CONQUÈTE DU CANADA SUR LES FRANÇAIS
tissait aux Canadiens leurs propriétés et la liberté religieuse. Une escadre française a-riva quelque temps après dans le golfe du Saint-Laurent, trop tard! Elle se heurta à une escadre anglaise et fut complètement détruite. Le nom de la Nouvelle-France était effacé sans appel de la carte de l'Amérique.
George [IT monta sur le trône en octobre 1760. Quelques membres nouveaux furent introduits dans le cabinet, mais rien ne fut changé immédiatement dans la politique générale du royaume. Le Canada conquis, les forces anglaises furent dirigées contre les iles françaises dans la mer des Antilles. La Guadeloupe était déjà prise. Le général Monckton partit (novembre 1761) de New-York avec deux vaisseaux de ligne, cent transports et 12 000 hommes. réguliers et troupes provinciales !.
On prit la Martinique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, à peu près toutes les iles françaises (février 1762). Un commerce lucratif s'établit avec les îles conquises et aussi avec la riche colonie de Saint-Domingue, au moyen de sauf-conduits et de pavillons parlementaires. Les marchands de New-York et de la Nouvelle-Angleterre s'enrichissaient par ce trafic et par les fournitures continuelles aux armées et aux flottes anglaises. Pitt depuis quelques mois n'était plus ministre. Charles IIT, roi d'Espagne, ayant signé avec la France le traité connu sous le nom de « Pacte de famille », l'homme d'État anglais, avisé secrètement, était d'avis de déclarer immédiatement la guerre à la cour de Madrid. George ITT, qui rèvait de prendre une part plus active que ses deux prédécesseurs à la direction des affaires, ne fit aucun effort pour retenir son trop puissant ministre, lorsque celui-ci offrit sa démission, ayant vu sa proposition d'attaquer l'Espagne diviser le ministère en deux fractions. Cette démission (octobre 1761) fut acceptée et le roi remplaça le Great Commoner, le grand leader des Communes, par le marquis de Bute, son précepteur, devenu son conseiller intime.
Pitt s'était à peine retiré que l'Espagne commençait les hostiliés. Le nouveau cabinet anglais mena vigoureusement la guerre,
Les croiseurs britanniques ruinèrent le commerce espagnol.
L Gates était aide de camp de Monekton, Montgomery servit comme capitaine, Lyman commandait les contingents coloniaux.
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En août 1762 la Havane, clef du golfe du Mexique, tomba au pouvoir de la Grande-Bretagne. Dans l’extrème Orient, la lutte engagée depuis vingt ans entre les deux compagnies anglaise et française des Indes Orientales se terminait par le triomphe complet de la première, qui, en conquérant le Carnatic et le Bengale, jetait les fondements du grand empire anglo-indien.
La France, entièrement ruinée, battue partout, n'ayant plus ni flotte, ni finances, dut cesser enfin la lutte, renonçant à toute prétention sur le continent de l'Amérique du Nord. Par le traité de Paris (10 février 1763), toute l'immense région à l’est du Mississipi fut cédée aux Anglais, ainsi que le Canada, la Nouvelle-Écosse et l’île du Cap-Breton. Le traité stipulait la liberté de navigation sur le Mississipi, de la source à l'embouchure. L'Espagne donna la Floride à l'Angleterre en échange de la Havane. La France recouvrait la Martinique, la Guadeloupe et Sainte-Lucie (quelques politiciens anglais auraient préféré que la Grande-Bretagne gardât ces îles et rendit le Canada). L’Angleterre conserva Saint- Vincent, la Dominique, Tabago. La France aurait pu garder sur le continent de l'Amérique du Nord la petite ville de la Nouvelle- Orléans et son territoire sur la rive droite du Mississipi, région qui s'appelait et s'appelle encore, de son nom français, la Louisiane. Elle la céda à l'Espagne pour la dédommager de la perte de la Floride.
Une proclamation du roi d'Angleterre (octobre 1763) érigca Saint-Vincent, la Dominique et Tabago en gouvernement de la Grenade, et constitua sur le continent trois nouvelles provinces, Floride orientale, Floride occidentale et Québec, la première bornée au nord par la rivière St.-Mary (la région entre cette rivière et l'Altamaha ayant été cédée à la Georgie), et à l’ouest par l'Appalachicola ; la seconde, à l’est par l’Appalachicola, au sud par le golfe, à l’ouest par les lacs Pontchartrain et Maurepas, au nord par le 31° degré. La province de Québec était limitée au sud par une igne partant du lac Nipissing, traversant le Saint-Laurent au 45° degré, et suivant ce parallèle jusqu'aux sources du Connecticut et de là au nord-est la ligne de partage des eaux du Saint-Laurent et de l'Atlantique.
