‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 93 sur 147 · ER · texte numérisé non relu

ER

mo a < sms ; rte Nu

hommes d'État il représenta que cette province servirait de barrière militaire contre les Espagnols à la riche mais faible Caroline du Sud. Aux protestants il offrait un asile pour leurs frères du continent encore exposés aux persécutions religieuses. Il captiva les âmes pieuses en faisant valoir l'intérêt de la conversion des Indiens au christianisme. Sur un rapport favorable du Board of Trade, la charte fut concédée. Elle donnait tout le territoire entre les rivières Savannah et Altamaha, puis entre les sources de ces rivières vers l'ouest jusqu’au Pacifique, à vingt et un /rustees, pour y « établir la colonie de Georgia en Amérique ». Les concessionnaires avaient tout pouvoir de légiférer dans la province pendant vingt et un ans. Les lois qu'ils votcraient devraient être approuvées par le roi en conseil, et ne rien contenir qui fût en contradiction avec les lois de l'Angleterre. La liberté religieuse était garantie à tous les colons, sauf aux papistes; les colons jouiraient en outre de tous les droits, franchises et libertés des sujets de la Grande-Bretägne. Le pouvoir exécutif serait exercé par un conseil général, qui pourrait faire des concessions de terre sans que chaque concession pût dépasser cinq cents acres par personne.

Les trustees se mirent à l'œuvre avec enthousiasme. Plus de cent clergymen et vingt-quatre gentilshommes acceptèrent la mission de recucillir des fonds pour l'entreprise. La Société pour la propagation de l'évangile promit son concours. La Banque d’Angleterre fit un don important. Il s'agissait d’une grande œuvre de charité; on allait vider les workhouses et les prisons. Les détenus et les indigents transportés gratuitement sur une {erre de liberté et d’abondance, pourvus de tous les instruments nécessaires pour occuper et exploiter leurs terres, oublieraient les misères de leur existence antérieure en s’enrichissant eux-mêmes tandis qu'ils accroitraient d’une nouvelle province l'empire britannique. Cet esprit de charité conduisit malheureusement les trustees à choisir pour premiers colons des gens que le commerce avait ruinés, des banqueroutiers, des débiteurs insolvables, des spéculateurs déçus dans leurs espérances. Ils exclurent au contraire les travailleurs de la campagne, justement l'espèce d'hommes qui pouvait le mieux convenir pour l'établissement d'une colonie.

virait de barible Caroline urs frères du es. Il captiva nversion des , du Board of erritoire entre sources de ces t un érustees, 1e ». Les conns la province devraient être nir qui füt en erté religieuse les colons jouiertés des sujels t exercé par un s de terre sans acres par per-

isiasme. Plus de eptèrent la mis- Société pour la a Banque d'Ane grande œuvre es prisons. Les it sur une terre struments nécesoublieraient les sant eux-mêmes ice l'empire brieureusement Îles ue le commerce insolvables, des xclurent au conespèce d'hommes nt d'une colonie.

GÉORGIE. 313

Oglethorpe emmena (1732) un premier convoi de trente-cinq familles, environ cent trente-cinq personnes avec un clergyman, des bibles, des prayer-books en quantité, et des magistrats désignés par les trustees. À Charleston, où arriva l'expédition en janvier 1733, l'Assemblée de la Caroline du Sud vota pour les nouveaux colons un don de bestiaux, de riz et de barques. La petite troupe s'établit sur la rive droite de la rivière Savannah, à vingt

VA Où CAROLINE

Géorgie.

milles environ de l'embouchure. Oglethorpe acheta l'emplacement à une tribu d'Indiens Creeks par l'intermédiaire d’une Indienne élevée à Charleston et qui avait épousé un marchand anglais. Là s'élevèrent les premières maisons de la ville de Savannah. Les chefs indiens convoqués en conseil par Oglethorpe consentirent à lui abandonner le pays côtier entre la Savannah et l'Altamaha. La ville fut divisée en quatre quartiers et partagée en lots de cinq acres, à chacun desquels élait attachée la concession d’une ferme de quarante-cinq acres dans la campagne. Un jardin de dix acres dut servir à faire des expériences sur la culture de la vigne, du mürier et des plantes médicinales.

Immigration allemande.

