrèrent à aider, de leur faible pouvoir, la perception du revenu douanier, Jacques IT répondit aux réclamations des colons par un mandat Ge quo warranto lancé contre la charte. Mais il fut détrôné bientôt après, et la procédure fut abandonnée. Moreton avait remplacé West comme gouverneur, C'était un homme de mœurs simples, un puritain, qui s’épuisa en efforts infructueux, pour lutter contre les tendances licencieuses et désordonnées de bon nombre des habitants de Charleston, Il se retira en 1686, et eut pour successeur James Colleton, frère de l'un des propriétaires, Une opposition des plus vives se forma dans l'Assemblée contre lui, Les chefs populaires, maitres de la majorité, contestaient toute autorité aux « Constitutions fondumentales ». Colleton commit l'imprudence, voulant rétablir lauiorité des propriétaires, de proclamer la loi martiale, Set Sothel, qui s'était fait chasser de la Caroline du Nord à cause de ses rapines, réussit à se poser à Charleston en champion de Ia cause populaire. Il renversa Colleton, et fit élire une Assemblée à sa dévotion, qui bannit l'ex-gouverneur de Ja province sous prévenon de trahison. Set Sothel prit le pouvoir et le garda deux ans 1690-1692). On ne peut comprendre que les colons aient eu la patience de subir si longtemps un despote de si triste caractère. Comme dans l'autre province, Sothel ne songea qu'à remplir ses coffres de monnaies d'or et d'argent, arrèlant comme pirates d'honnèôtes commerçants, et leur imposant d'énormes rançons, se faisant payer par les criminels pour les aider à échapper à la justice, multipliant les econfiscations arbitraires, Les propriélaires, à la fin, le révoquèrent, Après lui, la colonie fut gouvernée par Philip Ludwell, homme intelligent et honuète, qui ne réussit cependant ni à plaire aux
Caroliniens, ni à satisfaire ses maîtres. Comme il ne put obtenir des colons le paiement de l’arriéré des rentes dues aux propriétaires, ceux-ci le remplacèrent par Thomas Smith, riche planteur jouissant d'une grande popularité. Ils se décidèrent en même temps à faire aux répugnances obstinées des colons, le sacrifice des fameuses « Constitutions fondamentales », dont une expérience de vingt-trois années avait suffisamment démontré le caractère chimérique et impraticable. Ils publièrent à cet effet (1693) une déclaration officielle que les Caroliniens accueillirent avec une indifférence parfaite; le retour à la charte primitive était depuis longtemps un fait accompli‘. Cette concession venait trop tard pour calmer les habitants de la Caroline. Thomas Smith, malgré le zèle éclairé qu'il déploya pour rétablir l'ordre, dut y renoncer bientôt (4694). Il conseilla aux propriétaires d'envoyer dans la colonie un d'entre eux muni de pouvoirs absolus ?. Les propriétaires suivirent ce conseil et choisirent le quaker Archdale, un des huit, le faisant gouverneur des deux Carolines.
Armé d'une autorité discrétionnaire (1695), Archdale se montra digne de sa mission. Très énergique, e: même temps calme et modéré, il réussit, par quelques mesures conciliantes, à apaiser les esprits et convoqua une Assemblée qui, fait sans précédent depuis les origines de la colonie, vota des remerciements aux propr'étaires. Le succès d'Archdale prouva qu'il avait manqué surtout à Moreton, Ludwell et Smith, pour réussir, un peu plus l'indépendance dans l'exécution du mandat que leur conféraient les propriétaires. Archdale établit des relations amicales avec les Espagnols de Saint-Augustine et avec les Indiens, Sa tâche accomplie, il retourna en Angleterre (1696) et y publia, quelques années plus tard, une Statistical and Historical Description of Caroline. 1, « L'application et le sort du système de Locke confirment d’une façon frappante cette observation qu'un homme peut défendre avec beaucoup d'intellis et un grand succès les principes de liberté et les droits de l'humanité, et copondant, le jour où il est invilé à proposer un plan de législation, élonner le monde par la produetion d'une majestueuse absurdité, » (John Adams, Défense des Constilutions américaines.)