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CONQUÊTE DU CANADA SUR LES FRANÇAIS. 419 soldats anglais ayant servi dans la dernière guerre et qui désiraient rester en Amérique, savoir: cinq mille acres aux officiers supérieurs, trois mille aux capitaines, deux mille aux officiers inférieurs commissionnés, deux cents aux non-commissionnés, cinquante aux soldats. Elle abolit en même temps le système qui laissait les particuliers acquérir directement le sol des Indiens, et qui avait produit d'incessantes querelles et des inconvénients de toute sorte. De tels achats furent désormais interdits dans toutes les colonies britanniques. Les terres ne pourraient plus être achetées que par des traités publics et pour l’usage de la couronne. De plus il était interdit de s'établir sans autorisation au delà de la ligne formée par les sources des rivières se jetant dans l'Atlantique. Autrement dit, la couronne se réservait absolument toutes les terres de la vallée du Mississipi. Ces dispositions avaient pour objet de restreindre les empiétements des coureurs des bois dans l’ouest et de prévenir des hostilités avec les Peaux-Rouges.
Soulèvement des Indiens de l’ouest. Pontiac (1763).
La proclamation n'était pas encore publiée que déjà une nouvelle guerre indienne avait éclaté.
Les indigènes de la vallée de l'Ohio voyaient avec épouvante grossir, depuis la prise du fort Du Quesne, le nombre des pionniers qui, de la Pennsylvanie, du Maryland et de la Virginie, se diriseaient sur les territoires entrevus au delà des montagnes. Déjà les Delawares et les Shawnees avaient dû émigrer de la Pennsylvanie et s'étaient établis sur les rivières Muskingum, Scioto et Miami, affluents de droite de l'Ohio (aujourd'hui États d'Ohio et d'Indiana). L'apparition des blancs dans cette région inspira une telle colère à ces malheureux, qu'ils réussirent à se grouper en une confédération avec d’autres tribus indiennes, Algonquins et Wvyandots, naguère alliées des Français, et mème avec les Sénécas, le clan le plus occidental des Six Nations. Sir William Johnson ne parvint qu'avec peine à maintenir dans la neutralité les cinq autres tribus. L'âme de la ligue était un chef ottawa, Pontiac, ancien allié des Francais.
Pontiac, dit-on, se laissa persuader par les Canadiens que le roi
de France était vieux et s'était endormi, que c'était pendant son sommeil que les Anglais avaient conquis le Canada. mais que maintenant il s'était réveillé et qu'il envoyait une gruude flotte et une grande armée reprendre la colonie et secourir ses enfants à la face cuivrée ! Pontiac prépara longtemps son plan d’extermination : Holmes, qui commandait au fort Miami (aujourd’hui Fort Wayne), découvrit et dénonça la conspiration, mais on ne tint pas compte de son avertissement. L'attaque eut lieu subitement (mai 1763) sur toute l'étendue de la frontière de la Pennsylvanie et de la Virginie. Les commerçants anglais dispersés dans la région transalléghanienne furent surpris, pillés et tués; les postes isolés furent détruits, sauf Niagara, Détroit, les forts Pitt et Ligonier (Pennsylvanie occidentale). Ces trois derniers furent étroitement bloqués jusqu'à l'arrivée des secours envoyés par Amherst.
Les colonies levèrent aussitôt des troupes, la Virginie sept cents hommes, la Pennsylvanie deux mille. Deux colonnes pénétrèrent dans la région indienne, l’une sous le commandement du colonel Bouquet par Pittsburg, l’autre sous Bradstreet, le long des lacs. Pittsburg ne fut atteint, en août 1763, qu'après un sanglant combat où Bouquet faillit périr avec sa petite troupe. Les Indiens, après quelques combats, demandèrent à traiter (1764), rendant tous leurs prisonniers et abandonnant toute prétention sur les terres situées autour des postes jusqu’à une portée de fusil, les Anglais ayant le droit de construire des forts partout où ils le jugeraient bon. Ceux des Peaux-Rouges qui s'étaient rendus coupables de meurtre sur des blancs, seraient livrés; un jury mixte d'Indiens et de colons déciderait de leur sort,
En 1766 eut lieu une réunion des chefs, Pontiac entre autres, à Oswego devant sir William Johnson; un traité y fut signé. Celle guerre avait coûté la vie à deux mille blancs et chassé autant de familles de leurs demeures. En 1769 Pontiac fut assassiné près de Saint-Louis par un Indien de Cahokia.
Une fois la guerre indienne terminée, les immigrants continuirent, en dépit de la proclamation royale, à se porter de la Pennsvlvanie, du Maryland et de la Virginie, par les défilés des montagnes, dans la vallée de la rivière Monongahela, sur laquelle les Six Nations prétendaient avoir des droits. De cette époque (1764) date