Les trustees envoyèrent bientôt après cent cinquante nouveaux émigrants, puis quarante Juifs, puis des Salzbourgeois. Ceux-ci, des luthériens, habitaient une vallée des Alpes orientales sur les domaines de l’archevèché de Salzburg. Le souverain spirituel et temporel de ces vallées s'étant mis à persécuter ses sujets, une émigration commença dont les amis d'Oglethorpe en Angleterre payèrent eux-mêmes les dépenses. On vit donc quatre-vingts de ces montagnards quitter leur pays, traverser le continent depuis Augsburg en chantant des psaumes, descendre le Rhin, s'embarquer à Rotterdam, toucher à Douvres où les trustees vinrent leur rendre visite, et partir pour la Géorgie. Oglethorpe les installa (1734) dans un village qu'ils nommèrent Ebenezer en amont de Savannah, et cette petite « communauté évangélique », sous la direction de'ses ministres Baltzius et Gronau, grossie successivement de nouvelles recrues de Salzburg, ne tarda pas à prospérer. Oglethorpe retourna cette même année en Angleterre, accompagné de quelques chefs creeks et rapportant huit livres de soie de Géorgie, dont une robe fut tissée pour la reine.

Le comte Zinzendorf, chef des Moraves ou Frères-Unis, était entré en correspondance avec les trustees qui lui promirent une concession de terre. Il envoya donc dix de ses coreligionnaires, qui arrivèrent en Géorgie en janvier 1735 avec mission spéciale de convertir les Indiens. Cinquante acres élaient concédées à tout émigrant transporté gratuitement et de cinquante à cinq cents acres (selon le nombre des gens et domestiques) à toute famille se transportant à ses frais. Aucune aliénation de terre ne pouvait avoir lieu sans la permission spéciaie des trustees. L'usage du rhum fut prohibé, et tout commerce avec les Indes occidentales interdit (pour éviter la démoralisation qu'engendrait le tralie des spiritueux). L'esclavage fut également interdit à la fois comme injuste et cruel et comme falal aux intérèts des colons blancs pauvres. Les finances des trustees commençant à s’'épuiser, le Parlement donna 26000 livres sterling, Une compagnie de

nte nouveaux >ois. Ceux-ci, ntales sur les in spirituel et es sujets, une en Angleterre atre-vingts de ntinent depuis le Rhin, s'em- -ustees vinrent Oglethorpe les t Ebenezer en évangélique », u, grossie SuC- 1e tarda pas à en Angleterre, at huit livres de eine.

ères-Unis, élail promirent une oreligionnaires, mission spéciale oncédées à tout te à cinq cents à toute famille erre ne pouvail es. L'usage du des occidentales ait le tralie des \ la fois comme s colons blancs à s'épuiser, le compagnie de

GÉORGIE. 375 Highlanders écossais fut alors transportée en Géorgi f New-Inverness sur l’Altamaha (1736). ne:

Bientôt après Oglethorpe s'embarqua de nouveau avec deux cent vingt personnes équipées par les trustees qui s'étaient : à leur fournir l’entretien d'une année, y compris les sn «indented servant » pour chaque famille. 11 fonda une Ville Se velle, Frédérica (à l'embouchure de l’Altamaha), dans l'île à el Simon, avec un gouvernement municipal chrheré éolii de Fa nah. Il établit un poste appelé Augusta sur la rivière Sav | ne la limite de la navigation. Un sentier à travers bois er : rivière, relia ce poste aux établissements de la ie. et no : devint le siège d’un commerce actif avec les Indiens | Frs

Deux classes de colons, les Allemands de daibére à Eben les Highlanders à Darien, industrieux et iékvallloure rer lents de leur sort. Les colons anglais au contraire ra . faillite, ex-détenus pour dettes, spéculateurs alisuteis) se ds sastent d'avoir été trompés par de fausses déédpdons le a Géorgie; les terres n'étaient que sable ou A le ji : interdisait tout travail aux Européens. Il aurait fl du “ ae des esclaves ; mais les Allemands et les Écossais ne ere : qu'on importât des noirs et les trustees refusaient de céder e a a des SU anglais. « La plupart des colons, dil Stanens à pen de la Géorgie, étaient absolument indignes de l'assiss lance qu'on leur donnait; désappointés, mécontents, ils ne vo laient point travailler. » Bon nombre d'entr: és Late Savannah et se réfugièrent à Charleston, se res: dant : Ne ; nies contre Oglethorpe. ui ci

La Géorgte devait servir d'avant-poste aux colonies anglaises d'Amérique contre les Espagnols établis dans l'Amérique céntral s jo les Antilles et en Floride. Oglethorpe revint en 1738 d’ ire

re Avec Soi on A A nn RS NE | prgic. joignit à son régiment une troupe de volontaires caroliniens et un contingent d rier indiens et alla mettre le siège dev i ee fut repoussé, Les A . ns on ae contre la Géorgie et la A Hd : d Ru va. “a | De e (1742). Mais ils ne furent pas plus

commandant Monteano perdit un temps précieux à

ar

Cage.

an TT.