2, C'est sous l'administration de Smith que le capitaine d'un navire, allant de Madagascar en Angleterre et faisant relâche à Charleston, donna au gouverneur, en retour de son hospitalité, un sac de riz, On fit l'expérience de celle culture e les résultats dépassèrent toutes les espérances, Le riz devint en peu de temps le
produit le plus important de la colonie, et la source principale de mehesse pour k classe des planteurs,
enir des
CAROLINE DU SUD. 361 Joseph Blake, beau-frère de Moreton, continua assez heureu-
iétaires, sement l’œuvre d’Archdale de 1696 à 1700. Après lui, commença
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expédition malheureuse contre la Floride, lorsque la guerre, dans les premières années du xvin siècle, éclata entre l'Angleterre et l'Espagne. Il réussit mieux dans une campagne contre les Indiens (1703); il leur tua ou prit huit cents hommes, ravagea leurs villages entre le Savannah et l’Altamaha et réduisit plusieurs tribus à vivre sous la dépendance de la colonie.
La société carolinienne en 1715.
Jusqu'en 1700, la Caroline du Sud avait eu l'heureux privilège de n'être agitée par aucune querelle religieuse. Il n'y avait été encore élevé que trois temples, l'un quaker, le second presbytérien, le troisième épiscopalien, tous trois à Charleston. Le reste de la colonie n'avait ni une église, ni une école. Les propriétaires eurent, à cette époque, la malencontreuse idée de s'occuper des affaires religieuses de la colonie, et cela avec un zèle étroit et intolérant qui fit regretter leur ancienne indifférence. Lord Granville était alors palatin, ou président du conseil des propriétaires. Il détestait les non-conformistes et il enjoignit à James Moore de faire prévaloir par tous les moyens, à Charleston, les principes et l'influence de l'Église anglicane. Il trouva dans Moore et dans Johnson, son successeur, des instruments dociles, prèts à engager une persécution en règle contre les dissidents, L'Assemblée, composée en grande partie de ces derniers, était dirigée par un chef populaire, intelligent, mais léger de scrupules, Nicholas Trott. Moore le gagna par l'offre du poste d'attorney général; il intervint ensuile avec violence dans les élections et remplit l'Assemblée de ses partisans où ne purent entrer les représentants des presbytériens, Avec l'aide de Trott, Nathaniel Johnson, successeur et cont'auateur de Moore, fit voter par l'Assemblée (170%), une loi privant les dissidents de tous droits politiques, et une autre insti-
eo
celte culture et eu de temps le
luant une cour de haute commission pour juger les causes ecclééiehesse pour la
siustiques, et établir l'unité religieuse ou plus exactement l'Église
14 anglicane, dans la Caroline, alors que les deux tiers des habitants, | et notamment les plus riches et les plus respectables, étaient non- Î conformistes. !
{4 ï Ceux-ci firent appel de cette législation barbare à la Chambre l El des lords en Angleterre, qui blâäma la conduite des propriétaires et (Ta de leurs agents et pria la reine par une adresse de rappeler les ‘1 deux lois et de punir leurs auteurs. L'affaire fut portée devant les À commissaires du commerce (1706), qui décidèrent que les lois dénoncées constituaient un abus de pouvoir et devaient entrainer # | la déchéance de la charte. Le mandat de forfaiture ne fut cependant pas lancé. On laissa le gouvernement des propriétaires succomber peu à peu sous le poids de son incapacité. |
Les lois persécutrices furent rappelées, mais les dissidents joui- À rent à l’avenir d’une simple tolérance. Un acte de 4707 régla l'é'rblissement dans la Caroline du Sud, du culte religieux selon les formes de l'Église d'Angleterre. Dix églises furent construites, et % la Société anglaise de propagation de l'évangile à l'étranger envoya | deux mille bibles et brochures avec des ministres chargés d'en l faire la distribution gratuite.