JE

D. Due

chercher sur la côte la ville de Charleston qu'il ne put découvrir. Il tenta une surprise contre Frédérica, mais ne réussit pas et retourna à la Havane. Oglethorpe, que ses ennemis dans la colonie ne cessaient de représenter à Londres comme incapable, traître et voleur, s'embarqua de nouveau pour l'Angleterre (1743) et n’eut point de peine à se justifier des accusations portées contre lui. Il se maria, reçut l’ordre de rejoindre l’armée que l’on réunissait pour repousser le débarquement prévu du Prétendant, et ne retourna plus en Amérique.

Le rhum et les esclaves.

Le gouvernement de la Géorgie fut confié à un président assisté de quatre conseillers. Les colons de Savannah, dont une pétition contre Oglethorpe avait été déclarée par la Chambre des communes « fausse, scandaleuse et malicieuse », obtinrent cependant des trustees une des deux concessions qui leur tenaient le plus à cœur, la liberté d'importation du rhum; mais l'importation des esclaves resta interdite. Comme la colonie faisait peu de progrès, en grande partie par suite de l’inexpérience et de la paresse des colons, ceuxci rejelaient toute la responsabilité de l’insuccès sur les déplorables conditions faites au travail et à l’agriculture par l'absence des noirs. Les colons réussirent à intéresser à leur cause Whiteñeld et Habersham, deux des apôtres du revival religieux qui se produisit dans toutes les colonies d'Amérique au milieu du xvim' siècle", Ces deux ministres réformateurs écrivaient eux-mêmes aux trustees qu’en autorisant l'esclavage, ils favoriseraient le développement de la religion chrétienne. Aux scrupules des honnèies Salzbourgeois, on objectait : « si vous prenez des esclaves avec l'intention sincère de les conduire au Christ, l’action ne sera pas un péché; elle sera au contraire une bénédiction ». Les pieux Allemands, rassurés, consentirent à prendre des nègres en esclavage et à les conduire au Christ, en les faisant passer par les champs de riz.

Tandis que les membres du conseil de la province hésitaient à fermer les yeux sur des violations formelles de la loi fondamentale de la province, l'esclavage était déjà entré par une voie détournée.

4. Habersham renonça promptement à la carrière de missionnaire et établit à Savannah une maison de commerce, longtemps la seule de cette ville.

it découvrir.

éussit pas et ns la colonie ble, traitre et 743) et n'eut ontre lui. Ilse unissait pour { ne retourna

ésident assisté it une pétition des communes cependant des le plus à cœur, on des esclaves grès, en grande >$ colons, Ceux- “les déplorables r l'absence des buse Whitefñeld eux qui se produ xvurt siècle".

nes aux trustecs développement inètes Salzhouravec l'intention b pas un péché; eux Allemands, sclavage et à les champs de riz.

nee hésitaient à Loi fondamentale | voie détournée.

jonnaire el établit à te ville.

GÉORGIE. 371 Les colons avaient fait venir un nombre relativement considérable de nègres de la Caroline du Sud, non pas en les achetant, mais en les prenant à loyer, de leurs propriétaires, comme serviteurs, soit à vie, soit pour cent ans. À Savannah tous les repas de fête se terminaient par un toast à « la chose nécessaire », c'est-à-dire à l'autorisation d'importer des esclaves noirs. Sous cette pression constante, les trustees finirent par céder. L’esclavage fut désormais autorisé, mais à la condition que les maitres, sous peine d’une amende de cinq livres sterling par infraction, feraient instruire leurs nègres dans la religion chrétienne ct les obligeraient d'assister régulièrement, le jour du Seigneur, aux offices du culte. A la mème époque furent entièrement supprimées toutes les restrictions qui embarrassaient la possession et le transfert des terres.

Depuis 1743 Stevens, Henry Parker et Patrick Graham avaient été successivement présidents de la Géorgie. Parker avait réuni une première Assemblée coloniale, non pour légiférer (les trustees en ayant seuls le droit) mais à litre consultatif. Les trustces se décidèrent en 1752 à rendre à la couronne les droits qu'ils tenaient de la charte de 1732. Après vingt années d'efforts ct l'épuisement de crédits concédés par le Parlement jusqu’à concurrence de 600 000 livres sterling, la Géorgie ne contenait que trois villages et quelques plantations isolées, en tout 1700 habitants blancs et 400 nègres. Reynolds, capitaine de la marine, arrivant en 1754 avec une commission royale de gouverneur, était étonné de la pauvreté de la colonie qu’il venait administrer : « Savannah, écrit-il au Board of Trade, n'a que cent cinquante maisons en bois, très petites, misérables. Frédérica n’est déjà plus qu’une ruine. »