Lord Craven, esprit mou ‘#, avait succédé comme palalin à lord Granville. Sous le gouvernement sage et conciliaut du colon:l Edward Tynte, puis de Charles Craven, frère du palatin, la colonie rentra dans le calme jusque vers 1715. Elle comptait alors
A pe
5 500 habitants blancs et probablement autant de noirs. 3 000 per-
| sonnes de l’une et de l’autre couleur habitaient la ville de Char-
leston, Ravagée successivement par l'incendie, l'inondation et la
peste, la capitale de la province se releva avec vigueur de ces
désastres et, quelque lemps après, les rares voyageurs qui
venaient visiter y admiraient quelques beaux édifices et une
bibliothèque publique. La terre était fertile ‘. la nourriture peu
+ chère, le climat généra/ement sain, L'introduction de la culture du el ! n , . . n°8 ‘
Dh: riz, nécessitant des inondations périodiques du sol, a rendu cer-
laines parties du pays insalubres. Malgré les épidémies fréquentes (
qui en résultèrent, les familles de dix à douze enfants étaient nom-
1, Les propriétaires vendirent des terres successivement aux prix sui s pour chaque centaine d'acres : au début, 20 shillings et une rente de 6 penees en OM, 30 shillings el une rente de 6 pence; en 1711, 40 shillings ct une rente def ing [Y
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breuses dans la colonie. Lawson visitant la Caroline du Sud en 1700 vante la courtoisie et l'hospitalité des planteurs, aussi dédaigneux du travail manuel qu'amateurs passionnés de tous les sports. Il note comme un trait caractéristique de la popuiation, une indulgence extrème pour les débiteurs insolvables, indulgence dont la législation offrait maints témoignages, et qui a développé pendant bien des générations successives la propension à l’imprévoyance et à l'emprunt. Les trois fléaux des deux Carolines étaient déjà l'abus des spiritueux, la négligence presque absolue de l'instruction populaire et l'esclavage. Les enfants des planteurs riches jouissaient seuls des bienfaits de l'instruction. On les envoyait dans les collèges de l’ancien monde ou des provinces du nord de l'Amérique. La masse du peuple restait profondément ignorante; et comme l'esclavage des noirs avait discrédité le travail manuel, l'inaction, le jeu et l'ivresse contribuaient à l’envi à dégrader la classe des petits blancs. Dans la classe aristocratique des planteurs, ces influences étaient, partiellement au moins, neutralisées par l'éducation, une certaine culture intellectuelle, le goût de l'élégance et l'habitude d'une grande politesse dans les relations sociales, Quant aux noirs, plus nombreux dans la Caroline du Sud que dans toutes les autres colonies à cause de la nature du sol, du climat et des venres de culture adoptés, ils étaient traités avec une rigueur d'autant plus grande par les planteurs. Rien dans cette région ne rappelait l'esclavage quasi paternel de la Virginie el du Maryland.
La colonie se trouva engagée tout à coup (1716) dans une double guerre indienne, d'abord contre les Tuscaroras, qui menaaient surtout la Caroline du Nord, puis contre les Yamassees, Wibu-qui habitait les lagunes entre Charleston et la rivière Savannah. Charleston fut un moment en péril et les Yamassces tuèrent quatre cents hommes aux Caroliniens. Craven finit par les baltre elles refoula vers la Floride, Quant aux Tuscaroras, ils quittérent le pays et furent admis par les Iroquois dans leur confédération comme sixième nation.
Robert Johnson, fils de l'ancien gouverneur Nathaniel Johnson, succéda en FTI7 à Craven, Il était personnellement estimé dans là colonie, mais il représentait une cause vouée fatalement aux umeunes populaires, 1 recevait des propriétaires des instructions
telles que, pour les exécuter, il eût fallu enlever tout pouvoir à l'Assemblée. Plusieurs lois importantes votées par celle-ci furent abrogées ‘. Les colons accusèrent aussitôt les propriétaires de ne songer qu'à pressurer la province et de la laisser sans défense contre les Indiens et les Espagnols. Ils demandèrent protection et justice au souverain. Trott, l’ancien leader populaire devenu chicfjustice et président du conseil, mettait au service du gouvernement de plus en plus détesté des propriétaires tout le pouvoir judiciaire. La situation était fort tendue. Sur ces entrefaites Johnson revint d’une expédition contre des pirates qui ruinaient le commerce de Charleston. Il y avait montré une bravoure et une énergie qui lui gagnèrent une grande popularité. Apprenant que les Espagnols méditaient une attaque, il demanda à l'Assemblée les fonds nécessaires pour mettre les frontières en état de défense. L'Assemblée rappela qu'elle avait voté des droits d'importation et, sur l'observation du gouverneur que ce vote avait été cassé, elle déclare qu’elle était résolue à en poursuivre l'application. Trott de son côté promit l'appui des tribunaux à tous ceux qui refuseraient de payer.
Révolution contre les propriétaires.
Ce fut le signal de la révolution. Les dernières élections avaient été peu favorables au parti des propriétaires. L'Assemblée, composée en majorité de libéraux, se transforma elle-même en une convention déléguée par le peuple, invita la population à former des associations pour la défense des droits et privilèges des colons, décida que la province ne voulait plus avoir de relations avec les propriétaires, proposa à Johnson de tenir son office de gouverneur
1. L'Assemblée avait établi, pour créer les ressources nécessaires au paiement de la dette publique, diverses taxes d'importation, entre autres un droit de dix livres sur chaque nègre introduit dans ia Caroline, Le veto royal fut opposé à cette décision qui pouvait nuire aux intérêts du grand commerce d'esclaves que faisait alors le gouvernement de George I, — L'Assemblée avait décide que les élections auraient lieu désormais dans chaque paroisse et non plus, comme jusqu'alors, à Charleston seulement, L'accroissement de la population rendait celte réforme nécessaire; mais les propriétaires la repoussaient parce qu'elle devait favoriser le développement du parti populaire et les empêcher de peser à leur gré sur les élections, — Entin l'Assemblée avait déclaré ouvertes aux immigrants les terres que les eolons, par leurs propres efforts, avaient enlevées aux Indiens, Les propriélaires revendiquèrent ces terres comme leur bien propre et se les partegèrent entre eux-mêmes en baronnies et seigneurice
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au nom du roi, et, sur son refus, choisit elle-même un nouveau gouverneur, James Moore, devenu populaire par ses exploits contre les Indiens. La milice de Charleston obéit aux ordres de la convention, et tous les efforts de Johnson pour arrêter l'insurrection furent infructueux; il dut se contenter d’une protestation stérile. Ainsi finit dans la Caroline du Sud le régime des palatins, des landgraves et des caciques, régime si artificiel qu'il n’y avait fonctionné en réalité que théoriquement.
Le succès de cette insurrection populaire ne causa aucun déplaisir au gouvernement de la métropole. Les colons s'étaient réclamés de l'autorité .cyale en un temps où la politique du cabinet, à l'égard des colonies, tendait à convertir les provinces régies par des chartes ou appartenant à des propriétaires, en gouvernements royaux. L'occasion était favorable et fut saisie avec empressement. Le ministère fit reprendre l’ancienne enquête ordonnée sous la reine Anne. On était résolu d'avance à trouver détestable le gouvernement des propriétaires et à découvrir des motifs suffisants pour justifier la suppression de la charte. L’enquête n'était pas encore terminée en 1729, lorsque les propriétaires fatigués d'une lutte dont ils prévoyaient trop clairement l'issue se décidèrent à vendre à la couronne tous leurs droits sur les deux Carolines pour la somme de 22 500 livres sterling.
Dans l'intervalle, les ministres anglais avaient envoyé dans la Caroline du Sud, comme gouverneur provisoire, sir Francis Nicholson (1721) et après lui Arthur Middleton (1725). Sous Nicholson, administrateur expérimenté, la colonie prospéra, les relations avec les Indiens restèrent pacifiques et quelques efforts furent tentés pour l'organisation de l'instruction publique. En 1730, après que le gouvernement royal eut été établi officiellement dans la Caroline du Sud, le cabinet envoya un agent, sir Alexander Cumming, chargé de conclure un traité définitif de paix et d'alliance avec les Indiens des frontières.
Cumming convoqua dans la vallée du Tennessee une assemblée générale des chefs des Cherokees. Ceux-ci offrirent en signe d'hommage au roi quatre scalps d'ennemis et cinq queues d’aigles el acceptèrent d'envoyer en Angleterre sept délégués auxquels le cabinet fit signer un traité d'alliance offensive et défensive, stipu-
rt rdc mme
paérenrmoer duirthé
lant que, seuls parmi tous les hommes blancs, les Anglais auraient le droit de bâtir des huttes et de cultiver du blé sur les terres des Cherokees. Les délégués furent présentés au roi George et n’osèrent rien répliquer lorsque celui-ci leur déclara que leur territoire avec tout le pays environnant était sa propriété. Le traité portait que l'affection entre les deux peuples coulerait pour toujours comme les rivières et que la paix durerait autant que les montagnes. Elle dura du moins près d'un quart de siècle.