Cependant l'année mème de la reddition de la charte, la Géorgie recut une importante augmentation de population. Les gens de Dorchester (Caroline du Sud), anciens immigrants puritains de la Nouvelle-Angleterre qui avaient conservé leur organisation ecclésiastique primitive, se transportèrent en corps entre la Savannah et l'Altamaha. En 1755 fut réunie une Assemblée générale composée de dix-neuf délégués'. Ce Parlement en miniature entreprit de faire des lois. Dès sa première session il pourvut à l'organisation de la

4. Dour être électeur il faliait posséder cinquante acres de terre ou un lot urbain, et pour être éligible à l’Assemblée, cinq cents acres,

Qté ei So

milice, à la construction de routes, à l'établissement d’un marché à Savannah et d'un phare à l'île Tybee. Il fit des règlements concernant les esclaves, le taux de l'intérêt, la répartition des taxes, l'émission d'un papier-monnaie. H. Ellis, successeur de Reynolds en 1757, divisa la Géorgie en huit paroisses. L'Église épiscopale d'Angleterre fut établie comme Église officielle, et le ministre de chaque paroisse reçut un traitement annuel de vingt-cinq livres sterling.

La Géorgie avait à ce moment 6 000 habitants et la population commença d'augmenter rapidement. En 1763, fut publié le premier journal de la colonie, la Georgia (rasette. La mème année la proclamation du gouvernement royal britannique qui organisait la Floride, récemment conquise, en deux provinces, cédait à la Géorgie la région entre la rivière Altamaha et la rivière Saint-Mary. Bientôt après, la Géorgie, en répondant à l'appel de la Virginie et du Massachusetts en faveur de l'union dans la résistance à l'Angleterre, fit son entrée dans l’histoire générale des colonies.

Documents et ouvrages à consulter.

(CHAPITRES XX A XXVIL.)

New-Jersey : Wnirenrab, History of East New-Jersey. — Sur (S.), History of New-Jersey to 1721, — GonnoN, History and Gazetteer of New-Jersey to 1789; 1834. — Muzronp (Isaac S.), Civil and political history of New-Jersey to 1789; Philadelphie, 1851.

Pennsylvanie : Proun (Robert), History of Pennsylvania to 1742, 2? vol, Philadelphia, 1797. — Gonnox, History of Pennsylvania to 1776. — Warson, Annals of Philadelphia and Pennsylvania, 2 vol. — PEnN (William), Œuvres complètes, un vol. in-f°, 1726 ; 4 vol. 1782. -- MansiLLac, Vie de Guillaume Penn, 2 vol. Paris, 1791. -— CLanksoN (Th.), Vie publique et privée de W. Penn, ? vol. Londres, 1813. — Dixox (W. Hepworth), Biographie historique de W. Penn, Londres, 3° éd. 1856. — Jeanney (Samuel), Vie de Guilltume Penn, Boston, 1852.

Colonies de la Nouvelle-Angleterre, New-York, Virginie et Maryland : documents et ouvrages indiqués à la suite du chapitre xvir.

Caroline du Nord : Wizurauson (H.), History of North Carolina, 2 vol. Philadelphie, 1812. — Brickerr, Natural history of North Carolina.

Caroline du Sud : Lawson, New Voyage to Carolina, 1708. — Punny, Description of South Cuwrolina, 1732. — Rausay (David), History of South Carolina, from 1670 to 1808, 2 vol. — Siuus (W. G.), History of South Carolina to the present time, New-York, 1860.

Géorgie : Moon, Voyage to Georgia, 1744, — Me Cazr, History of Grorgiu, 2 vol. — Srevens (W. B.), History of Georgia to 1798; vol. 1 to 1760; ? vol. New-York, 1847. — Jones (Ch.), History of Georgia to the present time, ? vol. Boston, 1885.

Histoires générales : GRAname, Baxcrorr, Hicpnetn, Winsor, ouvrages cités.

d'un marché lements connn des taxes, e Reynolds en scopale d'Anstre de chaque ivres sterling.

la population publié le pre- \ même année 1e qui organiinces, cédait à et la rivière nt à l'appel de n dans la résise générale des

Sur (S.), History r of New-Jersey (0 ry of New-Jersey (0

a to 1742, 2 vol.

4776. — Warsox, (William), Œuvres de Guillaume Penn, de W. Penn, ? vol.

e de W. Penn, Lon- >enn, Boston, 1852.

& Maryland : doct-

Lolina, 2 vol. Phila- 08. — Punny, Desy of South Caroline,

Carolina Lo the pre-

History of Georg, 1 to 1760; © vol.

present time, ? vol

son, ouvrages cils.

» LERÉAC TERRE

Page 1