Sir Robert Johnson fut le premier gouverneur royal de la Caroline du Sud (1731). Il était resté populaire, malgré sa fidélité au parti des propriétaires, et fut reçu à son retour avec enthousiasme, Cette première révolution fut pratiquement un bienfait pour la Caroline du Sud. Le sentiment de la stabilité et de la sécurité se répandit partout. Le commerce s’accrut rapidement, et les immigrants arrivèrent en grand nombre d'Écosse, d'Irlande et de Suisse. La valeur des terres s’éleva et les planteurs commencèrent à édifier de grandes fortunes. La Caroline du Sud semblait n'avoir plus rien à craindre des Espagnols et des Indiens du sud et du sudouest depuis l'établissement de la colonie de Géorgie sur sa fronükre méridionale. |
Lorsque Johnson mourut en 1335, les colons élevèrentun monument à sa mémoire. Cependant les querelles avaient déjà recommencé entre le pouvoir exécutif et l'Assemblée, celle-ci refusant de voler le salaire du gouverneur pour plus d’une année. Sous les gouverneurs suivants jusqu’en 1740 les relations avec la Géorgie se refroidirent à la suite de l'insuccès d’une expédition combinée contre la Floride. Pendant trois ans la Caroline fut dans une inquiétude perpétuelle, redoutant une attaque des Espagnols par mer. Pour assurer la défense de Charleston, la couronne envoya el entretint dans cette ville trois compagnies indépendantes, qui, avec les quatre de New-York, constituaient à cette époque l'armée permanente de la Grande-Bretagne en Amérique.
A la mème époque un commencement d'insurrection des nègres dut ètre noyé dans le sang. Un grand incendie détruisit une partie de la capitale, causant des dommages pour un million de dollars!
1, Le gouvernement envoya un secours de cent mille dollars,
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En dépit de ces accidents ct d’un accroissement constant de la dette publique, l'aisance faisait de grands progrès à cause de la culture du riz et de la production de l'indigo récemment introduite. Les planteurs gagnaient beaucoup et dépensaient de mème. Il se formait une aristocratie fière de ses richesses, de sa puissance politique, de l'étendue de ses domaines, du nombre de ses esclaves noirs. À Charleston, les familles riches rivalisaient de luxe avec la classe des planteurs sucriers des In! * occidentales, auxquels les reliaient bien plus d'affinités qu’ et les colons du nord, Une nou tion s'élevait, féconde en talents distingués, en intelli: vées, ardentes et ambilicuses. Le développement de celie prospérité s'accéléra encore sous le gouverneur James Glen, planteur riche et considéré, qui, à part quelques querelles vite apaisées, sut se maintenir en bons termes avec la législature.
en pouvait trouver entre eux
Guerres contre les Cherokees.
En 1755, quand éclala la lutte entre les colonies et les Français à l'occasion des progrès de ces derniers dans la vallée de l'Ohio, Glen, pour empècher les Cherokees de s'unir aux Francais, renouvela les anciens traités d'alliance conclus avec la nation et fit construire, sur un lerritoire que ces Indiens lui cédèrent, les forts Prince George, près des sources du Savannah, et Loudoun !, sur une branche de la rivière Tennessee. Les traités furent fidèlement observés; des guerriers cherokees accompagnèrent mème Forbes dans son expédition au fort Du Quesne. Mais au retour ils se querellèrent avec des coureurs des bois le la Virginie et des Carolines, auxquels ils volèrent des chevaux. Quelques hommes furent lués de part et d'autre. Des chefs cherokees vinrent se plaindre à Charleston. Lyttelion, gouverneur depuis 1756, se montra tropsévère etprélendit (1759) leur imposer des conditions humiliantes pour la remise en vigueur des anciennes conventions. Exaspérés par l'exéeulion de quelques otages el excités, dit-on, par des émissaires
1 Du nom du commandant en chef ds forces anglaises et coloniales en Amérique,